TUNISIE
21/04/2016 14h:22 CET | Actualisé 21/04/2016 14h:28 CET

Au Parlement européen, certains députés refusent d'aider davantage la Tunisie

<a href="http://seber.tumblr.com/post/587313098/european-commission-by-tiseb-seen-here" rel="nofollow">seber's tumblr</a><a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:European_Commission_flags.jpg" rel="nofollow">commons.wikimedia.org/wiki/File:European_Commission_flags...</a>
tiseb/Flickr
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Lors de la présentation d'un rapport sur la Tunisie élaboré par le député européen Fabio Castaldo, rapporteur de la commission des Affaires étrangères au Parlement européen, la transition démocratique en Tunisie a été sujette à de nombreux débats des députés européens.

En marge du soutien quasi-unanime du Parlement européen, certains eurodéputés n'ont pas manqué de souligner certaines carences du processus économique et politique du pays.

Pour M. Cesa, rapporteur du Parti Populaire Européen: "Nous avons besoin d'une intervention encore plus concrète et encore plus sérieuse que nous avons eu jusqu'à présent, la situation l'impose", affirme-t-il, avant de rappeler que "la stabilité de la Tunisie est un élément essentiel pour la stabilité de la région toute entière et de notre continent tout entier".

"Chaque euro dépensé pour aider l'économie tunisienne est un euro dépensé pour garantir la sécurité en Europe", a affirmé le député du Parti populaire européen.

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Lenteurs de l'ARP, scissions politiques et paternalisme

Pour M. Pier Antoni Panzieri, du groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen, "la discussion lorsqu'il est question de la Tunisie n'est pas toujours simple en Europe (...) pourtant la Tunisie mérite un statut prioritaire comme l'Ukraine (...)", affirme t-il.

"Lorsqu'on parle de la Tunisie, il faut se garder d'adopter deux attitudes négatives (...) l'attitude paternaliste (...) et l'attitude qui considérerait que toute critique est interdite", a déclaré M. Panzieri.

Selon lui, l'aide à la Tunisie sonnerait comme une évidence pour les autorités tunisiennes: "J'ai appris dans mes nombreuses relations avec le monde arabe que très souvent ils considèrent que l'aide est une évidence, 'vous devez nous aider, point barre c'est comme ça' ", a-t-il affirmé.

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Le député a en outre pointé du doigt la lenteur de l'Assemblée des représentants du peuple dans son travail, minée par l'absence de majorité politique claire: "L'action parlementaire en Tunisie est très lente et cette lenteur pose problème. Il faut le dire, la décision politique est essentielle", indique-t-il, avant de s'attaquer aux formations politiques:

"Les partis politiques ne doivent pas défendre simplement des intérêts particuliers: On se présente aux élections, on gagne les élections, et puis ensuite ce sont des scissions tous azimuts parce que les intérêts sont tellement multiples et variés qu'il n y a aucune cohérence. C'est sur l'avenir de la Tunisie que les partis doivent miser."

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Les autorités tunisiennes "ne savent pas comment dépenser" leur argent

Pour le député Ilhan Kyuchyuk du groupe libéral au Parlement européen, "la Tunisie peut faire des progrès (...)", cependant la question de l'utilisation des aides octroyées à la Tunisie est problématique: "(...) Je pense que la communauté internationale finance déjà assez substantiellement la Tunisie, et que ce sont les autorités tunisiennes qui ne savent pas comment dépenser cet argent, donc au lieu de donner d'avantage de financements, nous devrions aider la Tunisie à dépenser ses fonds de manière cohérente afin d'aider au mieux sa population".

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Pour un audit de la dette odieuse

"Nombre de Tunisiens ont encore l'impression aujourd'hui que le partenariat européen est plus tourné vers les intérêts européens que vers les intérêts de la Tunisie. (...) je pense qu'il est essentiel qu'il y ait un meilleur équilibre entre les prêts de l'UE et les dons de l'UE." déclare la député européenne, qui appelle à un audit de la dette odieuse contractée sous le régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

Pour elle, supprimer les dettes odieuses de la Tunisie redonnerait un coup d'accélérateur à l'économie tunisienne:

"Je ne pense pas que les dons se soient déversés sur la Tunisie depuis la révolution (...) La Tunisie a été obligée d'emprunter sur des marchés financiers à des taux très élevés insupportables pour son économie aujourd'hui... Je demeure une partisane de l'évaluation de cette dette, je pense qu'il y a une partie de la dette qui est une dette odieuse, et qui devrait soulager la Tunisie si on arrivait à faire un audit de celle-ci", a-t-elle affirmée.

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