TUNISIE
20/04/2016 06h:19 CET

Torture en Tunisie: L'impunité pointée du doigt par Amnesty International

facebook/amnesty international tunisie

Amnesty International a appelé mardi les autorités tunisiennes à ne plus tolérer "l'impunité" dans les affaires de torture, à la veille de l'examen de la situation dans ce pays par un comité des Nations unies.

"Avant la révolution, la torture était systématique (en Tunisie). Depuis, elle n'est plus une politique d'Etat mais elle reste courante", a déclaré à l'AFP Lotfi Azzouz, le directeur d'Amnesty Tunisie, en référence au soulèvement populaire qui a mis fin en 2011 à une dictature policière de 23 ans.

"La lutte contre le terrorisme ne doit en aucun cas être un prétexte pour torturer", a-t-il ajouté, assurant que "des détenus accusés de terrorisme ont été torturés pour les obliger à signer des aveux" et que les auteurs d'actes de torture restaient souvent "impunis".

La Tunisie fait face depuis sa révolution à un essor de la mouvance jihadiste et a connu quatre attaques majeures en un an.

Amnesty International a en outre regretté dans un communiqué que la persistance de la torture en Tunisie vienne "ternir les avancées obtenues ces dernières années en matière de droits humains".

"Bien que les autorités aient pris des mesures pour rompre avec la pratique généralisée de la répression violente qui a marqué le règne de l'ancien président Ben Ali, (...) le gouvernement semble peu pressé de renforcer les garanties et d'adopter de nouvelles réformes visant à empêcher et à punir ces actes", a jugé l'ONG.

Cet appel intervient avant l'examen, mercredi et jeudi à Genève, de la situation en Tunisie par le Comité de l'ONU contre la torture.

La semaine dernière, le chef d'une délégation onusienne avait jugé à Tunis que le pays était "sur la bonne voie" après la création de "l'Instance nationale de lutte contre la torture", dont les membres ont été élus fin mars par le Parlement.

Hans-Jörg Bannwart a toutefois fait valoir qu'il s'agissait désormais "de rendre ce mécanisme opérationnel", ce qui pourrait encore prendre "plusieurs mois".

La délégation onusienne a aussi souligné dans un communiqué que la nouvelle structure devrait être à la fois "correctement financée et indépendante".

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