18/04/2016 05h:46 CET | Actualisé 18/04/2016 05h:46 CET

Ces filières marocaines que les États-Unis convoitent

SECTEURS – Voici là une courbe ascendante que le Maroc entend bien maintenir. Alors que les échanges commerciaux entre Rabat et Washington ont triplé depuis la mise en place de l'accord de libre-échange (ALE) en 2006, les États-Unis s'intéressent de près à un important fragment de l'économie nationale: l'automobile.

Et pour cause, les exportations de l'industrie automobile ont atteint 39.8 milliards de dirhams (3.65 milliards d'euros) en 2014, selon l'Office des changes. Avec un bond de 26% par an, l'automobile s'affiche comme le premier secteur d'exportation du pays, devançant l'agro-industrie et les phosphates.

Si les importations de véhicules se concentrent principalement sur les marchés de l'Union européenne (93%), notamment la France (38.4%) et l'Espagne (23%), "il est également à signaler une percée des importations à partir des États-Unis (54%/an)", relève la Direction des études et des prévisions financières dans une étude sur la filière automobile marocaine, publiée en mars 2015.

La production automobile atteste aussi de résultats encourageants: en 2014, 227.570 véhicules ont été produits contre, à titre de comparaison, 18.546 en 2003. Le royaume se classe ainsi à la deuxième place des producteurs automobiles au niveau africain, juste derrière l'Afrique du Sud. C'est sans compter l'usine tangéroise de Renault qui a célébré, le 5 mai 2015, la sortie de son 400.000e véhicule depuis le lancement de son activité en février 2012.

Outre Tanger, qui concentre 43% des usines automobiles marocaines, Casablanca et Kenitra se taillent respectivement 39% et 7% de ces entreprises. Meknès semble également s'illustrer comme un nouveau vivier d'équipementiers automobiles étrangers. Le Japonais Yazaki, qui dispose déjà de sites de production à Kenitra et Tanger, y a inauguré sa nouvelle usine le 15 mars dernier.

Le Sud-coréen Yura Corporation, spécialisé dans la fabrication des fils et câbles isolés, y a aussi élu domicile, selon l’Économiste.

Autre volet sur lequel lorgnent les États-Unis, les énergies durables. En marge de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP20) du 1er au 14 décembre 2014 à Lima, au Pérou, le Climate Action Networks (CAN Europe) et l’organisation de développement Germanwatch avait conjointement publié l'édition 2015 du classement climatique, passant au peigne fin les émissions de CO2 par habitant et la politique climatique de 58 pays. Le Maroc occupait ainsi la 9e place, juste derrière Chypre et devant l'Irlande.

Plus récemment, le cabinet d'EY (anciennement Ernst & Young), un des quatre plus grands cabinets d'audit financier du monde, a publié en février dernier un rapport qui dresse l'état des lieux du secteur de l'énergie écologique en fonction des marchés. Le cabinet d'EY qualifiait le royaume "d'étoile montante" de l'énergie renouvelable avec "un marché ne montrant aucun signe de faiblesse et des opportunités d'investissements bon marché". Et d'ajouter: "Le Maroc, le Chili, le Brésil et l'Inde sont des pays qui proposent des prix records pour leurs ressources solaire et éolienne non subventionnées comparées à leurs énergies fossiles".

Autant de résultats prometteurs qui n'ont pas manqué de susciter l'appétit américain: "Le Maroc est actuellement sur la voie de la sécurité énergétique du fait de ses divers programmes en matière d’énergies renouvelables. Dans ce domaine, le Royaume a des objectifs très ambitieux, mais néanmoins réalisables. C’est pourquoi nous aimerions voir des compagnies américaines établir des partenariats avec des compagnies locales, afin d’apporter des solutions technologiques, notamment dans les domaines de l’énergie solaire, l’énergie éolienne", estime Robin Dunnigan, sous-secrétaire d’État américaine adjointe pour la diplomatie énergétique, lors d'un entretien à La Vie éco en marge d'une visite officielle au Maroc du 7 au 9 mars dernier.

Le partenariat énergétique maroco-américain a donc de beaux jours devant lui.