ALGÉRIE
16/04/2016 03h:01 CET | Actualisé 16/04/2016 04h:07 CET

Nouveau séisme au Japon: le bilan s'alourdit à 18 morts

japan

Le bilan du nouveau séisme qui a frappé le sud-ouest du Japon dans la nuit de vendredi à samedi s'est alourdi à 18 morts, au lendemain d'un précédent tremblement de terre qui avait tué neuf personnes, selon les autorités locales.

"Seize personnes ont péri dans le deuxième séisme", a indiqué à l'AFP Mariko Kuramitsu, fonctionnaire de la préfecture de Kumamoto. Une université de la région a par ailleurs annoncé la mort de deux de ses étudiants.

Neuf personnes avaient déjà péri dans un premier tremblement de terre d'une magnitude de 6,5 survenu jeudi soir et suivi d'un grand nombre de répliques.

Cette série de puissantes secousses a déclenché une gigantesque coulée de boue et de pierres, emportant des maisons et coupant une autoroute.

Une petite éruption du volcan Aso, situé sur la même île de Kyushu, a été observée, selon les autorités, mais le niveau d'alerte n'a pas été élevé et le lien avec les séismes n'a pas été formellement établi.

Samedi matin, des milliers de secouristes cherchaient des survivants dans les décombres. Selon le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga, des dizaines de personnes étaient prisonnières ou enterrées vives - 76 cas ont été évoqués.

Contrairement au précédent séisme, qui a affecté surtout des maisons vétustes, celui-ci a endommagé ou fait basculer des bâtiments plus importants à travers la préfecture de Kumamoto, à quelque 900 km de Tokyo.

- 'Tellement peur' -

Le nouveau tremblement de terre, de magnitude 7,0, d'après l'Institut de géophysique américain (USGS), est survenu samedi à 01H25 locale (16H25 GMT vendredi) à une profondeur de 10 km seulement, suivi de multiples répliques. L'agence de météorologie japonaise l'a évalué à 7,3, après 7,1 dans un premier temps.

"Des incendies ont éclaté en beaucoup d'endroits" et de "graves dommages sont constatés dans de vastes zones", a relevé M. Suga. Un décès a été confirmé dans l'incendie d'un immeuble d'habitation de Yatsushiro, au sud de Kumamoto, a indiqué dans la nuit un responsable de la ville, Kiichiro Terada.

"Nous sommes sorties de la maison à cause des secousses qui n'en finissaient pas", raconte Hisako Ogata, 61 ans, évacuée avec sa fille dans un parc de Kumamoto où une cinquantaine de personnes étaient assises sur des bâches de plastique bleu. "On a eu tellement peur mais heureusement nous sommes vivantes!"

Aéroport fermé

Un hôpital de la ville de Kumamoto qui penchait dangereusement était évacué en fin de nuit samedi, a constaté un photographe de l'AFP. L'aéroport a été fermé en raison de la chute du plafond du terminal, selon l'agence de presse Jiji.

"J'ai été réveillé par le séisme. Mon corps rebondissait sur le lit. Le téléviseur est tombé. On a guidé tous les clients de l'hôtel vers la sortie pour être évacués", a témoigné un photographe de l'AFP.

Des images aériennes télévisées montraient une gigantesque coulée de boue et d'énormes rochers dévalant une pente en direction d'une vallée dans la zone de Minami-Aso.

La première secousse dans la nuit de jeudi à vendredi, d'une violence inédite pour bien des riverains, avait endommagé le château de Kumamoto, vieux de 400 ans, et détruit de nombreuses maisons dans la petite ville voisine de Mashiki. Près de 900 blessés, dont une cinquantaine grièvement, avaient été déplorés.

"La maison a été secouée de haut en bas", avait raconté vendredi Nobuyuki Morita, un habitant âgé de 67 ans. "J'étais très surpris. Je n'ai jamais connu un tel tremblement de terre de ma vie".

Les sauveteurs avaient sorti saine et sauve des décombres une fillette de huit mois, plus de six heures après le tremblement de terre. Sa famille a aussi survécu.

Aucune anomalie n'a été relevée dans la centrale nucléaire de Sendai, a annoncé la compagnie Kyushu Electric Power. Les autres installations nucléaires situées dans la région secouée, à savoir celles d'Ehime et Genkai, n'ont pas été affectées, selon la télévision publique NHK.

Le Premier ministre Shinzo Abe était attendu dans la journée de samedi dans la région, mais Jiji a indiqué que sa visite était annulée.

Situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, le Japon subit chaque année plus de 20% des séismes les plus forts recensés sur Terre.

Les Japonais sont encore plus sensibles aux risques depuis le tsunami de mars 2011, qui a tué quelque 18.500 personnes et provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima.

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