TUNISIE
15/04/2016 08h:56 CET | Actualisé 15/04/2016 09h:51 CET

La violente confrontation entre police et manifestants à Kerkennah divise les députés

Ines Bel Aïba

PETROFAC - Des affrontements entre policiers et des manifestants qui bloquaient la circulation des camions de l'entreprise Petrofac aux îles Kerkennah, devant le port de Sidi Youssef et sur la route menant à la localité de Mellita, ont fait dans la nuit de jeudi à vendredi 6 blessés du côté chez les forces de l'ordre, le bilan du côté des manifestants et des civils étant encore inconnu.

Yacer Mosbah, chargé de l'Information au sein du ministère de l'Intérieur, a indiqué sur Mosaïque FM que deux citoyens ayant respiré du gaz lacrymogène ont été hospitalisés. La même radio avance, sur la base d'informations communiquées par l'hôpital, que "huit personnes ont été blessées dont cinq membres des forces de l'ordre".

Toujours selon Yacer Mosbah, un rassemblement de 300 personnes devant le poste de police d'El Ataya a dégénéré, les manifestants ayant jeté des pierres et incendié des pneus. Sur la chaîne El Hiwar Ettounsi, il a également évoqué leur usage de cocktails Molotov et de bonbonnes de gaz.

Les affrontements ont duré jusqu'à très tard dans la nuit, obligeant les camions, sous escorte des forces de l'ordre, à emprunter une piste pour sortir du port, rapporte l'AFP de source policière.

Accusations de violences policières

Selon Ouhichi Zoubeir, président de la section Sfax-Nord de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, "les policiers ont été chercher les manifestants dans les maisons, quitte à bousculer des vieillards... résultat aujourd'hui on voit affluer des dizaines de plaintes à la LTDH". Plusieurs témoignages, ajoute-t-il, font état de passages à tabac policiers sans remise de procès-verbal, voire parfois même sans arrestation. Le communiqué du ministère de l'Intérieur ne fait état d'aucune arrestation.

Lire aussi: Grève générale, accusations de torture... comment le mouvement social à Kerkennah a dégénéré (CHRONOLOGIE INTERACTIVE)

Le secrétaire général adjoint de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) Samir Cheffi a lui appelé le gouvernement à arrêter son "comportement brutal" envers les manifestants, selon la TAP.

Dès le vendredi 15 avril au matin, ces pratiques policières ont fait l'objet de critiques au sein de l'Assemblée des Représentants du Peuple, y compris au sein de la majorité:

LIRE AUSSI:

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Maghreb sur notre page Facebook.