ALGÉRIE
15/04/2016 03h:48 CET | Actualisé 15/04/2016 04h:02 CET

Les étudiants français se moquent de Manuel Valls sur le voile, François Hollande le recadre

France's Prime Minister Manuel Valls (R) and Education and Research minister Najat Vallaud-Belkacem (L) attend a meeting with regional representatives of the Muslim community at Strasbourg Grand Mosque in Strasbourg, March 3, 2015.
Vincent Kessler / Reuters
France's Prime Minister Manuel Valls (R) and Education and Research minister Najat Vallaud-Belkacem (L) attend a meeting with regional representatives of the Muslim community at Strasbourg Grand Mosque in Strasbourg, March 3, 2015.

La France échappera peut-être (pour combien de temps, les paris sont ouverts) au débat sur l'interdiction du voile à l'université relancé mercredi par le Premier Ministre, Manuels Valls. Un thème qui suscite l'agacement chez une bonne partie de l'opinion comme en témoigne le succès de l'opération "tous voilés" lancée sur les réseaux sociaux.

Le Premier ministre français a suscité une nouvelle réaction de grande ampleur avec le hashtag #vraisproblemesuniversite, une déferlante de constat et de rappels qui pourrait aussi être intitulé: dévoilons les problèmes de l'université pour de vrai.

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Le président français François Hollande a, lui, clairement recadré jeudi son Premier ministre en excluant totalement une loi interdisant le port du voile à l'université.

" Non, il n’y aura pas d’interdiction à l’université. L’université est un lieu de liberté avec des règles qui ont toujours été celles de la liberté politique, syndicale, religieuse" a indiqué le président français lours d'une émission télévisée sur France 2.

"Il n’y aura pas de loi sur le voile, et il n’y a aucune règle constitutionnelle qui d’ailleurs ne le permettrait" a déclaré le président français qui a essayé d'atténuer le désaveu infligé à Manuel Valls. "Ce qu'a dit le premier ministre, qui était très juste, c'est qu'on ne peut pas dans l'université avoir du prosélytisme, de l'intrusion dans les cours, avoir une pression sur un certain nombre d'enseignements".

François Hollande a refusé cependant de considérer que le voile était "forcément" un signe d'asservissement de la femme en estimant de manière laconique que "cela dépend comment il est porté dans l'espace public".

Le Premier ministre français avait relancé la polémique en déclarant mercredi dans un entretien au journal Libération qu'il était favorable à une loi pour interdire le voile à l'université. Avant le chef de l'Etat français, des ministres du gouvernement avaient également exprimé leur refus d'une interdiction.

"Il n'y a pas besoin de loi sur le voile à l'université" a déclaré le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur, Thierry Mandon. La ministre de l'éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a utilisé une tournure plus alambiquée pour dire la même chose.

"On connaît ses convictions. Le voile lui est désagréable. Il souhaiterait qu'il puisse être interdit dans bien des lieux, y compris à l'université, mais il reconnaît lui-même que c'est compliqué, car à l'université, le principe de la liberté de conviction l'emporte" a-t-elle déclaré.

Mais la réponse la plus cinglante est venue des réseaux sociaux où le hashtag #VraisProblemesUniversite continue de rencontre un succès fulgurant.

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