ALGÉRIE
14/04/2016 15h:23 CET | Actualisé 14/04/2016 15h:24 CET

Le gouvernement algérien hausse le ton contre le mouvement des enseignants contractuels

algeria teachers

Le compte à rebours a commencé pour les enseignants contractuels qui "campent" depuis plus d'une semaine à Boudouaou pour réclamer leur intégration "sans condition et sans participation au concours national de recrutement".

Le ministre de l'intérieur, Noureddine Bedoui, a clairement agité la menace d'une évacuation par le recours à la force publique de "sahat al-idmaj" (place de l'intégration), sise à la cité 950 logements de Boudouaou si les enseignants contractuels persistaient dans leur mouvement.

Le message de fermeté a été transmis ce jeudi lors d'une séance du Conseil de la nation consacrée aux questions orales. Pour le ministre, le gouvernement a été très conciliant avec les enseignants contractuels afin de laisser la chance au dialogue mais que cela ne durera pas si l'action persiste.

Le gouvernement, a-t-il dit, a été "très réceptif" à l'égard des enseignants contractuels et leur a accordé "suffisamment de temps pour parvenir à des résultats positifs par la voie du dialogue" mais si "cette situation persiste des mesures seront prises".

"Il n'est pas permis d'attenter à l'ordre d'attenter à l'ordre public" a déclaré le ministre en reprochant aux enseignants contractuels de n'avoir affiché "aucune volonté ni intention d'aller au dialogue".

Le ministre de l'intérieur a accusé "certaines parties", qu'il n'identifie pas, d'instrumentaliser le mouvement de protestation "à des fins douteuses.

L’impatience de Nouria Benghabrit

La ministre de l'éducation, Nouria Benghabrit, a de nouveau rejeté, mercredi, la demande d'intégration des enseignants contractuels sans passer par le concours.

La Fonction publique en Algérie, comme partout dans les pays du monde, "exige de passer par un concours de recrutement, y compris pour les petites fonctions" a-t-il souligné en relevant que l'"épreuve n'a pas été conçue spécialement pour eux ou pour une autre catégorie, mais elle obéit à la nécessité d'assurer l'égalité des chances à tous les futurs fonctionnaires".

Nouria Benghabrit a exprimé, elle également, son impatience à l'égard de "sahat al-idmaj" : "Il ne faut pas piétiner les lois" a-t-elle indiqué en exprimé son refus de "ce qui se passe dans la rue par respect à cette profession mais également par rapport à l'aspect humain".

Minoritaires ?

La ministre a appelé les enseignants protestataires à faire preuve de "sagesse", à réintégrer leurs postes de travail et participer au concours de recrutement qui aura lieu le 30 avril.

Le délai d'inscription au concours de recrutement expire ce jeudi 14 avril. Et alors que le ministre de l'intérieur promet des "mesures" contre la persistance du mouvement à Boudouaou, le ministère de l'éducation a publié un bilan sur le nombre des enseignants contractuels qui se sont inscrits au concours destiné, apparemment, à montrer que les contestataires sont très minoritaires.

Selon Abdelwahab Guellil le chef de cabinet de la ministre de l'éducation, "près de 90% des enseignants contractuels ont déposé leurs dossiers pour postuler au concours de recrutement de l'éducation nationale".

Jusqu'à ce jeudi, 963.602 candidats se sont candidats inscrits - via le site web de l'ONEC - au niveau national. Le concours sera organisé le 30 avril 2016 pour le recrutement de plus 28.000 enseignants pour les trois paliers (primaire-moyen-secondaire).

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