ALGÉRIE
14/04/2016 08h:40 CET | Actualisé 14/04/2016 08h:41 CET

Cisjordanie: l'occupation approuve plus de 200 logements dans des colonies

AFP

L'occupation israélienne a approuvé plus de 200 nouveaux logements dans des colonies de la Cisjordanie occupée dans un contexte de relance de ces constructions contestées après une forte diminution en 2015, a déploré jeudi une ONG opposée à la colonisation.

Le bureau du Premier ministre de l'occupation Benjamin Netanyahu a prétexté que les autorisations accordées concernaient des structures déjà existantes.

La communauté internationale considère comme illégale au regard du droit international la colonisation, c'est-à-dire la construction d'habitations civiles israéliennes sur les territoires occupés ou annexés depuis 1967.

Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense de l'occupation Moshé Yaalon ont demandé à l'administration civile israélienne en Cisjordanie de mettre en œuvre des plans pour au moins 229 nouveaux logements dans plusieurs colonies isolées de Cisjordanie, a indiqué l'organisation anti-colonisation "la Paix maintenant".

M. Netanyahu et le ministre de la Défense Moshé Yaalon "n'ont pas approuvé de nouvelles constructions comme cela a été publié", a affirmé l'occupation.

'Réclamer des comptes'

"Presque tous les permis sont destinés à l'amélioration de structures déjà existantes. La petite fraction (de permis) qui concerne de nouvelles constructions sont destinés à la communauté de Ganei Modi'in qui se trouve près de la barrière de séparation (entre Israël et la Cisjordanie) et qui sera inclue en territoire israélien dans tout futur accord", prétexte le texte.

Mais selon la presse et la porte-parole de la Paix Maintenant Hagit Ofran, les nouveaux logements sont prévus dans les colonies de Har Brakha (54) et Revava (17), des colonies isolées du nord de la Cisjordanie, de Ganeii Modiin (48), Tekoa (34) et de Givat Ze'ev (76), dans la région de Jérusalem.

Ces projets "vont permettre à environ un millier de personnes supplémentaires de s'installer dans les colonies, d'où nous devrons les expulser si nous voulons parvenir à un accord de paix (avec les Palestiniens)", a estimé Mme Ofran.

"Cette politique tue une solution à deux Etats", a-t-elle ajouté.

La colonisation est souvent considérée au sein de la communauté internationale comme un obstacle à la recherche de la paix entre Israéliens et Palestiniens.

Le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat a condamné les plans pour les nouvelles constructions.

Les derniers développements "doivent servir de rappel à la communauté internationale de sa responsabilité de mettre fin à ces crimes et de l'importance d'utiliser tous les forums, y compris le Conseil de sécurité des Nations unies, pour réclamer des comptes à l'occupation israélienne sur ses crimes continus, pour mettre fin à [sa colonisation] de la Palestine et honorer les droits inaliénables des Palestiniens", a-t-il déclaré, selon un communiqué de ses services.

LIRE AUSSI: Abbas veut une résolution de l'ONU sur les colonies israéliennes

- Recrudescence des projets -

Dans une interview accordée lundi à l'AFP, le président palestinien Mahmoud Abbas avait déjà affirmé la nécessité "urgente" d'une résolution du Conseil de sécurité condamnant la colonisation israélienne.

Les Palestiniens ont commencé à faire circuler un projet de résolution en ce sens.

Les projets de construction de logements dans les colonies de Cisjordanie ont plus que triplé durant le premier trimestre de cette année par rapport à la même période de 2015, avait indiqué la Paix maintenant en début de semaine.

Entre janvier et mars, les plans de 674 logements ont passé une des étapes nécessaires avant leur mise en chantier contre 194 au premier trimestre de l'an dernier.

Les nouveaux plans portent le total depuis début 2016 à au moins 903 nouveaux logements.

L'ONG souligne qu'en 2015 le nombre de projets de construction ainsi que les légalisations de colonies sauvages créées sans avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires des autorités israéliennes, avait fortement diminué par rapport à 2014.

"Il semble que le gouvernement israélien a changé de politique, peut-être parce que c'est la dernière année du (président américain) Barack Obama au pouvoir", estime Hagit Ofran. "De toute façon, Benjamin Netanyahu ne manque jamais une occasion de construire dans les Territoires palestiniens", a-t-elle ajouté.

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