MAROC
13/04/2016 07h:15 CET | Actualisé 13/04/2016 07h:21 CET

Le gouvernement interdit la manifestation des enseignants stagiaires, ces derniers ne cèdent pas

Le gouvernement interdit la manifestation des enseignants stagiaires
Fadel Senna/AFP
Le gouvernement interdit la manifestation des enseignants stagiaires

MANIFESTATIONS - Retour au dialogue de sourds entre le gouvernement et les enseignants stagiaires? Après la lueur d'espoir d'un commun accord entre les deux parties, le gouvernement a décidé d'interdire la manifestation des enseignants stagiaires prévue jeudi 14 avril à Rabat.

"Dans le cadre de ses prérogatives, le ministère de l'Intérieur prendra toutes les mesures et les dispositions pour la mise en oeuvre de cette décision gouvernementale", indique un communiqué du chef du gouvernement, publié mardi 12 avril au soir. Le département de Mohamed Hassad a, lui, appelé les manifestants à "respecter la décision d'interdiction" dans un communiqué rendu public la même soirée.

Cette interdiction pourrait-elle compromettre le dialogue entre le gouvernement et les enseignants stagiaires? "Le dialogue ne s'est jamais arrêté", rassure Abdelhak El Arabi, conseiller du chef du gouvernement contacté par le HuffPost Maroc. Pour lui, les discussions ont plutôt pris des allures de "dialogue de sourds" entre les deux parties. "Ils veulent qu'on leur soumette une autre proposition, alors que c'est tout ce que le gouvernement a à leur proposer."

Une proposition rejetée par les enseignants stagiaires

Ils seraient une dizaine de milliers à boycotter leur formation depuis plusieurs mois. "Nous leur avons proposé de reprendre les cours. Un concours permettant l'accès à quelque 7.000 postes d'emploi sera ouvert pour la prochaine année scolaire (septembre 2016, ndlr), le reste pourrait passer lors du prochain concours (janvier 2017, ndlr)", argumente Abdelhak El Arabi.

Seul souci, les enseignants stagiaires s'inquiètent pour le devenir de ceux ne ne serait pas retenus lors du premier concours, alors même que les élections législatives auront lieu le 7 octobre. "Qu'est-ce qui nous garantit que le prochain gouvernement poursuivra les engagements de son prédécesseur?", s'inquiètent des représentants des enseignants stagiaires.

"Nous leur avons pourtant une soumis une garantie de l'Etat, et non du gouvernement. Un engagement qui dépasse le mandat de l'actuelle formation gouvernementale", rétorque Abdelhak El Arabi.

Il n'empêche qu'un terrain d'entente pourrait être trouvé. Selon le site d'information Alyaoum24.com, une proposition soumise par l'initiative a obtenu aussi bien l'approbation des enseignants stagiaires que celle du gouvernement. Elle prévoit d'employer directement la promotion des enseignants stagiaires à partir de janvier 2017, et que ceux-ci regagnent les cours afin de poursuivre leur formation. Une source gouvernementale contactée par le HuffPost Maroc na ni confirmé, ni démenti cette information, expliquant que l'exécutif "examinera sérieusement cette proposition".

Retour à la répression?

En attendant l'avancement du dialogue, le ton du communiqué du chef du gouvernement est intransigeant. "Depuis octobre dernier, les artères de certaines villes marocaines connaissent des mouvements de protestations de groupes d'étudiants affiliés à ladite coordination nationale des enseignants stagiaires des centres régionaux d'éducation et de formation pour réclamer l'annulation de deux décrets relatifs à la réduction de la bourse de stage et à la séparation de la formation du recrutement", rappelle le texte.

"Le gouvernement fera face à toutes les tentatives visant à porter atteinte à l'ordre public, faisant porter la responsabilité de ceci aux agitateurs et aux parties visant à attiser la situation en exploitant les revendication sociales de cette catégorie et d'autres", avertit encore le chef du gouvernement. De là à dissuader les enseignants stagiaires de manifester? Pas si sûr, puisqu'ils sont nombreux à avoir annoncé qu'ils battront le pavé demain.

LIRE AUSSI:

Galerie photoLes enseignants stagiaires manifestent à Rabat (24 janvier 2015) Voyez les images