MAROC
13/04/2016 06h:11 CET | Actualisé 13/04/2016 10h:29 CET

Moncef Slaoui, le "monsieur vaccin" parmi les 50 personnes qui changent le monde

Moncef Slaoui, le "monsieur vaccin" qui change le monde
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Moncef Slaoui, le "monsieur vaccin" qui change le monde

PORTRAIT - Il fait partie des cinquante personnalités qui changent le monde selon le classement 2016 établi par Fortune, le plus ancien magazine économique américain, occupant la 29e place derrière des personnalités comme Jeff Bezos, Angela Merkel, le Pape François ou Bono.

Mais ce n'est ni dans le business ni dans la politique que s'illustre Moncef Slaoui. Aujourd'hui âgé de 55 ans, ce maroco-belgo-américain diplômé de biologie moléculaire et d'immunologie a passé sa carrière à s'attaquer aux maladies qui frappent les pays en développement.

Après avoir découvert un vaccin pour prévenir le cancer de l'utérus, un autre contre la gastro-entérite infantile et un troisième contre les maladies à pneumocoques, Moncef Slaoui a reçu, en juillet 2015, l'approbation de l'agence européenne des médicaments pour le premier vaccin contre le paludisme, qui pourrait limiter la propagation d'une maladie qui tue plus d'un demi-million de personnes par an, notamment sur le continent africain.

Bataille personnelle

Celui qui a fait ses armes sur les bancs de l'Université Libre de Bruxelles en Belgique, puis dans la prestigieuse université d'Harvard aux Etats-Unis, travaille depuis plus de vingt-cinq ans au sein de la multinationale du médicament GlaxoSmithKline (GSK), basée à Londres, où il a mené pendant huit ans le pôle recherche et développement avant de prendre la tête de la division vaccins.

"J’ai développé l’esprit entrepreneurial et une culture de la responsabilité, pris des risques mesurés, investi dans les talents, écouté les gens qui sont au coeur des projets", expliquait l'immunologue dans une interview à Jeune Afrique.

Le développement des vaccins est en effet une vraie bataille personnelle pour Moncef Slaoui, dont la soeur est décédée de la coqueluche, une maladie vaccinable, pendant leur enfance au Maroc.

Avant de travailler dans les sciences biopharmaceutiques, Moncef Slaoui a été professeur d'immunologie à l'Université de Mons, en Belgique. Le scientifique aux trois nationalités a écrit plus de 100 articles scientifiques, et parle couramment l'anglais, le français et l'arabe.

Dispositif électronique contre maladie chronique

Après s'être lancé dans la recherche d'un vaccin contre le virus Ebola, Moncef Slaoui travaille actuellement sur un nouveau projet: la création de minuscules dispositifs bio-électroniques qui, une fois placés sur des nerfs d'un organe ciblé, comme les reins ou la rate, enregistreraient des signaux du système nerveux et enverraient des impulsions en cas de besoin.

Ce dispositif pourrait traiter des maladies chroniques comme l'obésité, l'hypertension, le diabète de type 2, l'asthme et l'arthrite, explique le site spécialisé FierceMedicalDevices, et pourrait être facilement utilisé par les médecins dans leur cabinet.

"Vous percez un petit trou et (l'outil robotique) utilise une 'tête intelligente' avec une caméra pour trouver son chemin vers les viscères, puis l'outil greffe l'électrode sur le nerf", explique M. Slaoui. "Le patient peut sortir 10 minutes plus tard."

Si le dispositif s'avère complexe puisqu'il nécessite une puce miniaturisée et des électrodes qui doivent être compatibles avec l'anatomie humaine, et a besoin d'une source d'alimentation sans fil (car les batteries dégagent trop de chaleur), Moncef Slaoui est prêt à relever le défi. GSK veut lancer les premiers essais cliniques en 2017.

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