ALGÉRIE
13/04/2016 11h:42 CET | Actualisé 13/04/2016 11h:48 CET

Le Premier ministre français Manuel Valls se dit "favorable" à une loi pour "interdire le voile à l'université"

AFP

Le Premier ministre français Manuel Valls s'est dit être favorable à une loi interdisant le voile à l'université, dans une interview accordée à Libération et publiée ce mercredi 13 avril, où il est revenu sur ses propos de la semaine dernière.

Dans cette interview, le Premier ministre Manuel Valls s'est dit "convaincu de la possibilité de démontrer aux Français qui doutent la compatibilité de l’islam avec la République".

"Aujourd'hui, la laïcité est confrontée à la montée de l'islam radical mais aussi à la place de l'islam dans nos sociétés (...) J’aimerais que nous soyons capables de faire la démonstration que l'islam, grande religion dans le monde et deuxième religion de France, est fondamentalement compatible avec la République, la démocratie, nos valeurs, l’égalité entre les hommes et les femmes", a-t-il indiqué.

"Certains ne veulent pas y croire, une majorité de nos concitoyens en doute, mais moi, je suis convaincu que c’est possible", a répondu Manuel Valls. "C'est pour cela qu'il faut protéger nos compatriotes de confession ou de culture musulmane de la stigmatisation, des actes anti-musulmans".

"Un asservissement dès lors qu'il est revendiqué politiquement"

Manuel Valls a maintenu lors de cet entretien ses déclarations la semaine dernière concernant, le voile "un asservissement pour la femme dès lors qu'il est revendiqué politiquement de manière militante", selon ses propos.

Il a déclaré que le voile traditionnel, "fondamentalement identitaire, politique et revendiqué, vise à nier" la femme. "Comment ignorer que les femmes subissent dans les quartiers populaires une pression culturelle faite de sexisme et de machisme?", a-t-il poursuivi.

Le responsable français a ensuite rajouté qu'il était favorable à une loi pour interdire le voile à l'université, faisant néanmoins remarquer que des règles constitutionnelles "rendent cette interdiction difficile". Et de marteler: "Il faut ainsi être intraitable sur l'application des règles de la laïcité dans l'enseignement supérieur".

En décembre 2015, un "Observatoire de la laïcité" avait estimé qu'il n'était "ni utile ni opportun" de légiférer sur le port de signes religieux, dont le foulard islamique, par les étudiants.

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"Aucun problème"

Le secrétaire d'Etat français à l'Enseignement supérieur Thierry Mandon a réagi ce mercredi aux déclarations du Premier ministre français. "Il n'y a pas besoin de loi sur le voile à l'université. Si j'ai l'occasion de lui en parler je lui dirai qu'il n'y a pas besoin de loi", a-t-il rajouté sur RTL, selon l'AFP.

"Ce que je vois sur le terrain, ce que me disent tous les présidents d'université c'est qu'il n'y a pas de problème". "Il n'y a pas de contagion du foulard", a relativisé le ministre, "il y a des étudiantes qui ont tout à fait, parce qu'elles sont adultes, le droit de garder un foulard, le foulard n'est pas interdit dans la société française".

"Quand on est usager d'un service public on a le droit d'avoir un foulard, on peut en penser ce qu'on veut mais ce droit existe", a poursuivi le ministre, concluant: "je pense qu'il n'y a pas besoin de ce texte".

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