ALGÉRIE
11/04/2016 06h:36 CET | Actualisé 11/04/2016 06h:52 CET

A Boudouaou, les enseignants contractuels "résistent", deux syndicats appellent à la grève

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A Boudouaou, (Boumerdes) sur les trottoirs de la cité des 950 logements, surnommée "place de l’intégration" (Sahat al-idmaj), les enseignants contractuels campent sur leur position et affichent leur détermination à arracher leur "intégration".

Du coté du ministère de l'éducation aussi: pas question d'intégrer les contractuels sans passer par le concours. C'est l'impasse. Deux syndicats, le CLA et le CNAPESTE, appellent à une journée de protestation et de soutien aux contractuels pour le mercredi 13 avril 2016.

Sur les trottoirs de la cité des 950 logements à Boudouaou où ils campent depuis plus d’une semaine, les enseignants vacataires affichent leur "détermination." L'état de santé de certains enseignants qui sont entrés en grève de la faim suscite l'inquiétude.

Les enseignants contractuels qui ont engagé à partir de Bejaia, la "marche de la dignité" pour réclamer leur titularisation sans passer par le concours sont particulièrement touchés par les marques de solidarité de la population de Boudouaou, ville où ils ont été bloqués par la police.

"Faites savoir à la ministre que nous résistons et que nous sommes déterminés dans notre revendication. Transmettez aussi aux habitants de Boudouaou notre gratitude pour leur solidaritéz. C’est le message que des enseignants vacataires ont transmis via le journal El Khabar.

La "marche de la dignité" vers Alger n'a pas pu dépasser Boudouaou. Mais les trottoirs de la cité des 950 logements, sont devenus, , écrit El Khabar, la «quibla » des étudiants, des lycéens, des enseignants titulaires mais aussi d'hommes politiques, de syndicalistes et de militants des droits de l’homme. Rachid Nekkaz, bien accueilli, a ainsi ramené des tentes pour les enseignants qui campent à Boudouaou mais la police a empêché qu’elles n’arrivent à destination.

Impasse et pourrissement

La ministre de l’éducation, Nouria Benghebrit, ayant réaffirmé qu’il était impossible "d’aller vers le recrutement direct sans passer par le concours", la situation est totalement bloquée. Enseignants contractuels mais également des syndicats évoquent, pour la dénoncer, une "stratégie du pourrissement" de la part de la tutelle

Face au blocage, des syndicats d’enseignants sont montés à la rescousse des "campeurs" de Boudouaou en appelant à une journée de protestation pour la journée du mercredi 13 avril.

Le syndicat le plus en pointe dans le soutien aux enseignants vacataires, le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) a appelé les enseignants à "observer une journée de protestation, le mercredi 13 avril 2016 suivi de rassemblements devant les toutes les directions de wilaya le même jour à 10 h" pour soutenir les enseignants contractuels "qui luttent pour arracher leur intégration sans conditions dans le secteur de l’Éducation nationale."

Le CLA s’inquiète de la dégradation de la situation des enseignants rassemblés à la cité des 950 logements à Boudouaou et la compare à celle des "réfugiés atterris en Algérie".

Une situation "alarmante" du fait de la grève de faim observée depuis plusieurs enseignants alors que la tutelle a choisi, selon le syndicat, de verser "dans le pourrissement, au lieu de régler ce problème dans les plus brefs délais".

boudouaou enseignants

Parlant d’une "situation effrayante et inquiétante", le CLA demande aux autorités concernées de "sortir de leur silence" et de "se manifester afin de trouver une solution satisfaisante à ce problème". Il les appelle à ne pas "adopter la stratégie du pourrissement qui ne fera qu’amplifier le problème en fin de compte.".

Le CLA a tenu à rendre hommage aux habitants de Boudouaou qui "ont porté secours aux enseignants contractuels et cela depuis leur arrivée dans cette localité.".

Le syndicat CNAPESTE (Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation) appelle, lui aussi, à la tenue d’une journée de protestation et de sit-in devant les directions de l’éducation le 13 avril prochain.

Le CNAPESTE dénonce la situation "désolante et inhumaine"dans laquelle se trouvent les enseignants contractuels rassemblés à Bouadouaou face à des décisions "improvisées et non étudiées" qui créent un " état de tension" sur le terrain. Il cite à cet égard les changements successifs dans les modalités du concours comme une illustration du caractère aléatoire de ces décisions.

Le Cnapeste appelle les enseignants à participer à la journée de protestation et à œuvrer à "protéger les enseignants contractuels de tout arbitraire au sein de leurs établissements"..

Tout en affirmant son soutien "sans condition" aux enseignants contractuels, le CNAPESTE met le ministère de l’éducation devant ses "responsabilités historiques" et en appelle aux plus hautes autorités du pays "à intervenir rapidement"pour rendre justice aux contractuels et "préserver la dignité de l’enseignant".

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