MAROC
11/04/2016 13h:51 CET | Actualisé 11/04/2016 14h:05 CET

Benkirane vs El Omari: Nouveau round

DISCOURS - Après quelques semaines d'apaisement, Abdelilah Benkirane est de retour. Lors d'une rencontre tenue à Salé, samedi 9 avril, Benkirane a tombé la veste du Chef du gouvernement pour endosser la casquette du secrétaire général du parti. Et d'assener quelques attaques à son meilleur ennemi Ilyas El Omari et au Parti authenticité et modernité (PAM). Ceci, au moment où El Omari semble avoir fait le choix d'une communication minimale, et répond de moins en moins aux piques de Benkirane.

"Ledit parti". C'est ainsi que Benkirane qualifiait le PAM, qui, selon Benkirane, "a enduré une défaite cuisante lors des élections du 4 septembre. Il en sera de même lors des législatives". Et de s'interroger: "pourquoi ce parti se classera-t-il premier, alors qu'il n'a ni idéologie, ni discours, ni leader?", et ce, contrairement au PJD, dont les militants "ne sont pas des anges, mais parce que nous avons tout risqué pour enraciner la démocratie dans ce pays", selon le secrétaire général du PJD, qui a conseillé à Ilyas El Omari d'aller mettre "un peu d'ordre dans son parti, dans l'espoir d'arriver à quelque chose lors des élections de 2021." Car si le PAM "a les notables, les moyens financiers et l’influence, nous, nous avons le peuple."

"L'Istiqlal sont nos frères"

Pour Abdelilah Benkirane, le PAM "regroupe des gens qui gardent toujours une nostalgie révolutionnaire, ainsi que d'autres qui n’ont jamais obtenu de privilèges, et qui ont cru que leur moment est enfin advenu". Et de s'étonner du fait qu'en 2009, lors des élections communales, "ce parti a dépassé toutes les autres formations politiques, même l’Istiqlal", qui a "été manipulé" par le PAM selon Benkirane. "Hamid Chabat (Secrétaire général de l'Istiqlal) s'en est enfin rendu compte". Ce qui a ouvert la voie à une réconciliation, car "l’Istiqlal sont nos frères. C'est pour cela que nous avons tourné la page, car on ne peut se fâcher avec ses frères."

"On nous aurait pendus à Bab El Had"

Benkirane a aussi critiqué avec virulence le groupe de presse Akhir Saâ, créé par Ilyas El Omari avec "65 millions de dirhams. Il faut qu’il informe les marocains sur l'origine de cet argent." Et d'ajouter que si c'était un membre du PJD qui avait créé un groupe de presse avec des moyens pareils, "on nous aurait pendus à Bab El Had."

Une pré-campagne qui débute tôt

À six mois des élections législatives, cette sortie augure une campagne électorale âpre et bouillante, qui focalisera l'attention sur la rivalité entre le PAM et le PJD. D'un côté, Abdelilah Benkirane tend la main au Parti de l'Istiqlal (PI), présageant ainsi une possible alliance entre les deux partis – d'autant que l'Istiqlal semble avoir encaissé des dégâts à l'occasion de son revirement à l'opposition, et souhaite visiblement se repositionner du côté de la majorité – de l'autre, le secrétaire général du PJD réitère l'impossibilité d'une entente entre son parti et le PAM, ceci, au moment où Ilyas El Omari, lui, a clairement laissé entendre que son parti n'a pas de lignes rouges en matière d'alliances.

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