ALGÉRIE
10/04/2016 11h:40 CET | Actualisé 10/04/2016 13h:18 CET

Visas refusés: Le Monde a "porté atteinte au prestige" de Bouteflika de "manière gratuite", selon Sellal

Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal (D) lors d'une rencontre avec son homologue français Manuel Valls, le 10 avril 2016 à Alger
AFP
Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal (D) lors d'une rencontre avec son homologue français Manuel Valls, le 10 avril 2016 à Alger

Le journal français Le Monde a "porté atteinte au prestige et à l'honneur" du président Bouteflika "de manière gratuite", a affirmé ce 9 avril le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal pour justifier le refus controversé d'un visa à un journaliste du Monde qui devait couvrir la visite de son homologue français.

Interrogé sur cette controverse, le Premier ministre français Manuel Valls, qui avait exprimé ses "profonds regrets" samedi sur le refus de visas à des journalistes du Monde et de Canal+, a tenté de clore la polémique en jugeant que "(s)es messages étaient passés" et qu'il fallait désormais se "tourner vers l'avenir".

"Aucun Algérien n'acceptera de voir ainsi vilipendé son président et il était du devoir du gouvernement algérien de préserver une valeur", a-t-il poursuivi.

"On ne touchera jamais à la liberté de la presse", a-t-il aussi assuré en réponse à une déclaration des journalistes français ayant fait le déplacement à Alger.

Dans cette déclaration, ces derniers ont dit avoir fait le choix de privilégier (leur) mission d'informer en suivant le déplacement du Premier ministre français mais ont exprimé (leur) profond désaccord et (leur) émotion face a cette décision (de refus de visas), contraire à toutes les pratiques, qui vise à sanctionner ces médias.

LIRE AUSSI: Des médias français boycottent le voyage en Algérie de Manuel Valls, qui exprime son "profond regret"

Pour rappel, les autorités algériennes n'ont pas apprécié la "Une" du journal Le Monde comportant une photo du président Abdelaziz Bouteflika parmi les chefs d'Etat censés être concernés par les Panama Papers.

Le journal Le Monde avait publié par la suite une "précision" assurant que contrairement à ce que la "photo en « une » du Monde daté du 5 avril (édition imprimée) a pu laisser croire, le nom du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, n’apparaît pas dans les "Panama papers".

Dans cette "précision", le Monde soulignait que ce sont des "proches du chef de l’Etat qui sont soupçonnés d’avoir détourné une partie des ressources du pays."

Une "précision" qui n'a pas calmé la colère des autorités algériennes. Le ministre des affaires étrangères, Ramtane Lamamra a convoqué mercredi l'ambassadeur de France à Alger pour lui faire part de son mécontentement à l'égard d'une "campagne hostile" de la part des médias français.

Plusieurs médias français ont boycotté le voyage à Alger de Manuel Valls pour protester contre la décision des autorités algériennes de ne pas accréditer un journaliste du Monde, en raison de la couverture de l'affaire des +Panama Papers+ par le quotidien, et une équipe du +Petit Journal+, émission satirique de Canal+ qui ironise régulièrement sur l'état de santé du président algérien.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.