ALGÉRIE
09/04/2016 10h:08 CET | Actualisé 09/04/2016 11h:01 CET

A Djelfa, toutes les zaouïas ne sont pas Chakib Khelil (El Khabar)

Loin de la politique, l'apprentissage du coran à la Zaouïa Ait Koufi aout 2012  (archives)
Louafi Larbi / Reuters
Loin de la politique, l'apprentissage du coran à la Zaouïa Ait Koufi aout 2012 (archives)

La zaouïa de Sidi Mohamed Ben Merzoug de Djelfa devenue subitement "célèbre" en Algérie en accueillant et en "honorant" l'ancien ministre de l'énergie M.Chakib Khelil dans une opération de marketing politique qui a fait couler beaucoup d'encre a organisé, jeudi 7 avril, une journée d'étude sur le "rôle des zaouïas face à la violence et à l'extrémisme dans les nouveaux moyens de communication.

Une rencontre organisée en un temps record souligne le journal El khabar qui y voit une tentative de répondre aux "attaques féroces" contre la zaouïa après l'épisode de Chakib Khelil. Cette rencontre, titre le journal El Khabar a été boycottée par les "chouyoukhs et oulémas de Djelfa" tandis que l’Union nationale des zaouïas s’est déclaré "innocente" de l’hommage rendu à Chakib Khelil

Le ministre des affaires religieuses, Mohamed Aïssa, ainsi que les ambassadeurs de l'Egypte, la Palestine et le Koweït ont assisté à cette journée d'études. Le ministre a affirmé, selon APS, que le thème proposé est un "contre écho" à l'appel du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à l'adresse des Imams à l'occasion de la fête de la Victoire, le 19 mars dernier.

Mais, indique El Khabar, il n'y avait pas foule à cette journée d'études, "quelques invités et des journalistes". Pour le quotidien, la journée a été surtout révélatrice d'une "grande fissure" au sein des zaouïas de Djelfa après l’affaire de Chakib Khelil.

L'événement a été fortement commenté sur les réseaux sociaux. Un discours très dur à l'encontre des zaouïas en général et la zaouïa de Sidi Mohamed Ben Merzoug en particulier, certains se faisant de fort de rappeler des épisodes peu glorieux sur le rôle des certaines zaouïas maraboutiques durant l'occupation coloniale.

Beaucoup se sont indignés de voir la zaouïa de Djelfa sortir de sa vocation qui est d'enseigner le coran et de prendre en charge les gens de passage pour un rôle politique qui n'est pas le sien.

De nombreuses zaouïas pour préserver leur réputation se sont abstenues de répondre à l’invitation à participer à la journée d’études organisée par la zaouïa de Djelfa. "Des imams et des chefs de zaouïas de Djelfa se sont abstenus d'assister, une prise de position pour préserver leur crédibilité et leur réputation au sein de l'opinion publique".

Prise de distance

La participation, ajoute El Khabar, s'est limitée aux cheikhs de quatre zaouïas de Djelfa, Ouargla et Chlef. Un "boycott" qui a eu lieu malgré la présence du ministre des affaires religieuses, du Wali et du président de l'APW et qui est "considéré par beaucoup comme un "précédent".

En tout cas, Belkacem Messaoudi le responsable de l'information à l'Union nationale des zaouïas, rivale de l’organisation nationale des zaouïas que préside Abdelkader Bessine, 33 ans, le fils du cheikh de la zaouïa de Sidi Mohamed Ben Merzoug de Djelfa a affiché clairement sa distance à l’égard de l’opération Khelil.

"Cela ne nous concerne ni de près, ni de loin" a-t-il déclaré en soulignant que la zaouïa en question n'est pas affilié à l'Union nationale des zaouïas". Elle est affiliée "à l'organisation que préside le fils du cheikh de la zaouïa" et ce qu'elle a fait est un "non-évènement".

"Nous ne le savions pas et nous n'avons pas été invité car nous n'avons aucune relation avec eux" a-t-il déclaré au site Djelfa-info. Les médias, a-t-il affirmé, ont rapporté, à tort, que ce sont les "cheikhs de zaouïa" qui ont honoré Chakib Khelil.

"Aucun des chouyoukhs et des oulémas n'était présent car les zaouïas ont pour habitude d'honorer les cheikhs, ceux qui apprennent le coran, les savants et non d'autres personnalités et des gens qui sont totalement éloignés de cela". Ce qu'a fait cette zaouïa "ne l'engage qu'elle seule" a-t-il souligné.

Abdelkader Bessine, 33 ans, diplômé de la faculté des sciences politiques et de la communication, qui préside depuis 2012 l’organisation nationale des zaouïas a justifié, dans les colonnes d’El Watan, la décision de rendre hommage à Chakib Khelil.

"Dès que nous avons appris son retour en Algérie, nous lui avons adressé une invitation à laquelle il a favorablement répondu. Donc, c’est nous qui avons pris l’initiative dans l’objectif de l’honorer et de lui rendre la place qu’il mérite dans son propre pays. C’est une personnalité algérienne d’excellence, aux compétences mondialement avérées. De ce fait, nous avons jugé nécessaire de le décorer".

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