ALGÉRIE
08/04/2016 08h:23 CET | Actualisé 30/07/2016 10h:57 CET

Watar Band le groupe de musique Gazaoui chante l'optimisme

watar band/facebook

Ils sont cinq. Ils sont jeunes et déterminés à se faire entendre. Le groupe de musique palestinien "Watar Band", récemment en concert à l’institut du monde arabe à Paris, allie sonorités contemporaines et paroles engagées pour donner une musique chargée de sens.

La voix de ces musiciens, retentit depuis Gaza tantôt pour dénoncer l’avenir précaire des jeunes Gazaouis et tantôt pour rassurer cette même jeunesse et celle du monde arabe que l’espoir d’une vie meilleure est encore possible.

Fondé en 2008 dans la bande de Gaza par 5 jeunes palestiniens, leur musique contemporaine et engagée est en passe de conquérir le public international.

Le groupe Watar Band s’est produit dans plusieurs pays notamment en France à Martigues et Stains et l’institut du monde arabe à Paris.

"Nous voulons dire au monde que l'amour, la paix et la liberté sont dans nos pensées et dans nos rêves. Nous voulons que le monde voit le côté positif de notre peuple le beau côté de notre pays et de sa culture. Nous voulons qu'ils sachent que nous avons le droit en tant qu'êtres humains de vivre en paix. Nous voulons aussi donner de l'espoir à notre peuple et au monde entier que ce rêve est possible", peut-on lire sur leur page Facebook.

Le style de musique du groupe est un mélange «Pop-Rock», leur chansons engagés s’adresse au monde entier et en particulier à l’occident, pour dire que le peuple palestinien tente malgré le blocus imposé aux frontières maritimes et aériennes de faire vivre l’Art Gazaoui et que la jeunesse n’a pas perdu sa volonté de vivre.

La chanson à succès Dawsha extrait de leur album "Ghareebon Hona” (étranger ici), est un message émouvant d’une jeunesse en détresse.

Les paroles racontent le chaos et l’insécurité qui règne dans l’étroite bande de Gaza. Alaa Shublaq chante "une question me trotte dans ma tête ; quand je pourrais enfin apprécier la vie ? Le manque d’amour de paix et de liberté m’étrangle", d’une voix mélodieuse chargé d’émotions.

Mais leur musique incarne avant tout l’espoir. Le clip se termine par le chant d’un groupe d’enfants Gazaouis "il y a encore en moi de l’espoir et il va certainement grandir avec les efforts et même si la lassitude perdure je ne vais pas m’affaiblir".

Dans une interview accordée au journal "The Palestine Chronicle", le parolier du groupe Hassan Najim, a raconté qu’il a écrit cette chanson quand il est rentré à Gaza après ses études en Egypte en 2013.

Il voulait décrire avec des mots simples comment les palestiniens vivent dans la bande de Gaza, un lieu qui n’est propice à rien à cause des lois scélérates imposées par l’occupation et pourtant la force de vie y est toujours.

À travers le tube Dawsha, le parolier explique qu’il voulait donner aux gens l'espoir qu'un jour, ils peuvent trouver l'amour et la liberté et qu'ils puissent atteindre leurs rêves, confie-t-il dans cet entretien.

Invité à l’émission Maghreb-orient expresse au mois de mars, le guitariste du groupe Khamis Abushaban parle des difficultés à être artiste à Gaza. "Pour organiser un concert il faut passer par une série de procédures administratives notamment l’obtention d’autorisations du ministère de la culture, mais la musique que nous pratiquons est mal perçu à cause des paroles qui protestent contre l’occupation, donc il est difficile pour nous d’obtenir ces autorisations qui nous permettent de nous produire devant un public et de faire entendre notre voix".

Manque de lieux de répétition, manque d’instruments, de salle de concerts toutes ces barrières ne semblent pas décourager ce groupe de jeunes qui continue à produire sa musique et la diffuser sur la toile.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.