MAROC
08/04/2016 13h:30 CET | Actualisé 08/04/2016 13h:30 CET

En 2015, les Marocains ont dépensé en moyenne 400 dirhams dans les médicaments

De gauche à droite: Ayman Cheikh-Lahlou, président de l'AMIP, El Houssaine Louardi, ministre de la Santé et Faiçal Mekouar, vice-président général de la CGEM.
HuffPost Maroc
De gauche à droite: Ayman Cheikh-Lahlou, président de l'AMIP, El Houssaine Louardi, ministre de la Santé et Faiçal Mekouar, vice-président général de la CGEM.

SANTÉ – Quel rapport entre les télécommunications, les médicaments et l’Aïd El Kebir? A priori aucun, sauf lorsque l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP) choisit d’établir une comparaison entre les montants injectés par les Marocains dans ces trois segments sur l’année 2015.

Ainsi, les télécommunications caracolent en tête du trio avec une moyenne de 700 dirhams, tandis que l’Aïd El Kebir recueille approximativement 250 dirhams. Au milieu, les médicaments se taillent quant à eux une dépense de 400 dirhams environ, a-t-on appris vendredi 8 avril lors d’une conférence de presse à l’occasion du 30e anniversaire de l’AMIP, à l’hôtel Four Seasons de Casablanca.

Un chiffre auquel s’en greffe un autre: 2.600 médicaments ont accusé une baisse de 20 à 80% au cours des trois dernières années, selon le ministre de la Santé El Houssaine Louardi, qui a pris part à cette rencontre maroco-africaine aux côtés, entre autres, de Ayman Cheikh-Lahlou, président de l’AMIP et Faiçal Mekouar, vice-président général de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), ainsi que plusieurs opérateurs africains de l’industrie pharmaceutique.

Initialement prévu au programme, le ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique Moulay Hafid Elalamy n’a finalement pas pu répondre présent.

13.7 milliards de dirhams de chiffre d’affaires

L’industrie pharmaceutique marocaine, qui occupe la deuxième place à l’échelle continentale juste après l’Afrique du Sud, a brassé l’an dernier un chiffre d’affaires de 13.7 milliards de dirhams, soit 5% du produit intérieur brut (PIB) et 5.2% de la filière industrielle. Les 46 établissements pharmaceutiques du royaume se répartissent quant à eux 40.000 emplois (10.000 directs et 32.500 indirects).

Le pays compte 2.581 infrastructures de santé (2.030 centres de santé, 12 hôpitaux régionaux et 19 centres hospitaliers universitaires) et 22.398 médecins.

C’est sans compter 33 unités industrielles qui s’appuient sur 12.000 pharmacies, favorisant "la réactivité de la chaîne de production et la gestion efficace des flux", se réjouit Faiçal Mekouar, qui pointe toutefois du doigt le talon d’Achille de l’entreprise pharmaceutique: "les industriels regrettent une certaine lenteur pour obtenir des autorisations de mise sur le marché (AMM, ndlr) des médicaments".

Le vice-président général de la CGEM déplore également l’automédication, "par ignorance ou manque de moyens financiers", invitant l’ensemble de la profession (notamment les pharmaciens "dont le nombre a doublé ces dix dernières années") à maintenir le cap sur la dimension "responsabilité sociale".

Autre dimension, d’envergure internationale cette fois-ci, celle des exportations. En 2015, l’Afrique représente 92% des exportations de la fabrication pharmaceutique nationale qui, elle, culmine à 10%. Quant aux pays arabes, 5% de ces exportations leur sont destinés.

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