MAROC
08/04/2016 08h:42 CET | Actualisé 08/04/2016 08h:42 CET

Maroc-ONU: Trois semaines cruciales pour le dossier du Sahara

Maroc-ONU: Trois semaines cruciales pour le dossier du Sahara
UN Photo/ Mark Garten
Maroc-ONU: Trois semaines cruciales pour le dossier du Sahara

DIPLOMATIE - Les semaines qui arrivent s'annoncent décisives pour le dossier du Sahara, au coeur des tensions entre le Maroc et l'ONU. Et les discussions risquent d'être houleuses. Ce vendredi 8 avril, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, doit remettre son rapport annuel sur le Sahara aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le 15 avril se tiendra une réunion des pays dont les troupes contribuent au maintien de la paix au Sahara, puis le rapport sera examiné par les membres du Conseil lors d'une consultation le 27 avril, avant l'adoption d'une résolution le lendemain, selon le calendrier prévisionnel du Conseil de sécurité. Le mandat de la Minurso, la mission de l'ONU au Sahara, qui prend fin le 30 avril, devrait être prorogé d'un an.

Ces rendez-vous onusiens interviennent en pleine crise diplomatique entre le Maroc et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, depuis le report de sa visite au Sahara, initialement prévue en mars, et sa tournée régionale à Tindouf, Bir Lahlou et Alger. C'est là que ses propos sur le Sahara, qu'il a qualifié de territoire "occupé" par le Maroc, ont entraîné une levée de boucliers du côté marocain.

Frappes préventives

Grande manifestation nationale à Rabat, rencontre glaciale entre le ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar et Ban Ki-moon à New York, mesures de rétorsion prises par le royaume à l'encontre de la Minurso (coupes budgétaires et renvoi de 73 membres de la composante civile de la mission onusienne)... Une série de "frappes préventives" du Maroc, visant à décrédibiliser Ban Ki-moon avant la sortie de son rapport.

Car si ce dernier "n'est pas équilibré et factuel, il ne sera pas crédible", a ainsi prévenu Mezouar lors d'une conférence de presse le 24 mars, ajoutant que "toute la communauté internationale considérera le rapport comme biaisé s'il ne prend pas en compte la réalité du dossier marocain et le contexte de la cause nationale".

Après une série de réunions d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU fin mars, une position commune a été prise - avec peine - par les membres du Conseil, qui entendent étudier en profondeur "les circonstances qui ont mené à la situation actuelle afin que la Minurso puisse retrouver sa pleine capacité à accomplir son mandat".

De son côté, Ban Ki-moon, dont le deuxième mandat à la tête de l'ONU s'achèvera en décembre prochain, campe sur sa position, qualifiant ses propos de "personnels" et "spontanés", selon son porte-parole. Une position jugée "inadmissible" par le Maroc, qui attend des excuses. Réponse à la fin du mois.

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