ALGÉRIE
07/04/2016 11h:47 CET | Actualisé 07/04/2016 11h:48 CET

Syrie: plus de 200 ouvriers portés disparus après une attaque du groupe terroriste l'EI

AFP

Environ 250 ouvriers d'une cimenterie au nord de Damas ont été vraisemblablement enlevés par le groupe terroriste "Etat islamique (EI)" qui vient de subir une série de revers, notamment son expulsion de la cité antique de Palmyre, où des habitants se préparent à revenir.

A la suite d'une offensive lundi de l'EI dans la région de Dmeir contre un aéroport militaire, une station électrique et une cimenterie, des dizaines d'ouvriers travaillant dans cette dernière sont portés disparus.

"Nous avons perdu le contact avec 250 ouvriers de la cimenterie Badia depuis lundi et nous ne savons pas où ils sont", a affirmé un cadre administratif de l'entreprise à l'AFP, tandis que des familles ont dit craindre un enlèvement par l'EI.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), "il n'y a plus de contacts avec des dizaines d'employés après une attaque de l'EI contre la cimenterie, et il y a de forts soupçons qu'ils aient été kidnappés par l'EI et conduits vers une destination inconnue".

A l'image de la Syrie en guerre, la localité de Dmeir, située à 40 km au nord-est de Damas, est morcelée: elle comprend des secteurs sous contrôle de l'EI, d'autres des rebelles islamistes, et d'autres encore de l'armée.

Selon l'OSDH, lors de l'offensive de lundi, "l'EI s'est emparé de la cimenterie mais n'a pas pu prendre l'aéroport militaire et la centrale électrique Techrine", qui se trouvent aux mains du régime.

- "Ni eau, ni électricité" -

"La situation est très tendue dans la partie est de Dmeir qui est tenue par l'EI et une manifestation doit y avoir lieu jeudi contre ce groupe" terroriste, a affirmé jeudi à l'AFP une habitante de Dmeir qui a fait état de bombardements.

"Dans notre secteur, il y a ni eau, ni électricité et beaucoup de personnes ont quitté le quartier pour aller vers l'ouest", a-t-elle encore dit par téléphone à l'AFP.

Selon l'OSDH, des frappes aériennes menées par le régime et des affrontements secouaient jeudi la ville. Depuis le début de l'offensive lundi, 35 combattants de l'EI et 20 membres des forces du régime ont été tués, a indiqué l'OSDH.

Cette offensive survient après des échecs cuisants de l'EI dans le centre du pays où les terroristes ont été chassés de la ville antique de Palmyre et de la localité stratégique d'al-Qaryatayn.

Dix jours après la reprise par l'armée de la "perle du désert", le régime a autorisé les habitants de Palmyre à revenir chez eux à partir de samedi, selon le bureau du gouverneur de la province de Homs.

"Des bus transportant les premiers habitants à Palmyre partiront samedi", a indiqué à l'AFP un responsable du bureau du gouverneur de Homs, province dans laquelle se situe la ville millénaire.

- Palmyre débarrassée des mines -

Le responsable a indiqué que près de 45% de la ville résidentielle avait été détruite, soulignant en revanche que la cité avait été totalement nettoyée des mines plantées par les terroristes.

Les bus partiront samedi de la ville de Homs, capitale de la province éponyme, et les passagers font partie des milliers de personnes ayant fui l'offensive de l'EI qui s'était emparé de la ville en mai 2015.

La population de Palmyre était estimée entre 50.000 et 70.000 personnes avant le début du conflit en Syrie en 2011, et à 15.000 durant la présence de l'EI. Ces derniers avaient pris la fuite lors des combats ayant précédé la reprise de la ville par l'armée.

La ville nouvelle porte les stigmates de combats qui ont opposé les forces du régime, aidées par l'aviation et les artilleurs russes, aux terroristes avec de nombreuses rues impraticables en raison des cratères laissés par les explosifs ou des maisons détruites avec des toits effondrés.

Sur le plan diplomatique, alors que la Russie et les Etats-Unis déploient des efforts pour trouver une issue au conflit, le secrétaire d'Etat américain John Kerry, en visite à Bahreïn, a pressé jeudi l'Iran, allié de Damas, d'aider la communauté internationale à mettre fin à la guerre en Syrie mais aussi au Yémen.

La Syrie est le théâtre depuis 2011 d'un conflit qui a fait plus de 270.000 morts, jeté sur les routes plus de la moitié de la population, et implique de nombreux groupes armés ainsi que des puissances étrangères.