07/04/2016 06h:14 CET | Actualisé 07/04/2016 06h:19 CET

Comment le Maroc est devenu un vivier d'investisseurs africains

INVESTISSEMENTS – La machine est lancée et n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. La nouvelle est tombée mardi 5 avril à Londres: la plateforme financière Casablanca Finance City (CFC) arrache la première place des pôles financiers africains, détrônant ainsi la Sud-africaine Johannesburg selon le classement 2015 du Global financial centers index (GFCI), indice référentiel dans l’évaluation de la compétitivité des centres financiers mondiaux, édité par le think tank anglais Z/Yen Group.

"Casablanca est le seul centre dans la région (Afrique du Nord et Moyen-Orient, ndlr) à voir sa notation et son rang augmenter", souligne d’ailleurs l’étude. A l’échelle mondiale, CFC se taille la 33e place, soit un bond de 11 points par rapport à 2014.

Une performance enviable pour cette plateforme "du grand ouest afro-atlantique" qui place le curseur très haut, ambitionnant de "s’affirmer comme la porte d'entrée financière naturelle vers l'Afrique", écrivait en septembre 2015 La Tribune . Une mission dont elle semble s’acquitter doucement mais sûrement, puisque la centaine d’entreprises qui y sont domiciliées génèrent déjà 17% des investissements marocains sur le continent.

Bon élève

Et l’Afrique le lui rend bien. "Le Maroc se distingue dans sa région par sa grande stabilité politique, l’efficacité et la non lourdeur de son administration. Son Code des hydrocarbures est conçu pour attirer les investisseurs. Sa fiscalité est incitative", prêche notamment la conférence multinationale Africa Oil & Power, qui vient de classer le royaume à la 4e place des 10 meilleures destinations africaines par les firmes de prospections pétrolières en 2016. La Mauritanie, elle, caracole en tête du podium, devançant respectivement Madagascar et l’Afrique du Sud. En bas du classement, la Namibie (8e), le Kenya (9e) et le Mozambique (10e).

Par ailleurs, le Maroc décroche la timbale en matière d’appréciation des risques à l’égard des investisseurs étrangers qui souhaiteraient y élire domicile. En janvier dernier, la compagnie française spécialisée dans l’assurance-crédit à l’exportation Coface a de nouveau attribué au pays la note A4 , soit celui le plus sûr du continent. Ses atouts? Une "position géographique favorable, à proximité du marché européen" ou encore une "stratégie de montée en gamme et de diversification de la production, dans l’automobile, l’aéronautique, l’électronique, l’offshoring, la chimie, la pharmacie, le textile/cuir, l’agroalimentaire".

Des rendez-vous incontournables

Centre névralgique de l’économie marocaine, Casablanca abrite régulièrement des événements qui confèrent au couple "Maroc-Afrique" une dimension beaucoup plus large et prolifique, permettant ainsi aux investisseurs africains de nouer (et concrétiser) un réseau avec leurs homologues marocains.

Dernier en date, la 4e édition du Forum Afrique Développement, ouvert les 25 et 26 février derniers, principalement tourné vers l’agriculture et l’électrification de l'Afrique. Ce dernier constitue une plateforme d'échanges et de concertations entre les opérateurs économiques du continent africain et des gouvernants du reste du monde.

Prochain sur la liste, Hub Africa, dont la 4e édition sera inaugurée ce jeudi 7 avril et se déroulera sur deux jours. L’occasion de digitaliser le tissu entrepreneurial panafricain, à travers le développement des technologies de l’information auprès des petites et moyennes entreprises (PME) et l’agriculture 2.0.

De son côté, Rabat a accueilli le premier congrès africain des transports et de la logistique (CATL), du 25 au 27 novembre 2015. Chapeauté par le ministère de l'Équipement, du transport et de la logistique, l’événement prévoyait de développer des écosystèmes logistiques régionaux, promouvoir des modèles économiques de co-développement inter-pays africains et favoriser l'innovation pour une croissance inclusive, d’après le communiqué du CATL.