MAROC
07/04/2016 12h:03 CET | Actualisé 07/04/2016 12h:05 CET

Huit juristes européens qui soutiennent les détenus de Gdeim Izik expulsés du Maroc pour "tentative d'atteinte à l'ordre public"

Prison de Salé
AFP
Prison de Salé

EXPULSION - Tentative de trouble à l'ordre public. C'est la raison pour laquelle huit juristes européens (cinq Espagnols, deux Français et un Belge) ont été expulsés du Maroc. Cette expulsion intervient conformément aux dispositions de la loi n°02-03 relative à l’entrée et au séjour des étrangers au Maroc, selon la MAP.

''Les concernés, qui représentent le soi-disant 'Collectif international des avocats en soutien aux détenus de Gdeim Izik', étaient entrés au territoire national dans le but de semer le trouble et porter atteinte à l'ordre public'', précise ce jeudi la wilaya de la région de Rabat-Salé-Kénitra dans un communiqué diffusé par la MAP.

Le comité devait prendre part ce jeudi 7 avril à une conférence de presse "pour dénoncer l'injustice subie par les détenus sahraouis" d'après un communiqué de Me Joseph Breham, membre du comité et avocat à Paris, qui a été relayé par l'AFP. Le comité affirme que les détenus sahraouis font "une grève de la faim depuis un mois".

Les personnes concernées sont l'avocate française Me Ingrid Metton, le magistrat espagnol Jesus Maria Martin Morillo, ainsi que les avocats espagnols Maria Nieves Cubas Armas, Juan Carlos Gomez Justo et Altamira Guelbenzu Gonzalo ainsi que le professeur de droit international belge, Eric David.

"Les autorités marocaines considèrent que le strict exercice des droits de la défense constitue une atteinte à l'ordre public, cela signe la dérive sécuritaire du royaume du Maroc", a déclaré Me Breham à l'agence de presse française. "Les autorités prévoyaient de les expulser par bateau pour Tanger, mais ils ont protesté et ils ont finalement pris l'avion à Rabat jeudi matin", a-t-il expliqué à l'agence de presse Reuters.

"Une grève simulée" pour la Délégation générale à l'Administration pénitentiaire

Dans un communiqué relayé par la MAP, la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) a affirmé que cette grève de la faim était "simulée", car le suivi quotidien de l'état de santé des prisonniers a "mis à nu leur tromperie" et que cette "prétendue grève" n'avait "aucun rapport avec leurs conditions de détention" mais qu'elle "obéit à des motivations inavouées et un agenda et des objectifs non déclarés".

La DGAPR a assuré qu'elle traite ces détenus, poursuivis pour constitution de bande criminelle, violence contre les forces de l'ordre durant l'exercice de leurs fonctions, ayant entraîné la mort avec l'intention de la donner et participation, "conformément aux dispositions légales régissant le fonctionnement des établissements pénitentiaires, et sans aucune discrimination entre eux et les détenus dans les différentes prisons du royaume".

Madrid en colère

L'agence de presse espagnole EFE a de son côté fait savoir que José Manuel García-Margallo, le ministre espagnol des Affaires étrangères, a contacté l'ambassade du Maroc à Madrid pour demander des explications suite à ces expulsions.

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