TUNISIE
07/04/2016 08h:31 CET | Actualisé 07/04/2016 10h:19 CET

Tunisie: La stratégie gouvernementale pour l'emploi critiquée par une ONG tunisienne

A man rides a bicycle as he passes tanks of gasoline in Kasserine, Tunisia January 30, 2016. A litre of fuel is priced at 1.5 Tunisian dinars ($0.74). A dramatic drop in oil prices, driven down by a glut in supply, is translating into a mixed bag for motorists. All countries have access to the same oil prices on international markets, but retail prices vary wildly, largely because of taxes and subsidies. REUTERS/Zohra Bensemra   SEARCH "THE WIDER IMAGE" FOR ALL STORIES      TPX IMAGES OF THE DAY
Zohra Bensemra / Reuters
A man rides a bicycle as he passes tanks of gasoline in Kasserine, Tunisia January 30, 2016. A litre of fuel is priced at 1.5 Tunisian dinars ($0.74). A dramatic drop in oil prices, driven down by a glut in supply, is translating into a mixed bag for motorists. All countries have access to the same oil prices on international markets, but retail prices vary wildly, largely because of taxes and subsidies. REUTERS/Zohra Bensemra SEARCH "THE WIDER IMAGE" FOR ALL STORIES TPX IMAGES OF THE DAY

EMPLOI - La réponse annoncée par le gouvernement à la hausse du chômage sera-t-elle efficace? Sûrement pas, selon le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), une ONG tunisienne qui a vivement critiqué un document commun de travail élaboré par la présidence du gouvernement, l'Utica (syndicat des patrons tunisiens) et l'UGTT (syndicat des travailleurs).

Le nombre des chômeurs en Tunisie s'élève à 618.800 sur les 4 millions de la population active, d'après des chiffres de 2015 présentés dans ce document, résultat de plusieurs "ateliers préparatoires" qui ont eu lieu entre le 15 et le 17 mars dans le cadre du dialogue national sur le travail. Ce dialogue vise à résorber le chômage, qui touche 15% de la population active.

"Le niveau de chômage est en hausse continue depuis 20 ans (...) L'incapacité (du gouvernement sous Ben Ali) de diminuer ce taux était l'une des raisons principales du déclenchement de la révolution", affirme le document où l'on peut trouver plusieurs chiffres sur la question de l'emploi, une sorte de "diagnostic" de la situation actuelle:

  • De 2011 à 2015, 25.000 postes ont été créés tandis qu'il y avait 46.000 demandeurs d'emplois supplémentaires, chaque année.
  • Le taux de chômage pour les diplômés du supérieur a augmenté de 31% dans les cinq dernières années
  • Le gouvernorat où le chômage est le plus élevé est Tataouine (30%) tandis que celui où il y a moins de chômage est Monastir (6%)
  • Le secteur public a généré le plus grand nombre de postes de travail (51,7% en 2015), créant 159.000 postes supplémentaire entre 2011 et 2015

"Pour que cette conception soit réussie, il faut que les différents intervenants économiques, les partenaires sociaux et la société civile soient d'accord sur ses grandes lignes", peut-on encore lire dans ce document. Ces grandes lignes touchent à des questions comme "faciliter la création des entreprises", "encourager l'économie sociale et solidaire" ou bien "réglementer le partenariat public-privé".

Sur cette dernière section, le document préconise "de créer les textes de réglementation nécessaires pour exécuter le programme de partenariat public-privé et d'introduire des modifications qui donnent plus de souplesse aux achats publics sans toucher au principe de l'égalité des chances".

Le document prévoit également la création "d'un conseil national de l'emploi sous l'égide de la Présidence du gouvernement" qui "suivra et évaluera les initiatives pour le développement de l'emploi".

Trop général selon la FTDES

Des mesures trop "générales", selon le Forum tunisien des droits économiques et démocratiques, qui a refusé de participer aux ateliers du dialogue national, portant ouvert à la société civile. Le 4 avril il a appelé dans un communiqué à effectuer d'autres mesures "plus urgentes" dont la plupart sont liés au secteur public:

  • Augmenter l'investissement public car l'investissement privé ne décollera pas avec "la situation sécuritaire, sociale et politique actuelle";
  • agrandir les ressources publiques et diminuer la dette publique, en combattant "plus sévèrement" la contrebande et l'évasion fiscale;
  • ouvrir un "dialogue sérieux et responsable" avec les différents différents mouvements sociaux actuels;
  • régler la situation de plusieurs établissement publics "au bord de la faillite" qui épuisent le budget public.

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