MAROC
06/04/2016 07h:13 CET | Actualisé 06/04/2016 07h:13 CET

Le dandy tangérois Larbi Yacoubi n'est plus

Le dandy tangérois Larbi Yacoubi n'est plus
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Le dandy tangérois Larbi Yacoubi n'est plus

DÉCÉS - "Parmi les choses qu'il a défendues avec véhémence, sa vie durant, l'amitié et l'amour, mais il tient aussi à défendre sa liberté au risque de déplaire à certains", relève-t-on dans un documentaire prémonitoire de Driss Chouika (80 min, 2015), intitulé "Larbi Yacoubi, L'amour de l'art et de la vie". L'artiste costumier et dandy tangérois est décédé, mardi à l'âge de 86 ans, dans une clinique de Tanger où il a été admis pour des soins des suites d'une longue maladie.

Enfant, il pose devant un miroir géant

Si Larbi, comme le surnommaient affectueusement les Tangérois, est né le 31 mars 1930 dans le ville du détroit. Très jeune, il prend goût au théâtre, en posant devant un miroir géant, dans l'alcôve des voisins. "Tantôt, en guerrier roman, tantôt en turban géant, je me voyais déjà barbu, grand, énorme, interpréter Salaheddine ou Antara Ibn Cheddad", dira-t-il.

C'était le début d'une passion à 12 ans, avant qu'il ne ne soit poussé par son père à faire des études au Collège Moulay Youssef de Rabat, là justement où il allait apprendre la pantomime, avant de se produire, en trio, lors d'une soirée artistique à Rabat à l'occasion du retour d'exil de Mohammed V.

"J'étais obligé de rafistoler des costumes"

"C'est le maître Abdessamad Kenfaoui qui m'a amené, par la suite, à la troupe de Mâamoura où, en 1952 sous la direction d'André Voisin, j'étais obligé de rafistoler des costumes, en l'occurrence ceux de la pièce Hamlet", dira-t-il. Larbi a en effet incarné des rôles dans Hamlet et Othello, entre autres.

Sans trahir sa passion de comédien, il a succombé aux charmes des costumes, alternant des touches de costumier ou d'acteur dans plusieurs pièces. On citera "Bonhomme Misère" d'André Voisin, "Hamlet", "Les gens de la caverne" de Taoufiq El Hakim, "Le Médecin malgré lui" ou "La jalousie du Barbier" de Molière.

Il lance le concept des maisons des jeunes

En 1957, tout en participant à la pièce "La volonté de la vie", Larbi Yacoubi intègre le ministère de la Jeunesse et des sports comme chargé de la production théâtrale. Il propose, en 1958, l'idée des maisons des jeunes au Maroc et devient, en 1959, le premier directeur de la maison des jeunes de Tanger pendant une année.

Les années 60, "la belle époque", le feu au ventre, le comédien décroche pour le cinéma. Conseiller artistique de la production d'une série de films sur le séjour d'Eugène Delacroix au Maroc, il collabore, en 1960, avec Luigi Di Marqi sur le tournage de "Maria Magdalena". En 1961, il est aux côtés de Phillis Dolton pour "Lawrence d'Arabie", super production de David Lean.

Un look de Dandy

Un beau costume, agrémenté d'une écharpe ou d'un foulard en soie, des chaussures en blanc ou en noir bien cirées, une barbe bien taillée, des moustaches à la shakespeare bien tirées, un chapeau, une canne anglaise bien ciselée... Larbi Yacoubi a longtemps été le dandy le plus célèbre du Maroc. On ne comptera plus ses apparitions dans des films nationaux et étrangers, comme "Wechma" de Hamid Bennani, "Le retour de l'étalon noir" de Francis Ford Coppola, "Le Messager" et "Omar Mokhtar" de Mustapha Akkad, "La brèche dans le mur" de Jilali Ferhati (1978), "Le Grand voyage" de Mohamed Abderrahman Tazi, "La dernière tentation du Christ" de Martin Scorsese, "A la recherche du mari de ma femme" de Abderrahman Tazi...

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