TUNISIE
06/04/2016 06h:49 CET | Actualisé 06/04/2016 07h:22 CET

En vue d'obtenir un prêt du FMI, la Tunisie tente d'accélérer ses réformes économiques

Christine Lagarde, directrice du FMI, avec le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie Chadli Ayari (à droite) et le ministre des Finances Slim Chaker (à gauche) en septembre 2015, à Tunis.
Handout . / Reuters
Christine Lagarde, directrice du FMI, avec le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie Chadli Ayari (à droite) et le ministre des Finances Slim Chaker (à gauche) en septembre 2015, à Tunis.

ECONOMIE - Le prêt négocié depuis plusieurs semaines par le gouvernement auprès du Fonds monétaire international (FMI) n'est pas encore conclu, mais il explique un large pan des réformes économiques lancées ces dernières semaines par le gouvernement.

C'est sous la pression du FMI que la Tunisie réforme son cadre macroéconomique et financier, avec les examens presque concomitants de trois lois, assurent Fathi Chemkhi, député Front populaire membre de la commission des Finances de l'ARP, et Hassen Majdi, conseiller exécutif de l'Institut arabe des chefs d'entreprises (IACE), contactés par le HuffPost Tunisie.

Les exigences du FMI

Le projet de lois réformant les statuts de la Banque centrale de la Tunisie et celui relatif aux banques et établissements financiers d'une part pour le volet restructuration financière, et d'autre part le nouveau code de l'investissement, se bousculent tous les trois dans l'agenda de l'ARP, à quelques jours de la visite prévue des ministres des Finances Slim Chaker et de l'Investissement Yassine Brahim le 22 avril prochain au siège du FMI à New York, au cours de laquelle doit être validé, espèrent-ils, le prêt du FMI. "Tous [ces projets] sont des exigences du FMI, avec l'effort de réduction des dépenses publiques", assure Hassen Majdi.

Présent au sein de la commission des Finances lors d'une séance de travail avec le ministre Slim Chaker, Fathi Chemkhi assure également que "le ministre des Finances a soutenu face aux parlementaires qu'il fallait absolument terminer le texte réformant les statuts de la Banque centrale avant qu'il ne prenne l'avion pour les Etats-Unis".

Des réformes qui se bousculent

C'est donc à un rythme soutenu qu'ont été examinés ces différents textes: lundi 22 février, un conseil ministériel restreint présidé par le chef du gouvernement Habib Essid s'est réuni pour se pencher sur le projet de loi relatif aux banques et établissements financiers d'une part, et à l’amendement de la loi portant création et organisation de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).

Trois jours plus tard, le jeudi 25 février, Yassine Brahim a annoncé l'examen "probable" devant l'ARP du projet de loi réformant le code de l'investissement au cours du mois de mars, une réforme que Christine Lagarde, lors de sa visite à Tunis en septembre 2015, avait estimé être "cruciale".

Mais l'examen dans le courant du mois de mars du projet de loi sur les statuts de la Banque centrale a divisé les parlementaires. L'adoption du texte semble compromise dans les délais que s'est fixés Slim Chaker, estime Fathi Chemkhi: "On ne tiendra pas la date du 22 avril", se félicite-t-il. "On n'a pas vu de tutelle pareille sur notre politique économique depuis la commission internationale des Finances imposée par la France, l'Italie et le Royaume-Uni au bey en 1871", s'insurge-t-il. Une critique à laquelle s'est jointe la députée Yamina Zoghlami, du parti Ennahdha.

Hassen Majdi analyse ce retard comme la résultante de la crise politique au sein de la majorité: "Le gouvernement n'a plus la même assise parlementaire, ce qui gêne l'adoption de textes". Selon lui, c'est même la capacité du pays à prendre des réformes qui est écornée, alors que les ministres vont s'envoler vers les Etats-Unis "sans éléments palpables à présenter".

Face au retard dans l'adoption de ce texte, le ministre Slim Chaker a, d'ailleurs, indiqué, rapporte la TAP, que "l’adoption de ce projet est de nature à améliorer l’image du pays et de sa notation souveraine et partant à lui permettre d’avoir des crédits à moindre coût sur le marché financier international".

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