TUNISIE
05/04/2016 11h:55 CET | Actualisé 05/04/2016 12h:15 CET

Tunisie: Le départ à la retraite pourra se faire à 65 ans, prévoit un projet de loi

Ministère des affaires sociales

RETRAITES - L'âge maximal de départ volontaire à la retraite devrait passer de 62 ans à 65 ans, si l'on en croit le ministre des Affaires sociales Mahmoud Ben Romdhane qui s'alarme, dans ses derniers entretiens accordés au journal arabophone "Le Maghreb" et à la radio Shems FM, de la situation "catastrophique" des caisses sociales. Des déclarations qui ont suscité de vives critiques de l'UGTT qui considère ce projet de loi comme "un dérapage".

"La hausse de l'âge des retraites ("sic") est une mesure salutaire mais pas suffisante", a-t-il plaidé. "Si la crise se poursuit durant les cinq prochaines années avec le système actuel, la caisse nationale de retraite et d'assurance sociale (CNRPS) perdra environ 5 milliards de dinars", a-t-il dit, précisant que des représentants de son ministère ont été entendus le 30 mars par une commission spécialisée à l'Assemblée pour défendre le projet de loi relatif à cette question.

"Si on choisit d'élever l'âge de la retraite à 65 ans, nous gagnerons environ 4.000 millions et les pertes supplémentaires s'élèveront au meilleur des cas de 700 à 1.000 millions de dinars", a-t-il dit.

En Tunisie, l'âge de mise à la retraite est fixé à 60 ans et peut être prolongé à 62 ans pour les travailleurs du secteur public qui le souhaitent. M. Ben Romdhane a précisé lundi sur Shems FM que son projet de loi porte bien sur la hausse de l'âge de départ volontaire à la retraite. Dans son projet la retraite à 65 ans ne serait donc pas obligatoire.

Selon lui, le déficit des caisses de sécurité sociale a augmenté de 15% en 2011 à 59% en 2015.

"Il faut renoncer progressivement à la générosité des pensions de retraite (...) La génération actuelle doit penser aux générations futures", a-t-il dit.

"Une fuite en avant" selon l'UGTT

Ces déclarations ont provoqué de vives critique de la part de l'UGTT. Le 2 avril, le principal syndicat du pays a réagi à l'interview de Mahmoud Ben Romdhane, en fustigeant "sa fuite en avant dans le traitement du dossier du déficit des caisses sociales".

"L'interview comportait de nouvelles conceptions pour résoudre les problèmes de la sécurité sociale qui dépassent la question de la hausse de l'âge de retraite", peut-on lire dans le communiqué. M. Ben Romdhane a, selon l'UGTT, une conception "qui remet en question radicalement le système des retraites et sape les acquis des travailleurs".

Contacté par le HuffPost Tunisie, Sami Tahri, membre de l'UGTT, a dénoncé "un dérapage" du ministre sur les engagements que l'Etat a eu avec son syndicat:

"Nous avons fondé avec le ministre précédent, Ahmed Ammar Younbai, une instance pour résoudre ces problèmes et nous avons signé un accord sur cela. Nous refusons ce projet de loi car il ne correspond pas à nos accords et s'éloigne du consensus entre l'Etat et nous", a-t-il dit.

Mahmoud Ben Romdhane espère que la discussion du projet de loi en plénière à l'Assemblée se fera "dans les prochaines semaines". En attendant, les débats risquent d'être houleux, dans un contexte de crise économique profonde.

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