MAROC
05/04/2016 04h:35 CET | Actualisé 05/04/2016 04h:35 CET

Panama Papers: les Islandais manifestent contre leur premier ministre (PHOTOS)

Panama Papers: les Islandais manifestent contre leur premier ministre
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Panama Papers: les Islandais manifestent contre leur premier ministre

PANAMA PAPERS - Sur une vidéo diffusée en direct de la manifestation, un homme parle de "l'une des mobilisations les plus importantes dans l'histoire de l'Islande". Des milliers de personnes étaient en effet réunies dans la capitale islandaise Reykjavik, lundi 4 avril en fin d'après-midi, pour demander la démission de leur Premier ministre, mis en cause dans les révélations des Panama Papers.

Plus de 24.000 personnes, dans un pays de 320.000 habitants, avaient déjà signé dans l'après-midi une pétition en ligne appelant à la démission du Premier ministre. Aux abords de la place du Parlement, où la foule s'est donnée rendez-vous, les rues semblaient bondées et des bouchons se sont formés sur les routes.


"Prenez vos responsabilités" ou "Où est la nouvelle Constitution?", lisait-on sur des pancartes, en référence au projet de nouvelle Constitution né de la crise politique de 2009, resté en rade au Parlement.

Une membre du Parlement a même posté une photo depuis l'intérieur du bâtiment, où l'on peut voir que les manifestants jettent des oeufs sur les vitres en signe de protestation.


Selon des documents publiés par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), M. Gunnlaugsson, 41 ans, a créé en 2007 avec sa future épouse une société dans les îles Vierges britanniques pour y parquer des millions de dollars, jusqu'à ce qu'il lui cède ses parts fin 2009 pour un dollar symbolique. Quand il a été élu député du Parti du progrès (centre-droit) pour la première fois en avril 2009, il a omis cette participation dans sa déclaration de patrimoine, alors que la loi l'y obligeait.

"Elle n'a jamais utilisé de paradis fiscal, et on ne peut pas dire non plus que sa société est une société offshore dans le sens où elle paierait des impôts à l'étranger plutôt qu'en Islande", a écrit le Premier ministre sur son site internet. Le 15 mars, sa femme avait elle-même rendu publique sur Facebook l'existence de la société que le couple a créée en 2007, appelée Wintris, pour gérer la fortune dont elle a hérité. Elle y expliquait qu'avec l'aide du cabinet de conseil KPMG, elle avait fait en sorte de payer tous ses impôts en Islande.

Un vote de défiance au Parlement

Le Premier ministre islandais a d'ores et déjà exclu de démissionner mais devait affronter lundi un vote de défiance au Parlement. L'opposition de gauche devrait certainement l'appuyer, tandis que le parti du chef de gouvernement, le Parti du progrès, devrait s'y opposer. Dans ce cas, le sort du gouvernement serait décidé par la deuxième formation de la coalition gouvernementale, le Parti de l'indépendance (droite), qui apparaît divisé sur la question.

L'affaire est extrêmement sensible dans un pays marqué par les excès des années 2000, où un secteur financier euphorique et ses dirigeants et cadres usaient et abusaient des sociétés écran.

Par ailleurs, Wintris a détenu des créances auprès des banques islandaises en faillite. Or Sigmundur David Gunnlaugsson a percé en politique après avoir mené un mouvement de fronde, couronné de succès, contre les conditions drastiques auxquelles l'Islande était censée rembourser d'autres pays lésés par la faillite de ces banques.

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