MAROC
05/04/2016 13h:35 CET | Actualisé 01/05/2016 07h:47 CET

Ces Marocains qui ont réussi en partant de rien (épisode 1)

PORTRAIT – Ils sont partis de (presque) rien et culminent désormais au sommet des mastodontes de l’entreprenariat marocain. Ils s’appellent Miloud Chaâbi, Tahar Bimezzagh ou encore El Hachmi Boutgueray. Portrait de ces trois Marocains qui ont réussi en gravissant l’échelle sociale.

Miloud Chaâbi, le berger devenu milliardaire

Figure emblématique du milieu des affaires, Miloud chaâbi, décédé en avril dernier à 86 ans, faisait partie des plus grosses fortunes marocaines alors même qu’il a démarré de rien. Car ce "berger qui a décroché la lune" écrivait en 2007 Fahd Iraqi, ancien directeur de publication de l’hebdomadaire TelQuel et coauteur d’un portrait-enquête sur Miloud Chaâbi était à la tête d’une fortune de 800 millions de dollars, selon le classement 2016 du magazine Forbes. Aux oubliettes les HEC, Polytechnique, Sciences Po et autres viviers d’élites: le pionnier de l’immobilier au royaume et fondateur de Ynna Holding est né en 1930 à Chaâba, petit patelin niché sur les hauteurs de Essaouira, où son enfance est celle d’un petit berger. Après avoir très tôt créé une entreprise de construction qui n’emploie que deux salariés, Miloud Chaâbi gravit un à un les échelons avant de se lancer dans la promotion immobilière au début des années 1950. La société Ynna Holding, qui compte une dizaine de filiales, brasse en moyenne 10 milliards de dirhams de chiffre d’affaires par an. Miloud Chaâbi est décédé samedi 16 avril à 86 ans suite à un arrêt cardiaque, dans un centre hospitalier en Allemagne.

miloud chaâbi

Miloud Chaâbi

Tahar Bimezzagh, le pro de la charcuterie

Chez les Bimezzagh, la charcuterie est une passion qui se transmet de père en fils. C’est que Tahar Bimezzagh, patron du groupe de transformation de viande Koutoubia, travaillait déjà aux côtés de son père à l’âge de douze ans dans leurs deux boucheries familiales à Casablanca. Originaire de Tafraout, petite localité berbère près d’Agadir, Tahar Bimezzagh a vingt ans lorsqu’il rachète une petite usine de transformation de viande à Mohammedia: Koutoubia, en référence à la mosquée de Marrakech. A la fin des années 1990, la mortadelle espagnole fait l’objet d’un scandale et provoque plus d’une centaine de cas d’intoxication au Maroc. Tahar Bimezzagh décide alors de tout miser sur la qualité en modernisant notamment ses outils de production. Et le résultat ne se fait pas attendre: Koutoubia emploie actuellement plus de 2.500 personnes et dispose d’au moins huit filiales. Montant de son chiffre d’affaires annuel? 2.3 milliards de dirhams.

tahar bimezzagh

Tahar Bimezzagh

El Hachmi Boutgueray, le big boss de l’alimentaire

Deux magasins de gros spécialisé dans les produits alimentaires. C’est de là qu’est parti le président-directeur général de Anwar Invest – 4e groupe alimentaire au Maroc avec 20 filiales – El Hachmi Boutgueray. Agé de 17 ans à peine, celui qui vient de quitter les bancs de l’école commence ainsi à travailler avec son père à Oujda. Après son décès, il poursuit l’aventure familiale et ambitionne même de la développer. A partir de 1994, Boutgueray déploie à travers le Maroc (Marrakech, Rabat, Casablanca, Fès, Tanger, Agadir et Laâyoune, entre autres) de nouveaux dépôts de marchandises. Avec une flotte de 80 camions, il s’affiche très vite comme l’un des distributeurs qui montent doucement, mais sûrement. Le secteur de l’immobilier ne lui échappe pas: il créé en 2006 une holding mère avec deux sociétés, Anwar Almoustakbal et Anwar Développement, respectivement spécialisées dans le logement social et le moyen et haut standing. En tout, le groupe Anwar Invest affichait un chiffre d’affaires consolidé de 7.2 milliards de dirhams à la fin 2014.

el hachmi boutgueray

El Hachmi Boutgueray

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