MAROC
04/04/2016 07h:01 CET

"Panama Papers": Mounir Majidi cité dans l'enquête sur la finance offshore

"Panama Papers": Mounir Majidi cité dans l'enquête sur la finance offshore
AIC Press
"Panama Papers": Mounir Majidi cité dans l'enquête sur la finance offshore

ÉVASION FISCALE - C'est la plus grosse "fuite" de données de l'histoire. L'enquête menée pendant plusieurs mois par un consortium international de journalistes d'investigation (ICIJ), baptisée "Panama Papers" et dévoilée dimanche 3 avril, révèle que des milliers de personnes, dont des chefs d'Etat, sportifs, milliardaires ou célébrités ont eu recours à des sociétés offshore dans des paradis fiscaux.

Parmi elles, Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi. "En mars 2006, Mounir Majidi a reçu un mandat pour la société SMCD Limited, domiciliée dans les îles vierges britanniques en 2005. En janvier 2006, SMCD Limited a autorisé l'achat d'un yacht (goélette) de luxe des années 1930, baptisée Aquarius W, et Majidi a été mis en charge d'opérer la transaction. Après l'achat, le navire a été immatriculé au Maroc. Rebaptisé El Boughaz I, le yacht appartient maintenant au roi Mohammed VI", indique le consortium.

"SMCD Limited a également été utilisée pour faire un prêt pour un but inconnu à une société basée au Luxembourg, Logimed Investments Co., Sàrl. SMCD Limited a été liquidée en 2013. Majidi a également été administrateur d'une société luxembourgeoise appelée Immobiliere Orion S.A., qui a emprunté 42 millions de dollars en 2003 à travers Mossack Fonseca", la firme panaméenne de domiciliation de sociétés offshore dont proviennent les milliers de documents qui ont fuité, "pour acheter et rénover un appartement de luxe à Paris". "On ne sait pas à qui appartenait la société qui a prêté l'argent", précise le consortium.

Hicham Naciri répond

Si les "Panama Papers" viennent d'être rendus publics, certaines données, notamment concernant Majidi, avaient déjà fuité ces dernières semaines. Le360, proche des cercles du pouvoir, publiait le 7 mars un long article afin de prendre les devants sur la publication de cette enquête mondiale et de répondre aux détracteurs de Majidi.

On apprend ainsi qu'un des journalistes d'investigation travaillant sur cette enquête, un Américain, a adressé un questionnaire au secrétaire particulier du roi, via l’avocat Hicham Naciri, afin de commenter l'achat du voilier et de l'appartement à travers des sociétés établies aux îles vierges britanniques et au Luxembourg.

"Il existe une loi marocaine au regard de laquelle ces deux sociétés sont totalement légales et transparentes. D’ailleurs, les documents et données au sujet des deux sociétés, citées par le questionnaire, sont publics. Quiconque peut les consulter", écrit le journaliste du 360.

Sur le site de l'ICIJ, on peut également lire la réponse de l'avocat faite à l'ICIJ: "Les deux sociétés dont vous parlez ont été créées en stricte conformité avec les lois en place et leur existence est disponible sur les registres publics."

A noter que les sociétés "offshore" ne sont pas toujours illégales, même si elles sont la plupart du temps associées à la fraude fiscale. Certaines "jouent sur les failles réglementaires afin de pratiquer l’évasion fiscale légale. Mais dans d’autres cas il s’agit bien de fraude", précise le quotidien français Le Monde, qui a participé à cette vaste enquête.

LIRE AUSSI:"Panama Papers": une enquête inédite sur les paradis fiscaux met en cause chefs d'Etat, sportifs et milliardaires