MAROC
04/04/2016 12h:15 CET | Actualisé 04/04/2016 12h:15 CET

Lynchage de Beni Mellal: Empêchée de tourner au Maroc, une équipe de Canal+ s'expliquera ce soir

Martin Weill, l'envoyé spécial du Petit Journal, ici à Rio de Janeiro
capture d'écran Canal Plus
Martin Weill, l'envoyé spécial du Petit Journal, ici à Rio de Janeiro

TÉLÉVISION - L'agression de deux homosexuels à Beni Mellal n'a pas laissé indifférents les médias étrangers. Une équipe de l'émission française "Le Petit Journal" de Canal+ s'est rendue dimanche 3 avril au Maroc pour tourner un reportage sur le sujet.

Mais le journaliste Martin Weill et son caméraman se sont fait interpeller par les autorités marocaines. Une information confirmée au HuffPost France par Canal+. De plus amples explications seront données par la chaîne lundi soir au cours de l'émission quotidienne.

Selon un journaliste de Canal+ contacté par l'AFP, les deux journalistes ont été "dénoncés par des habitants du quartier qui soutiennent les agresseurs". Ils n'avaient pas demandé d'autorisations de tournage, "qui ne s'obtiennent quasiment jamais, ou bien trop tard".

Après avoir passé plusieurs heures à la préfecture de Beni Mellal, les deux journalistes ont passé la nuit au poste de police de l'aéroport de Casablanca et "sont rentrés en France" lundi matin.

La vidéo du lynchage de deux homosexuels à Béni Mellal publiée le 25 mars avait choqué les internautes et de nombreuses associations de défense des droits humains se sont soulevées, certaines demandant l'abrogation de l'article 489 du Code pénal qui punit l'homosexualité.

L'une des victimes, qui était dans "un état d'ébriété avancé lors de son premier contact avec les autorités", a été condamné à quatre mois de prison ferme pour homosexualité, assortis d'une amende de 500 dirhams. Deux des agresseurs ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis. La deuxième victime devait comparaître ce lundi 4 avril devant la justice avec quatre autres personnes accusées d'avoir participé au lynchage.

LIRE AUSSI:Lynchage homophobe à Beni Mellal: Le récit des faits