TUNISIE
04/04/2016 13h:29 CET

Affrontements entre policiers et grévistes de Petrofac aux îles Kerkennah

Petrofac

PETROFAC - Des affrontements ont eu lieu entre forces sécuritaires et sit-inneurs dimanche 3 mars au soir, devant la société Petrofac, alors que des policiers sont venus déloger le sit-in des grévistes installé là "depuis plus de deux mois par quelque 266 ouvriers devant la société pétrolière Petrofac à Kerkennah, pour revendiquer la régularisation de leur situation professionnelle", apprend-on auprès de l'agence TAP.

Les forces de l'ordre ont eu recours au gaz lacrymogène, tandis que des manifestants ont "répondu par des jets de pierres", relate à la TAP Ahmed Souissi, coordinateur du bureau régional de l'union des diplômés au chômage à Kerkennah. Le ministère de l'Intérieur a déclaré dans un communiqué que les affrontements étaient le fait "d'une [centaine de personnes qui] ont utilisé des pierres, des pneus et des clous".

D'après le correspondant sur place de la radio ShemsFM, les autorités ont également utilisé des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants.

Blocage de route

Dans ces affrontements, "deux bus et deux voitures sécuritaires ont été saccagées, et un agent blessé au visage", indique également le communiqué du ministère de l'Intérieur.

Les manifestants se sont ensuite dispersés, avant de bloquer la route menant à Mlita.

La grogne sociale tient au fait que 266 personnes, "sélectionnées par la délégation régionale, reçoivent chaque mois un salaire versé par Petrofac", pour le compte d'un "programme environnemental" destiné à acheter la paix sociale dans le contexte de la chute du président Ben Ali en 2011, relate Inkyfada. "Toutefois, ces personnes travaillant dans le cadre de ce programme n’ont ni contrat, ni assurance sociale, et ne sont reconnus ni par l’Etat ni par Petrofac", poursuit le magazine électronique. Imed Derouiche, PDG de Petrofac Tunisie, dénonce ce qui est devenu une rente de situation:

"Alors que 100 individus assurent des missions de service public sans pour autant être proprement intégrés à la fonction publique, les autres profitent des salaires et s’abstiennent de travailler."

Début 2015, Petrofac a cessé d'alimenter ce fonds, un désengagement que refusent les bénéficiaires du programme, qui, faute d'alternative, revendiquent leur titularisation au sein du groupe.

kerkennah

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