MAROC
04/04/2016 14h:16 CET | Actualisé 04/04/2016 14h:23 CET

Abdellah Tourabi a-t-il réussi son premier grand test à la télé?

MÉDIAS - Attendu au tournant depuis son départ de l'hebdomadaire Telquel, Abdellah Tourabi a assuré le premier épisode de son émission "Confidences de presse", dimanche 3 avril à 19 heures. Au menu, une émission qui analyse l'actualité du point de vue d'un spécialiste invité et de deux éditorialistes de la presse marocaine qui animent tour à tour le débat. L'émission a été très commentée sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, où le journaliste qui a fait ses preuves au mensuel Zamane jouit d'une popularité considérable.

Si le rendu est réussi à bien des égards, selon les différents avis partagés sur le web, la première de ce journaliste qui s'initie à peine à la télévision n'a pas été sans stress. "Même si les répétitions se sont bien passées, j'ai eu le trac durant les premières minutes de l'émission", confie-t-il au HuffPost Maroc.

L'émission qui a duré un peu plus d'une heure est transmise en direct depuis les studios de la chaîne 2M. Un mode de fonctionnement qui ne semble pas faire peur à l'animateur de "Confidences de presse". "Le direct a ses avantages: la spontanéité notamment. Même les petits aléas ne sont pas désagréables", estime Tourabi.

Malgré la difficulté de l'exercice pour quelqu'un qui ne s'est jamais essayé à la télévision, à part en tant qu'invité, Abdellah Tourabi a su garder le contrôle de son émission, assurant un débat peu consensuel sur les libertés individuelles au Maroc, invitant Driss Yazami, président du Conseil national des droits de l'homme, à s'exprimer notamment sur le lynchage homophobe de Beni Mellal ou encore l'interdiction du long métrage "Much Loved" dans les salles marocaines par le ministre de la Communication.

Même si le journaliste dit ne pas "réinventer la roue" avec cette émission de débat classique à bien des abords, "Confidences de presse" se distingue de ses semblables. "L'émission est bilingue, ce qui nous permet de supprimer cette dualité entre les deux langues (arabe et français, ndlr)", estime-t-il. Un avantage qui permet à Abdellah Tourabi "de permettre à ses invités de s'exprimer dans la langue qu'ils maitrisent le mieux" mais aussi "de recevoir des intervenants étrangers" au besoin.

Malgré le trac, Abdellah Tourabi semble bien à l'aise dans ses baskets, littéralement. Pour sa première émission, le journaliste a choisi jeans et Stan Smith aux pieds. Un choix vestimentaire peu conventionnel pour des émissions dites "sérieuses". Un détail qui n'a d'ailleurs pas échappé aux internautes qui n'ont pas hésité à multiplier les blagues sur son look. "C'est ma manière de m'habiller. La première condition que j'ai posé à 2M, bien avant de discuter mon salaire, est de ne pas mettre de cravate. Et ils ont accepté", se rappelle Tourabi, avec le sourire.

S'il ne parvient toujours pas à jauger les réactions du public, le journaliste de la presse écrite converti à la télé semble prendre beaucoup de plaisir à son nouveau rôle et souhaite toucher plus de monde à travers le petit écran. "Samira Sitail, Jamaa Goulhsen et Reda Benjelloun ont été bienveillants. J'apprends beaucoup de choses à leur contact, ils sont très patients", conclut le journaliste.

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