ALGÉRIE
01/04/2016 19h:18 CET | Actualisé 01/04/2016 20h:33 CET

Prêt "à servir l'Algérie" Chakib Khelil se dit "victime" mais ne charge pas le général Toufik et le DRS

HuffPost Algérie

L'ancien ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil,a évoqué, ce vendredi 1 avril 2016, les affaires de corruption dont il était accusé et s'est dit prêt à "servir" le pays.

Dans un entretien accordé à Ennahar Tv, après une visite dans la wilaya de Djelfa où il a été "honoré", Chakib Khelil a indiqué être "la victime" dans l'affaire.

Chakib Khelil a prudemment peu cité le DRS (Département du Renseignement et de la sécurité) contrairement au journaliste d'Ennahar. Quand l'ancien ministre a déclaré que les "les dossiers [des scandales de corruption] ont été fabriqués par...", c'est le journaliste qui a terminé la phrase en citant les services de renseignements.

Par contre, Chakib Khelil a souligné très clairement que des agents du DRS étaient détachés au ministère de l’énergie et à Sonatrach et avaient accès à toutes les informations.

"Lorsque j’étais ministre, des officiers du DRS travaillaient dans le ministère et Sonatrach. Ils savaient tout. Ils travaillaient avec nous et étaient au courant de tous les dossiers, anciens ou nouveaux", a-t-il expliqué.

"lls savaient aussi tout, des cadres de Sonatrach et ceux du ministère de l’Energie" a-t-il ajouté en soulignant qu'il n'a pas été tenu informé des affaires de corruption éventuelles les impliquant. "Nous, nous ne le savions pas.", a-t-il ajouté, précisant que "qu'il ne se passait rien" sans que les officiers du DRS le sachent.

L'ancien ministre qui a tenu à démentir "des mensonges relayés par la presse algérienne" à propos de ses "richesses" et sa double-nationalité américaine s'est abstenu de charger l'ancien chef du DRS, le général Toufik et il a laissé entendre qu'il n'engagerait pas de poursuites judiciaires car elles pourraient être nuisibles au pays.

A la question de savoir qui était derrière "ces dossiers" d'accusations, Chakib Khelil a eb effet répondu qu'il n'en savait rien."Je ne sais pas qui est responsable et je ne peux désigner personne sans preuves. Et cela sera une perte de temps et n'engendrera que des problèmes", a-t-il indiqué.

Chakib Khelil a affirmé que la "vengeance ne l'intéressait pas" laissant entendre que l'affaire pourrait en rester là. Invoquant l'intérêt du pays, il se demande "qui serait gagnant dans tout cela ? » avant de répondre : "l'Algérie est la question la plus essentielle. Il faut tourner la page et améliorer les situations économiques et sociales du pays".

Ils ont fouillé même sous le lit de ma mère

Chakib Khelil a indiqué avoir, lui et sa famille, avoir vécu "difficilement" ces accusations. "Et nous vivons toujours des moments difficiles, ma famille et moi". Il a ainsi évoqué les perquisitions menées à son domicile familial à Oran et son appartement à Alger par des officiers du DRS.

"30 officiers ont perquisitionné mon domicile à Oran alors que ma mère était malade. Ils ont même fouillé sous son lit", a-t-il dit. "Ils ont perquisitionné chaque chambre. Je venais de décoller vers 10H30 et ils sont montés chez moi vers 11H. D'autres officiers ont ensuite perquisitionné mon domicile à Hydra", a-t-il indiqué

Chakib Khelil a rejeté les "rumeurs" sur sa fortune et affirmé que sa "retraite pour ses années de services à la Banque Mondiale et en tant que ministre" en rappelant au passage qu'il a servi aussi bien sous Houari Boumediene, à Sonatrach et à la présidence, que sous Abdelaziz Bouteflika.

Il a précisé qu'il est revenu le 1 novembre 1999 en Algérie alors qu'il aurait pu travailler à l'étranger en tant que consultant, laissant entendre qu'il l'a fait par devoir. L'ancien ministre de l'Energie s'est dit optimiste pour l'avenir de l'Algérie et s'est dit "prêt à aider et servir dans le secteur de l’Energie ou dans un autre domaine, avec mes compétences et mon expérience".

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