MAROC
30/03/2016 13h:19 CET | Actualisé 30/03/2016 14h:06 CET

L'Union constitutionnelle condamne l'agression homophobe de Béni Mellal

Pixlr

HOMOPHOBIE - C'est le premier parti politique marocain à condamner officiellement l'agression homophobe de Béni Mellal. Dans un communiqué publié ce mercredi 30 mars, et relayé par Médias 24, l'Union constitutionnelle (UC) estime que "loin d'être un simple fait divers et en dehors du regard porté par chacun sur l'homosexualité, ce qui s'est passé à Béni Mellal et auparavant à Fès et à Agadir, démontre d'un nouveau comportement sociétal dangereux. Ce comportement consiste à guetter, suivre, filmer, débusquer, vilipender et maintenant agresser, en croyant se faire justice, alors même que les attributions de poursuite et de condamnation relèvent de la responsabilité d'institutions dédiées et constitutionnelles".

Le devoir de protection de la vie privée des personnes, de préserver le principe de non violation du domicile privé et défendre les libertés individuelles

Et le parti dirigé par Mohamed Sajid de rappeler "le devoir de protection de la vie privée des personnes, de préserver le principe de non violation du domicile privé et défendre les libertés individuelles. L'UC tient aussi à rappeler que la notion d'Etat de droit doit prendre son sens opérationnel au niveau de la vie quotidienne des citoyennes et des citoyens".

Plus loin, l'Union constitutionnelle appelle le gouvernement à "prendre toute sa responsabilité dans la protection de la sécurité physique et morale des citoyens et sanctionner, par les moyens de la justice, les agresseurs et violeurs de domicile. Il y va de la lutte contre le phénomène de se faire justice, au nom d'une vision étriquée de la loi, de la morale, de la religion ou des valeurs. Ce phénomène conduira à la création de brigades et bandes organisées qui diffuseront la terreur et la peur."

Une peine "deux fois plus sévère" pour la victime que pour l'agresseur

Ce qui s'est passé à Béni Mellal n'est pas un simple fait divers. C'est un indice dangereux, d'un phénomène qui l'est encore plus.

Et pour cause, "ce qui s'est passé à Béni Mellal n'est pas un simple fait divers. C'est un indice dangereux, d'un phénomène qui l'est encore plus. Ce qui est intriguant, c'est d'entendre que le verdict prononcé contre la victime est deux fois plus sévère que celui prononcé contre l'agresseur. Vraiment bizarre".

Le parti fait ici référence au jugement prononcé par le tribunal de première instance de Beni Mellal, qui a condamné l'une des victimes de lynchage à quatre mois de prison ferme pour homosexualité, tandis que deux des agresseurs ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis.

Si l'UC est le premier parti politique marocain à prendre position sur cette affaire, plusieurs associations et ONG ont d'ores et déjà condamné cette agression qui a mis en émoi l'opinion publique, appelant à abolir l'article 489 du code pénal qui criminalise les relations entre deux personnes de même sexe.

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