ALGÉRIE
30/03/2016 10h:53 CET | Actualisé 30/03/2016 10h:57 CET

Moscou boude le sommet sur la sécurité nucléaire de Washington, Sellal représentera l'Algérie

Le Président américain Barack Obama au sommet sur la sécurité nucléaire de la Haye, le 25 mars 2014.
Kevin Lamarque / Reuters
Le Président américain Barack Obama au sommet sur la sécurité nucléaire de la Haye, le 25 mars 2014.

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal va représenter l'Algérie au sommet sur la sécurité nucléaire qui aura lieu, jeudi 31 mars à Washington avec la participation d'une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement mais que la Russie a décidé, une fois de plus, de boycotter.

"Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a chargé le Premier ministre, M. Abdelmalek Sellal, de le représenter au sommet sur la sécurité nucléaire qui aura lieu à Washington (Etats-Unis d'Amérique), les 31 mars et 1er avril 2016" indiqué un communiqué diffusé par l'APS en précisant qu'il sera accompagné par le ministre de l’Énergie, Salah Khebri.

Ce sommet, initié par le président Barack Obama, est le quatrième du genre après ceux de Washington en 2010, Séoul en 2012 et La Haye en 2014. Il est probable que ce sera le dernier sommet. La Russie qui s'est abstenue de participer au dernier sommet a décidé de poursuivre dans la même voie, ce qui a fait dire à Washington que Moscou "s'isole".

"La Russie ne fait que s'isoler des discussions sur de tels sujets", a déclaré Ben Rhodes, conseiller adjoint de la Sécurité nationale de la Maison Blanche. Il a cependant mis un bémol en soulignant que la Russie et les Etats-Unis continuaient de collaborer dans le domaine de la sécurité nucléaire.

Moscou ne comprend pas le but du sommet

"Nous ne comprenons pas bien quel est le but de ce sommet, car la problématique a un caractère très spécifique : elle cible particulièrement les physiciens nucléaires, les fonctionnaires des services de renseignement et les ingénieurs, mais ce n'est pas ce dont il faut discuter au plus haut niveau", a déclaré Mikhaïl Oulianov, directeur du département de la non-prolifération et du contrôle des armements aux Affaires étrangères à RIA Novosti.

En 2009, dans un discours à Prague, le président américain avait mis en garde contre le risque du terrorisme nucléaire et préconisé la mise en œuvre de politiques en faveur du désarmement, la non-prolifération nucléaire et la sécurité nucléaire. L'objectif est de s'attaquer au trafic de matériaux nucléaires (uranium hautement enrichi et plutonium) pouvant tomber entre les mains des groupes terroristes.

Le risque d'un acte de terrorisme nucléaire a été relancé fortement dans les médias européens dans la foulée des attentats de Bruxelles. La mort, violente, d'un agent de sécurité travaillant sur un site nucléaire dans le sud de la Belgique avait donné lieu à des spéculations alarmistes qui ont été démenties. L'homme aurait été victime d’un cambriolage qui a pris une tournure violente
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Alarmisme

A la suite de l'incident, le coordinateur de l'Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, a estimé que les risques ne font que s'alourdir.

"Je ne serais pas étonné qu'avant cinq ans, il y ait des tentatives d'utiliser l'internet pour commettre des attentats", notamment en prenant le contrôle du "centre de gestion d'une centrale nucléaire, d'un centre de contrôle aérien ou l'aiguillage des chemins de fer" a-t-il déclaré à La Libre Belgique.

"A un moment donné, il y aura bien un gars" au sein de l'organisation djihadiste Etat islamique "avec un doctorat en technologie de l'information qui sera capable d'entrer dans un système", a-t-il ajouté.

Les craintes en matière de sécurité nucléaire sont renforcées par la "disponibilité" de suffisamment de matériel nucléaire pouvant servir à construire 20 000 charges explosives dont une seule du genre avait suffi pour anéantir Hiroshima.

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