MAROC
30/03/2016 13h:22 CET | Actualisé 30/03/2016 13h:31 CET

"Mune, le gardien de la lune" enchante les enfants au Festival de cinéma d'animation de Meknès (INTERVIEW)

ANIMATION - Sept prix internationaux au compteur pour les réalisateurs de "Mune, le gardien de la lune", Benoît Philippon et Alexandre Heboyan, nouveaux venus dans le monde du long métrage d'animation.

En marge du Festival international de cinéma d'animation de Meknès (FICAM), le 27 mars, un pique-nique a été organisé pour les enfants, avec en avant-première marocaine, la projection du film, très bien accueilli par les enfants qui n'ont pas arrêté de faire des "standing ovations" pendant la diffusion.

Le film, qui a nécessité 15 millions d'euros de budget et a enregistré 524.000 entrées en France en 2015, fait partie des 100 films qui ont attiré le plus de spectateurs l'année dernière. L'histoire oscille entre un univers de Disney féerique et du Miyazaki atypique.

Dans un monde mythologique, Mune, un petit faune, devient gardien de la lune malgré lui: celui qui amène la nuit et veille sur le monde des rêves. Mais inexpérimenté, il fait des erreurs et donne l'opportunité au gardien des ténèbres de voler le soleil. Avec l'aide de Sohone, gardien du soleil, et Cire une alliée de taille, Mune part dans une quête qui le forgera à devenir un gardien de légende.

Rencontre avec Benoît Philippon, scénariste et réalisateur du long métrage, et Alexandre Heboyan co-réalisateur. L'entretien n'était pas du tout repos, puisque le duo se faisait souvent interrompre par des enfants conquis par le film et qui souhaitaient avoir un autographe.

mune

HuffPost Maroc: Le film a été très bien accueilli par le public marocain, qu'en est-il du public étranger?

Benoît Philippon: Le film est sorti en salles dans différents pays du monde: Italie, Russie, Corée du Sud, Vietnam, etc. Il est devenu le septième plus gros succès étranger français toutes catégories confondues. Universal se chargera de distribuer le film dans 40 territoires mondiaux, dont la diffusion aux Etats-Unis en septembre 2016, la Chine, le Canada qui verront la sortie en salle l'automne prochain.

Alexandre Heboyan: La sortie marocaine n'est pas encore prévue, mais ça ne saurait tarder. Le film a reçu différents prix à l'international, notamment à Tokyo et en Arménie. A Bordeaux, lors du festival de Pessac, on a raflé quatre prix. Et enfin à Toronto, un jury d'enfants nous a sélectionné comme prix du public jeune au J Kids festival. Mais notre plus grande fierté reste la nomination au festival d'Annecy, qui reste une référence dans le monde de l'animation.

Comment a commencé l'aventure "Mune, le gardien de la lune"?

Alexandre: C'est Benoît qui a entamé l'écriture du scénario en 2004.

Benoît: Oui, j'ai commencé par écrire un court métrage sur un personnage qui décrochait la lune. En travaillant sur mon projet, j'ai vu que l'idée se prêtait bien au long métrage. Je me suis dit: que se passe-t-il si un personnage peut décrocher la lune, s'il peut la prendre dans ses bras? On se retrouve devant une lune vulnérable, il faut donc la protéger, devenir le gardien de la lune, et de fil en aiguille, le gardien du soleil est apparu comme une évidence. J'ai rencontré un producteur qui a beaucoup aimé l'idée et qui m'a proposé de le réaliser. Comme je venais du cinéma traditionnel, je ne connaissais pas le monde de l'animation. J'ai pensé à Alexandre qui était installé aux Etats-Unis à l'époque.

Alexandre: J'étais à Dreamworks en tant qu'animateur pour Kung Fu Panda, quand j'ai reçu un appel de Benoît. J'avais envie de réaliser quelque chose. J'ai lu le script que j'ai adoré. C'était un texte riche et avec un imaginaire qui me parlait. Je suis rentré en France en 2009, et je me suis lancé à corps perdu dans l'aventure. On s'est entourés d'une centaine de personnes pour faire ce film.

Le film en 3D est infiniment détaillé, avec un imaginaire créé de toute pièces. Combien de temps a-t-il fallu pour que le film soit dans la boîte?

Benoît: Six ans ont été nécessaires pour faire le film, on était inconnus du grand public. Le financement n'a pas été évident à trouver. On débarquait chez les investisseurs, avec une idée: on veut créer un monde qui n'existe pas, une mythologie nouvelle, aucun humain n'apparaîtra à l'écran. Les gens nous prenaient pour des fous.

Alexandre: Il y avait un contexte de crise en 2009, et une frilosité générale dans le cinéma. Notre projet tombait au mauvais moment, la confiance a été longue à venir. On a mis du temps à convaincre les investisseurs que le film qu'on voulait faire était adressé au grand public.

A vous entendre, on peut deviner une forte complicité, comment vous êtes-vous rencontrés?

Alexandre: Quand je réalisais mon court métrage "La migration Bigoudenn" (qui a gagné le prix Siggraph à Los Angeles), je travaillais avec mon co-réalisateur qui était un ami de Benoît. Il nous as présenté pour que Benoît puisse faire des commentaires sur notre travail.

Benoît: Lors de notre première rencontre, on ne s'est pas entendus.

Alexandre: Ce qui est drôle c'est qu'après pendant tout le film on ne s'est plus jamais disputés. On a fait un film ensemble, il n'y a jamais eu de mot plus haut que l'autre.

Quels sont vos projets à venir?

Alexandre: Un autre film est en préparation "Titan" en 3D aussi, qui vise le même public que Mune, c'est à dire les enfants. On va coécrire le scénario ensemble. Le projet est dans la même veine que Mune, c'est à dire une mythologie avec un monde créé de toutes pièces.

Benoît: Pour ma part, je reviens au cinéma traditionnel.

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