ALGÉRIE
23/03/2016 03h:19 CET | Actualisé 23/03/2016 07h:15 CET

Bruxelles, les premiers moments après les attentats:"j'ai peur de mes traits arabes"

Police secure the metro station Maelbeek in Brussels, Tuesday, March 22, 2016. Explosions, at least one likely caused by a suicide bomber, rocked the Brussels airport and its subway system Tuesday, prompting a lockdown of the Belgian capital and heightened security across Europe. (AP Photo/Martin Meissner)
ASSOCIATED PRESS
Police secure the metro station Maelbeek in Brussels, Tuesday, March 22, 2016. Explosions, at least one likely caused by a suicide bomber, rocked the Brussels airport and its subway system Tuesday, prompting a lockdown of the Belgian capital and heightened security across Europe. (AP Photo/Martin Meissner)

"Je n'imaginais pas que ce jour-là allait m'amener à avoir peur de mes traits arabes" dit Ahmed Al-Charaa, réfugié irakien, qui se trouvait près de la station de métro de Maelbeek, en plein quartier européen de Bruxelles. "C'était pourtant une matinée comme les autres, nuageuse, calme. J'étais optimiste".

Al-Charaa est une des nombreuses personnes arabes ou d'origine arabe qui ont été vivement indignées et effrayées après les explosions de Bruxelles visant l'aéroport et la station de métro.

La première question qui lui est venue à l'esprit, dit-il au HuffPost Arabi est : "qui va revendiquer l'explosion? Devrons-nous assumer la responsabilités des autres juste à cause de notre identité arabe?".

A la station de métro de Maelbeek, Assaad Mansour avait le visage défait. Le flux des nouvelles sur les explosions, les fumées qui montent de la bouche du métro, tout cela lui rappelait "exactement les scènes qui m'ont poussées à fuir la Syrie".

Pour Mansour qui a fait le long voyage de l'exil vers la Belgique, "c'est une journée dure. La tension est partout. Moins d'une heure après l'explosion, les rues étaient vides, il n'y avait plus que la police et l'armée".

fyalmtar

"Plus personne ne peut quitter Bruxelles maintenant". C'est ce que disaient Mazen Aid et son groupe d'amis sur Whatstup après les explosions, les mesures de sécurité drastiques prises dans l'ensemble du pays et l'arrêt du métro.

"Immédiatement après l'explosion, les échanges dans le groupe que nous avons créé sur Whastup insistaient sur l'impératif de revenir à la maison et d'y rester jusqu'à ce que les choses se calment. J'ai mis près d'une heure après l'arrêt du métro".

Chacun a peur, pour ses propres raisons

Nawrass qui a préféré ne donner que son prénom de crainte, selon lui, des réactions que susciteraient "toute déclaration venant d'un arabe" parle d'un "climat de terreur, chacun pour ses propres raisons".

"Les belges sont tendus et inquiets qu'un frère, une sœur ou un proche, soient parmi les victimes" souligne Nawrass. "Les gens d'origine arabes, notamment les réfugiés et migrants illégaux comme moi, craignent d'être rendus responsables des explosions"
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Pour l'heure, il a une question concrète :"les procédures légales vont-elles être arrêtées pour un temps du fait que le centre d'immigration et des déplacés se trouve près de la station de Bruxelles nord? Et dans le cas où l'un des kamikaze est un arabe, seront-elles définitivement annulées?".

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Bassam Al-Qawatali était, lui, à l'aéroport, précisément à l'intérieur d'un avion qui devait décoller. Il a vécu les premiers instants des explosions. Il le raconte au HuffPost Arabi.

"L'avion devait décoller mais il y a eu du retard. Les passagers ont commencé à parler d'explosions à l'aéroport" dit-il. "Ils sont restés calmes. La nouvelle n'a pas provoqué de panique. On entendait surtout les signaux de messages sur les mobiles. Prendre des nouvelles des proches, se rassurer".

Bassam a vu du hublot l'évacuation des personnes présentes dans les bâtiments. Plus d'une heure plus tard, ils ont été informés qu'ils allaient devoir évacuer l'avion. Les services de sécurité ont contrôlé les passeports. A l'entrée de l'aéroport, le spectacle était triste.

"Des blessés, des ambulances. Le service internet était off, pas de moyen de transports. C'est à ce moment que nous avons commencé à avoir peur. J'ai mis du temps à trouver un taxi".

Le trajet de Bassam de l'aéroport vers la maison n'a pas été facile. En cours de route, il a reçu de nombreux appels téléphoniques évoquant une campagne d'arrestation et des contrôles sévères dans les rues. "Il semble que nous sommes entré dans une nouvelle étape à Bruxelles".

Cet article, publié à l’origine sur le Huffington Post Arabi, a été traduit par la rédaction du HuffPost Algérie.

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