ALGÉRIE
20/03/2016 11h:34 CET | Actualisé 22/03/2016 12h:22 CET

Boumerdès : une association appelle au respect des droits des handicapés

DR

Dans le cadre de la journée nationale des personnes handicapées relative au 14 mars de chaque année, les enfants handicapés de la commune de Naciria dans la ville de Boumerdes ont célébré hier cette journée au sein de l’école primaire Ibn Badis.

Entourés de leurs parents et camarades, ils ont exposé des projets artistiques démontrant ainsi leur capacité à assimiler et à produire.

Faire tomber les préjugés sur le handicap et dénoncer les discriminations à leur égard est l’objectif de cette rencontre organisée par l’association des activités de plein air, de loisir et d'échanges entre jeunes de Naciria (AAPALEJ) au niveau de l’école primaire Ibn Badis.

Créée en 2004, l’association est constituée de jeunes de la région de Naciria. Elle vise à favoriser des temps d'échanges et de partages entre les jeunes de différentes régions en organisant des sorties loisir et des activités caritatives. "Notre association aspire depuis sa création à mobiliser les jeunes autour d’activité leur permettant de développer le sens du partage et l’entre aide, qu’ils apprennent à donner de leur temps à ceux qui en ont besoin. La rencontre d’aujourd’hui nous mobilise pour une cause noble, celle des personnes aux besoins spécifiques. Elle s’inscrit dans le cadre du volet social de l’association", souligne le président de l’association Farid Hamdi.

Ces derniers rencontrent des difficultés quant à leur scolarisation et bien d’autres. M. Hamdi explique qu’il y a seulement deux classes spécialisées pour personnes handicapées au niveau de la région.

"En 2006, un centre pour personnes âgées a été construit dans la région par le ministère de la Solidarité nationale, seulement les habitants de la région ont refusé de placer leur parents dans ce centre. Il a donc été fermé. Depuis 2007, nous n’avons cessé de demander aux autorités locales de transformer ce centre fermé en un centre pour personnes handicapées et ce n’est qu’en 2013 que notre demande a été prise en compte, mais on nous a donné une seule classe", précise M. Hamdi.

Au sein de cette classe, une quinzaine d’enfants trisomiques sont pris en charge par l’orthophoniste Sabrina Misraoui.

"Les premiers enfants admis dans cette classe spécialisée étaient des enfantes trisomiques et autistes. Au bout d’une année nous nous somme rendus compte que leur prise en charge est différente, nous avons donc gardé l’année suivante uniquement les enfants trisomiques et les autistes sont pris en charge par la DAS (Direction des Affaires Sociales)", a-t-elle précisé.

Elle déplore le manque d’intérêt des autorités nationale pour les personnes handicapées dans la région. "Nous ne sommes pas encadrés pour prendre en charge ces enfants, nous somme cinq à nous occuper de cette classe d’enfants trisomiques et je suis la seule formée dans le domaine. Nous avons nous-mêmes développé les programmes scolaires alors que cela devrait être fait par des spécialistes ", a-t-elle déploré.

Cette prise en charge consiste avant tout à leur apprendre à être autonome, souligne l’orthophoniste, et les résultats, selon elle, sont convaincants.

La région de Naciria compte 400 personnes handicapées inscrites au niveau de la mairie. Mais le chiffre est bien plus élevé selon le président de l’association APALEJ. Cette catégorie ne bénéficie d’aucun programme de loisirs ou de scolarisation spécifique pour les enfants.

En 2014 et grâce aux efforts consentis par l’association APALEJ, une classe spécialisée pour enfants handicapés a été ouverte au sein de l’école primaire Ali Bouroubi constituée d’enfants trisomiques et handicapés moteurs.

Présent à cette rencontre, le maire de la ville de Naciria Bouâalam Chemaâla regrette son incapacité à gérer librement le budget des aides sociales de la mairie. "Nous avons les mains liées, nous ne pouvons pas gérer librement le budget des aides sociales, toute action doit être validée par le contrôleur financier qui estime parfois que certaines donations sont inutiles", dénonce le maire.

Le président de l’association Farid Hamdi, rappelle qu’il y a deux ans, dans le cadre de ses activités, l’association avait entamé comme action l’achat de couvertures pour les familles des personnes handicapées. Une demande de l’association a été présentée à la mairie pour se joindre à cette action, mais la demande a été hélas rejetée.

Au cours de cette journée, des parents d’enfants handicapés ont livré les difficultés qu’ils rencontrent, le père de Samir, 10 ans, souffrant d’une déficience auditive se désole du fait qu’il n’y ait pas d’écoles spécialisées où son fils pourrait apprendre selon un programme adapté.

"Nous ne pouvons pas l’intégrer dans une classe normale, il ne pourra pas suivre le même enseignement qu’un autre enfant, et son retard affecte négativement le développement des autres enfants", explique ce père.

D’autres dénoncent la pension dérisoire que touchent leurs personnes handicapés, celle-ci s’élève à 4000 DA et ne couvre même pas les frais des médicaments.

Toutes ces contraintes et bien d’autres, rendent plus difficile le quotidien de ces personnes et celui de leur entourage. Les membres de l’association APALEJ, à travers leurs activités tentent de porter la voix de cette minorité afin d’interpeller l’attention des autorités nationales à même de leur apporter l’aide nécessaire.

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