MAROC
20/03/2016 07h:53 CET | Actualisé 20/03/2016 07h:54 CET

Comment un prof d'histoire a réussi à intéresser ses élèves à la Première Guerre Mondiale grâce à Twitter

Ce poilu reprend vie sur Twitter
Twitter/Frédéric B
Ce poilu reprend vie sur Twitter

ÉDUCATION - Réseaux sociaux et études ne s’accommodent pas toujours bien. Mais Yann Bouvier, professeur d'Histoire-Géographie, a su voir en Twitter un outil pédagogique innovant pour intéresser ses élèves à la Première Guerre Mondiale.

Pour le centaine de la Grande Guerre, Yann Bouvier a eu l'idée de faire revivre un poilu sur le réseau social. Après avoir obtenu l'autorisation d'utiliser le journal de guerre d'un ancien combattant, le professeur a mis en place en 2014, des ateliers hebdomadaires avec sa classe de troisième. Son projet est astucieux: les élèves lisent petit à petit le journal de guerre du poilu, nommé Frédéric B. Ils programment ensuite des tweets de manière à ce que le combattant raconte, comme dans son journal, sa vie au jour le jour.

En 1914, Frédéric B. a 19 ans, il vit la guerre et l'horreur des tranchées. Et les collégiens découvrent au fil des semaines la vie que mène ce jeune soldat envoyé au front.


Dans un collège de Fonsorbes près de Toulouse, dix adolescents ont participé aux ateliers sur la base du volontariat. Durant cette heure de cours assez particulière, les élèves étaient divisés en trois groupes: l'un s'occupait de comprendre le texte, l'autre de synthétiser l'information sur Twitter et le troisième de préparer des exposés sur le sujet. Un travail de mémoire à la fois ludique et minutieux.


"Une guerre qui s'est concrétisée"

"L'intérêt de ce projet pour les élèves, c'est qu'ils puissent vivre l'histoire à travers les yeux d'un poilu, c'est un témoignage à échelle humaine", a indiqué Yann Bouvier au HuffPost. Et les anciens élèves (aujourd'hui au lycée) semblent avoir apprécié la démarche: "Ça m'a ouvert les yeux sur comment se passait la vie dans les tranchés, ça m'a permis de prendre de la maturité et de fournir un travail de qualité", s'est confié Teïlo Bachelier, un ancien élève de l'établissement.

En 2015, Yann Bouvier a commencé à enseigner dans un lycée, situé à côté de son ancien collège. Poursuivre le projet fut alors plus compliqué au regard des emplois du temps chargés des lycéens et du programme d'histoire plus conséquent. Dégager une heure dédiée à Frédéric B. était difficile mais quatre élèves de sa classe de première "n'ont pas voulu laisser mourir le projet".

Ces étudiantes ont donc continué à alimenter le compte Twitter du poilu, une fois tous les quinze jours, en programmant des publications pour que Frédéric B. prenne quotidiennement la parole sur le réseau social. Leur motivation est bien la preuve que leur professeur a eu la bonne idée.


Un poilu connecté

Aujourd'hui, Fréderic le poilu possède 889 abonnés sur Twitter. Le professeur ne nous cache pas que le nombre grandissant de followers sert "d'hameçon pour motiver les élèves". Mais l'aventure 2.0 de ce combattant ne s'arrête pas là, il possède également une page Facebook, synchronisée avec le compte Twitter ainsi qu'un blog, plus vaste.

Avant Yann Bouvier, d'autres ont eu l'idée de retracer des événements historiques en utilisant Twitter. En 2013, en France, le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux et l'agence DDB Paris avaient aussi alimenté le profil Facebook d'un jeune Français embarqué dans la guerre de 14-18. Le projet "Facebook 1914" racontait le quotidien d'un poilu de la Première Guerre mondiale et a rassemblé plus de 64.000 fans.

J'ignore combien d'obus ont volé au-dessus de nos têtes. Combien ont explosé. Je ne peux pas m'empêcher de songer, vu le nombre, qu'il y en a sans doute un pour moi.

Posté par Léon Vivien sur mercredi 22 mai 2013

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