ALGÉRIE
20/03/2016 17h:33 CET | Actualisé 20/03/2016 17h:33 CET

Depuis l'attaque de Ben Guerdane, le pouvoir algérien a réévalué à la hausse les risques sécuritaires

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Un "conseil restreint" s’est tenu, dimanche 20 mars 2016, à Alger au cours duquel le président Abdelaziz Bouteflika a donné "des directives dans les domaines sécuritaires, humanitaires et diplomatiques afin de faire face à la situation qui prévaut dans la sous-région" indique un communiqué officiel.

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le directeur de Cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, le conseiller spécial auprès du président, Tayeb Belaïz, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra et le vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’armée, le général de corps d'armée, Ahmed Gaïd Salah ont pris part à ce conseil.

Le communiqué indique, sans autre précisions, "que d'autres membres du Gouvernement" ont participé au conseil.

"La réunion a été sanctionnée par des directives présidentielles, notamment dans les domaines sécuritaires, humanitaires et diplomatiques, de nature à permettre à notre pays de faire face à cette situation, dans le respect de ses principes fondamentaux et dans la préservation de ses intérêts nationaux", a indiqué le communiqué.

Les appels à la vigilance se multiplient

Cette réunion "spéciale" vient couronner une montée en puissance des appels à la "vigilance". Des appels qui se multiplient de la part des hauts-responsables de l’Etat algérien depuis l’attaque de grande ampleur menée par des groupes armés de Daech, le 7 mars dernier, à Ben Guerdane dans le sud tunisien, près de la frontière avec la Libye.

Certains analystes avaient fait la comparaison avec l’attaque contre la base gazière de Tiguentourine.

L’attaque à la roquette, heureusement sans conséquences, qui a ciblé, vendredi 18 mars 2016, le site gazier de Khrechba près de la région d'In Salah (1.300 km au sud d'Alger), a semblé conforter ces appréhensions.

Jusque-là, la diplomatie algérienne s’affairait à défendre l’option de solution politique en Libye en mettant en garde contre les conséquences "désastreuses" d’une intervention militaire occidentale en Libye.

L’attaque de Ben Guerdane n’a pas modifié la position de l’Algérie sur les conséquences néfastes d’une intervention en Libye mais elle a semblé induire une réappréciation à la hausse du niveau des menaces.

C’est le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et vice-ministre de la défense nationale qui a entamé cette réévaluation le 13 mars 2016 lors d’une visite à Ouargla, en appelant à une plus grande vigilance face à l'"aggravation inédite" de la situation sécuritaire.

"Ce que notre région vit actuellement comme troubles et aggravation inédite de la situation sécuritaire augurent, sans doute, d'issues défavorables sur la sécurité et la stabilité des pays de la région", avait-il déclaré en appelant l’armée à faire preuve de "plus de vigilance afin que l'Algérie puisse demeurer forte face à ses ennemis".

Cette déclaration est intervenue deux jours après la "neutralisation" de trois terroristes et la saisie d’un important lot d’armements, à Guemmar, dans la région d’El Oued, à une vingtaine de Km de la frontière avec la Libye. Même si des spécialistes doutent de la réalité des missiles de Stingers – en l’attribuant à un cafouillage dans la communication – la saisie est d’une importance inédite.

Des "complots dévastateurs"

Ce qui explique le changement de ton de la part du chef de l’armée sur la gravité de la menace et que les partis du pouvoir et les médias proches ont vite relayé – et maladroite – en sommations en direction de l’opposition.

L’attaque de vendredi contre le site gazier de Khrechba réveillant la hantise d’un Tiguentourine bis que l’armée algérienne veut à tout prix éviter.

La mise en garde a été renouvelée le 19 mars, à l’occasion de la fête de la victoire, par le président Bouteflika qui a appelé à "l'unité, à la vigilance et à la mobilisation pour la sauvegarde de l'intégrité de notre pays qui partage ses frontières avec de nombreux pays secoués par des crises violentes".

Le chef de l’Etat a évoqué des "complots dévastateurs ourdis contre la nation arabe tout entière et dont des peuples frères payent aujourd’hui la rançon comme nous-mêmes l'avons fait durant la tragédie nationale dont les vents ont soufflé en vérité de l’extérieur".

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