TUNISIE
19/03/2016 06h:35 CET | Actualisé 19/03/2016 06h:51 CET

Tunisie: Jean-Marc Ayrault loue "le courage" du chef du gouvernement d'union libyen

AP

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a apporté vendredi lors d'une rencontre à Tunis le "soutien" de la France au Premier ministre désigné du gouvernement d'union nationale libyen Fayez al-Sarraj, louant son "courage" face à une "mission très risquée".

"Je voulais apporter le soutien de la France et je lui ai dit aussi toute mon estime. M. Sarraj est un patriote qui veut vraiment que son pays redémarre et il est courageux", a dit M. Ayrault à la sortie d'un entretien en marge de sa visite en Tunisie.

"C'est une mission difficile, très risquée, mais il veut la mener à bien", a-t-il ajouté.

L'entrée en fonction de ce gouvernement d'union a été proclamée la semaine dernière par le conseil présidentiel, un organe composé de membres de factions rivales libyennes et mis en place par un accord interlibyen négocié sous l'égide de l'ONU.

Il est supposé remplacer les deux autres gouvernements qui se disputent le pouvoir, celui basé dans la capitale Tripoli --soutenu par une coalition de milices-- et l'autre basé dans l'est, soutenu par le Parlement élu.

Mais ces autorités rivales ont rejeté tour à tour le gouvernement de Fayez al-Sarraj, dont certains membres --dont M. Sarraj lui même-- se trouvent hors de Libye.

Lors de sa rencontre, le chef de la diplomatie française a réaffirmé le souhait de Paris de voir ce gouvernement d'union s'installer "le plus vite possible" à Tripoli.

La France est prête, sous mandat de l'ONU, "à apporter (son) concours pour la sécurité du gouvernement" une fois installé dans la capitale libyenne, a-t-il noté.

La Libye est déchirée par des violences entre factions armées depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 et le groupe extrémiste Etat islamique (EI) a profité de cette instabilité pour s'y implanter.

Au cours d'une conférence de presse avec son homologue tunisien Khemaïes Jhinaoui, M. Ayrault a redit "l'urgence" de la situation face à la progression de l'EI, relevant que la Tunisie était "en première ligne".

M. Jhinaoui a pour sa part confirmé que son pays abriterait lundi et mardi prochains une "réunion des pays voisins de la Libye" -au niveau des ministres des Affaires étrangères-- afin d'exhorter "les parties libyennes à se mettre d'accord autour d'une solution politique".

La Tunisie, qui a subi l'an dernier trois attaques sanglantes revendiquées par l'EI (72 morts), exprime régulièrement son inquiétude à propos de la Libye.

Proche de la frontière libyenne, la ville de Ben Guerdane a été le théâtre au début du mois d'attaques jihadistes sans précédent contre des installations sécuritaires (49 extrémistes, 13 membres des forces de l'ordre et sept civils tués), amenant Tunis à fermer jusqu'à nouvel ordre les postes-frontières.

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