MAROC
18/03/2016 08h:37 CET | Actualisé 18/03/2016 08h:37 CET

Abdelilah Benkirane rencontre le secrétaire général d'Amnesty International

MAP

DROITS HUMAINS - À l'invitation du gouvernement, le secrétaire général d'Amnesty Salil Shetty s'est rendu au Maroc pour rencontrer plusieurs responsables et ministres, dont le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane et le ministre de la Justice Mustapha Ramid. L'occasion d'enterrer la hache de guerre entre le gouvernement et Amnesty International.

La rencontre entre Abdelilah Benkirane et Salil Shetty a lieu le jeudi 17 mars. Cette entrevue, qui s'est tenue en présence du ministre de la Justice et des libertés Mustapha Ramid et du directeur de programme d'Amnesty dans le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord Philip Luther, a été l'occasion de surmonter quelques différends. Si Abdelilah Benkirane a, sans surprise, "défendu les avancées accomplies par le Maroc en matière de droits de l'Homme", selon le communiqué de la primature, il a exprimé "l'aspiration du Maroc à une communication productive avec Amnesty International, encadrée par les principes d'équité, d'objectivité et de neutralité, en prenant en considération l'importance de respecter l'indépendance des ONG et de souligner leur rôle dans le renforcement du respect des droits de l'Homme", ajoute le communiqué.

Car l'ONG est critiquée par le gouvernement marocain, qui juge ses rapports – souvent critiques envers la situation des droits humains au Maroc – "injustes", "biaisés" ou "partiaux". Abdelilah Benkirane a donc appelé les responsables de l'ONG "à s'assurer de l'exactitude et de la qualité des informations qu'elle reçoit lors de l'élaboration de ses rapports", selon le communiqué du département du Chef du gouvernement.

Des blocages en cascade

Du côté de l'ONG, on s'est plaint du fait que le rejet des rapports d'Amnesty par le gouvernement marocain s'est accompagné de mesures plus rédhibitoires, qui paralysent le travail de l'ONG au Maroc. "Depuis 17 mois, Amnesty International n'a pas pu mener de recherches sur la situation des droits humains dans le pays. En juin 2015, deux délégués ont été arrêtés, placés en détention et expulsés du pays. Depuis un an et demi, les autorités ont également interdit plusieurs événements d'éducation aux droits humains proposés par Amnesty International au Maroc et durci les restrictions visant d'autres ONG locales et internationales", indique l'ONG dans un communiqué publié le 17 mars. La rencontre a donc aussi été l'occasion d'obtenir des garanties permettant à l'organisation d'enquêter sur les droits humains au Maroc sans restrictions, rapporte l'Agence France presse (AFP).

"Nous sommes ravis d'avoir l'occasion de débattre de la situation des droits humains avec le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Depuis cinq ans, à la suite de l'adoption de sa nouvelle Constitution, le Maroc a adopté des réformes prudentes mais importantes, afin de faire coïncider ses lois et institutions nationales avec les normes internationales relatives aux droits humains. Le Maroc doit maintenant se diriger avec assurance vers la pleine réalisation de ces réformes dans la pratique, notamment via l'examen de son bilan des droits humains", a déclaré le secrétaire général d'Amnesty Salil Shetty au service presse de l'ONG.

Le SG d'Amnesty International et la délégation l'accompagnant tiendront, lors de la visite qu'ils effectuent au Maroc entre le 17 et le 19 mars, des entretiens avec le ministre de la Justice et des libertés, le ministre chargé des Relations avec le parlement et la société civile, des responsables d'établissements de gouvernance et de droits humains, des parlementaires et des acteurs de la société civile.

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