MAROC
15/03/2016 14h:11 CET | Actualisé 15/03/2016 14h:11 CET

Syndicats: Des marches en avril et en mai, mais pas de grève générale en vue

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FRONT SOCIAL - Lors d'une conférence de presse tenue mardi 15 mars au siège de la Confédération démocratique du travail (CDT), à Casablanca, les quatre centrales syndicales les plus représentatives du pays ont dévoilé leur programme d'action pour les semaines à venir.

L'Union marocaine du travail (UMT), la Fédération démocratique du travail (FDT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et l'Union générale du travail au Maroc (UGTM) ont décidé d'organiser une marche à Casablanca le 3 avril, ainsi qu'une manifestation à l'occasion du 1er mai.

Le programme évoqué par les syndicats aujourd'hui semble bien inconsistant, comparé à ce qu'ils ont précédemment annoncé: une grève générale de 48H, une marche de Casablanca à Rabat, un sit-in devant le parlement. Contacté par le HuffPost Maroc, un membre du bureau de la FDT élude la question, indiquant au passage que "la date de la grève sera décidée plus tard", en fonction des retombées de la marche prévue le 3 avril.

En filigrane, avant de se lancer dans une grève générale, entreprise périlleuse qui pourrait mettre les syndicats en position de faiblesse lors des prochains rounds du dialogue social s'ils n'arrivent pas à atteindre un taux de participation suffisant, les centrales syndicales mobiliseront, au préalable, via des marches et des manifestations, et prendront le temps de s'organiser pour faire réussir une éventuelle grève.

Les motifs d'une mobilisation syndicale

Les principales revendications des syndicats concernent la réforme des retraites, que les syndicats souhaitent d'abord discuter dans le cadre du dialogue social, et non sous forme de projets de lois à la Chambre des conseillers et l'abrogation de l'article 288 du Code pénal marocain, qui punit de "l'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 120 à 5.000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque, à l'aide de violences, voies de fait, menaces ou manoeuvres frauduleuses, a amené ou maintenu, tenté d'amener ou de maintenir, une cessation concertée du travail, dans le but de forcer la hausse ou la baisse des salaires ou de porter atteinte au libre exercice de l'industrie ou du travail."

Cet article du Code pénal pose la question plus large du droit de grève au Maroc, qui est garanti par la Constitution, et qui attend toujours la loi organique le réglementant. Les syndicats demandent, en outre, une hausse générale des salaires et des pensions de retraite, la baisse de la pression fiscale sur les salaires ainsi que l’augmentation à 6.000 dirhams des revenus non imposables.

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