ALGÉRIE
15/03/2016 04h:30 CET | Actualisé 15/03/2016 04h:31 CET

Les réserves de change de l'Algérie se sont établies à 143 milliards de dollars en 2015

Pixabay/Brett_Hondow

Les réserves de change de l'Algérie ont continué en 2015 leur baisse, amorcée en 2014 avec la régression des recettes d'exportations hydrocarbures, accentué par une hausse fulgurante des importations.

Après s'être établies à 195 milliards de dollars en mars 2014, ces réserves ont amorcé une tendance baissière en bouclant la même année à moins de 179 milliards de dollars, avant de descendre encore pour s'établir à 143 milliards de dollars en 2015.

Les réserves de change de l'Algérie ont ainsi baissé de 35 milliards de dollars en 12 mois, d'après les derniers chiffres avancés lundi à Alger par le conseiller au département Moyen-Orient et Asie centrale auprès du FMI, Jean-François Dauphin.

"Les réserves de change se maintiennent, certes, à un niveau élevé mais elles ont diminué de 35 milliards de dollars en 2015 pour s'établir à 143 milliards de dollars contre un maximum de 194 milliards de dollars en 2013", a souligné M. Dauphin qui a conduit une mission du Fonds monétaire international à Alger du 1er au 14 mars dans le cadre des discussions annuelles, menées entre cette institution et ses Etats membres, au titre de l'article IV des statuts du FMI pour l'évaluation annuelle de l'économie des pays.

Cette poursuite de la contraction du matelas des devises est engendrée par le creusement du déficit de la balance des paiements sous l'effet du choc externe, résultat d'une baisse drastique et surtout continue des cours mondiaux du pétrole, avait expliqué en janvier le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Laksaci. Il avait estimé que la situation actuelle est différente de celle de 2009 où les prix du pétrole s'étaient rapidement relevés.

Auparavant, et particulièrement depuis 2006, les réserves de change montaient à hauteur, parfois, des 20 mds de dollars annuellement en passant de 77,8 mds de dollars en décembre 2006 à 110,2 mds à fin 2007, à 143,1 mds à fin 2008, à 147,2 mds à fin 2009, à 162,2 mds à fin 2010, à 182,2 mds à fin 2011, à 190,6 mds à fin 2012 et à 194 mds à fin 2013.

Mais la hausse des importations et la forte chute des cours pétroliers ont fortement contribué dans l'amenuisement des flux alimentant les réserves de change du pays. En effet, l'année 2015 a été marquée par un déficit de 13,71 milliards de dollars de la balance commerciale.

Les exportations ont chuté de 40% par rapport à 2014 pour atteindre 37,787 milliards de dollars, alors que les importations se sont soldées à 51,501 milliards de dollars (-12%), selon les statistiques des douanes algériennes.

Sous l'effet de ce choc, le compte courant de la balance des paiements a affiché un important déficit de 20,05 mds usd au cours des neuf premiers mois de 2015.

Outre le repli des réserves officielles de change, le choc externe a sérieusement impacté les finances publiques, fortement tributaires de la fiscalité pétrolière. Il s'agit, entre autres, de l’érosion des ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR), selon le dernier rapport de la conjoncture économique et financière du pays, présenté en janvier par M. Laksaci.

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