MAROC
15/03/2016 11h:53 CET | Actualisé 15/03/2016 13h:15 CET

Ces marques marocaines qui ont réussi

Pixlr

BUSINESS – Souvent parties de rien, ces marques marocaines ont réussi à se hisser dans la cour des grands et brassent aujourd’hui des millions de dirhams. Zoom sur ces success stories made in Morocco.

Marwa. La petite marque devenue grande

Créer une marque marocaine de prêt-à-porter pour femmes, c'est l'aventure qu'a lancée, en 2003, Karim Tazi, un self made man sans grands diplômes, et qui voulait à ses 20 ans suivre une carrière d'entraîneur de tennis. Tombé dans le textile par accident, le jeune homme commence d'abord par monter un bureau de liaison et de qualité, au début des années 1990, jouant les "go between" entre les donneurs d'ordres européens et les sous traitants marocains.

Se frottant petit à petit au métier, il se découvre des talents de créateur qu'il met d'abord au service de ses clients européens. En 2003, il décide de lancer sa propre marque. Marwa est née. Douze ans plus tard, l'enseigne sur laquelle personne ne pariait au départ dispose de plus de soixante magasins au Maroc mais aussi à l'étranger, en Arabie Saoudite notamment. Un large réseau où sont vendus toutes les semaines près de 40.000 pièces pour un chiffre d'affaires de plus de 100 millions de dirhams.

Une belle réussite dans un pays où les textiliens se sont contentés jusque-là de fabriquer pour les autres, sans jamais oser franchir l'étape du "produit fini". "Avec Marwa, Karim Tazi a montré que le label Maroc peut concurrencer les grandes enseignes internationales tels que Zara, Mango, H&M...", commente un professionnel du secteur.

marwa

Amoud. Le roi du mille feuille

Né à Tafraout le 1er juillet 1954, M'hammed Akdim débarque à Casablanca à l'âge de six ans pour rejoindre son père, alors épicier au marché central. Son père qui va prospérer dans le commerce deviendra plus tard industriel dans le textile et propose bien sûr à son fils de travailler avec lui. Mais le jeune M'hammed veut se lancer à son propre compte, dans la pâtisserie!

Une idée auquel son père ne croit pas trop, ce qui ne l'empêche pas de l'aider à réunir les 400.000 DH de capital de départ qu'il fallait pour lancer sa première boutique: celle d'Emile Zola, au quartier Belvédère. C'était le 20 décembre 1982. L'idée était de proposer une pâtisserie légère à une clientèle marocaine habituée alors aux traditionnels gâteaux au beurre.

La recette du premier jour est maigre: 1.000 dirhams à peine. Rien à voir avec les chiffres que brasse l'enseigne aujourd'hui. Parti d'un seul magasin, Amoud dispose actuellement de huit points de ventes, emploie des centaines de personnes et draine pas moins de 120 millions de chiffres d'affaires.

amoud

Data Plus. Des produits hi-tech qui s’exportent

Mohammed Chakib Riffi avait tout juste 22 ans quand il a lancé DataPlus, une entreprise de distribution de matériel informatique. La petite firme, lancée en 1999 dans un 75 mètres carré au boulevard Abdelmoumen de Casablanca, est aujourd'hui le premier fabricant d'ordinateurs et de tablettes made in Morocco.

Des produits hi-tech conçus dans son usine de Bouskoura, et qui trouvent preneur même hors des frontières du pays: en Tunisie, en Algérie, en Arabie Saoudite, au Mali, au Sénégal ou encore en Côte d'Ivoire. Lancé avec un capital de départ de 100.000 DH, que Mohammed Chakib Riffi a emprunté auprès de son père, l'entreprise vaut aujourd'hui de l'or.

Premier fournisseur de l'Etat en matériel informatique, la firme réalise plus de 80 millions de chiffre d'affaires, et s'apprête à réaliser sa première opération de croissance externe: une implantation industrielle dans une grande capitale d'Afrique de l'Ouest.

data plus

Venezia Ice, le roi de la glace
 

 

Avec 39 enseignes réparties dans 15 villes marocaines, Venezia Ice est sûrement l'une des plus belles success stories made in Morocco. Mais avant d’en arriver là, l’enseigne qui fabrique et distribue des glaces et pâtisseries a fait du chemin. 

 

Son histoire, c’est aussi celle de son PDG, Sghir Bougrine, 63 ans, né au quartier populaire de Derb Soltane à Casablanca.

 

Une fois le bac en poche, le jeune Sghir s’envole à Amterdam pour suivre des études de management. Parallèlement, il travaille dans une multinationale de distribution agro-alimentaire. Un job d’étudiant en quelque sorte, qui lui permet surtout de faire ses premières armes dans le métier.  

 

De retour à Casablanca, il lance le Beverly, un premier café-glacier situé sur le boulevard Moulay Youssef. Le succès est immédiat, et pousse Sghir Bougrine à réfléchir à un business plus ambitieux.  

 

Le premier café-glacier Venezia Ice verra alors le jour à l’été 2000 à Maârif. Le concept ? Un glacier qui fait aussi office de café/resto, le tout dans un cadre branché. L’engouement est tel que l’enseigne décide de construire en 2003 sa propre unité de production.  

Aujourd’hui, le groupe compte aujourd’hui 39 enseignes dans 15 villes marocaines. Mais pour Sghir Bougrine, pas question d’en rester là.

 

Tout récemment, il a réalisé une levée de fonds qui s’inscrit dans un vaste programme d’investissement de plus de 125 millions de dirhams. Objectif : ouvrir 15 nouveaux points de ventes et exporter ses produits. 

venezia ice

 

HPS, leader en systèmes de paiement électronique  

 

Avec un résultat net consolidé de 20,9 millions de dirhams au 1er semestre 2015 et une présence dans 70 pays, HPS est aujourd’hui une véritable multinationale marocaine.  

 

Au commencement, Mohamed Horani, alors directeur général de la Société maghrébine de monétique, décide en 1995 avec deux amis ingénieurs de se lancer dans l’aventure des systèmes de paiement électronique. Mais avec un concept tout à fait original : fournir en une seule solution intégrée ce que les autres opérateurs proposent chacun de son côté.

 

Hightech Payment Systems (HPS) voit alors le jour à Casablanca. Après des débuts difficiles, le pépite prend rapidement son envol et décroche des marchés au Maroc mais aussi à l’étranger, grâce à son produit phare, la "PowerCARD".

 

Aujourd’hui, HPS est présent dans 70 pays et peut se targuer d’être leader en Afrique et au Moyen Orient et acteur reconnu en Europe et Amérique du Sud. Son succès, l’entreprise le doit aussi au volet recherche et développement auquel elle consacre près de 12% de son chiffre d’affaires.  

hps

Koutoubia, un géant de la charcuterie, mais pas seulement

 

A Bouskoura, près de Casablanca, un projet immobilier gigantesque baptisé « Flora city » sort de terre. Son promoteur? La société Koutoubia Littaamir, filiale de l’entreprise du même nom, leader incontesté de la transformation de viande au royaume. Car l’entreprise du Haj Tahar Bimezzagh, 47 ans, n’a pas manqué l’occasion de diversifier ses activités. 

 

Au départ, Tahar Bimezzagh, âgé d’à peine 20 ans, rachète une petite usine de transformation de viande de volaille à Mohammedia.

 

Le natif de Tafraout modernise ses outils de production, certifie ses process industriels et enclenche une vaste opération d’intégration de la chaîne de valeur, avec comme seul mot d'ordre la qualité. 

 

Aujourd’hui, Koutoubia dispose de 40 fermes d’élevages et 7 sites de productions pour l’élevage, l’abattage et la transformation de viandes Halal.

 

Depuis 2009, le groupe est aussi présent dans l’immobilier. Après avoir investi quelque 600 millions de dirhams sur 3 projets à Mohammedia, Koutoubia semble décidé à devenir également un géant de l’immobilier.

koutoubia

Marrakech, géant de l’orange pour qui la vie n’a pas toujours été rose

200 salariés à plein temps, une production de plus de 14 millions de litres de jus par an et un chiffre d’affaires qui dépasse les 110 millions de dirhams. La société Citruma, qui produit le mythique jus d’orange "Marrakech", est aujourd’hui l’un des principaux producteurs de jus et nectars au Maroc. Mais tout n’a pas toujours été rose pour cet empire de l’orange implanté à Kenitra. Après une traversée du désert liée à des problèmes financiers, l’entreprise fondée en 1974 qui s’appelait au départ Frumat met la clé sous la porte en 2004. Deux ans plus tard, trois acteurs majeurs de l’agroalimentaire, dont le groupe Delassus, décident de racheter l’usine.

Les partenaires épongent les dettes -sauvant par la même occasion une cinquantaine d’emplois- et remettent la machine à flot sous le nom de Citruma. La suite ? La nouvelle entité réalise dès 2007 un chiffre d’affaires de plus de 25 millions de dirhams et dépasse trois ans plus tard les 110 millions de dirhams, grâce au savoir-faire des nouveaux partenaires et à une stratégie marketing parfaitement huilée. Surtout, le fameux jus Marrakech retrouve des couleurs et réinvestit les rayons des supermarchés marocains mais aussi à l’étranger. En 2014, l'entreprise bénéficie d'un prêt de 3,6 millions d’euros accordé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

Objectif ? "Doubler le chiffre d’affaires dans un délai de deux ans", avait alors expliqué Bodil Chérif, directeur général de Citruma au portail Usine nouvelle. Un chantier qui est passé par "la modernisation de l’outil industriel, l’acquisition de nouvelles machines et lignes de conditionnement et le renforcements du fonds de roulement". Pour autant, l’entreprise ne s’est pas reposée sur ses lauriers. Car face à une concurrence de plus en plus rude, elle a revu sa gamme de produits et lancé de nouvelles saveurs. Les bouteilles en verre, où le jus Marrakech a été commercialisé depuis son lancement, ont cédé la place à des briques d’un litre ou en format individuel avec un packaging qui s’inscrit dans l’ère du temps. Prochaine étape? Cibler davantage les marchés extérieurs où la marque réalise 25% de son chiffre d’affaires. La France et le continent africain figurent parmi notamment les priorités de Citruma.

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Aïcha, le fruit de la passion

Qui se ne rappelle pas de cette fillette qui longe les vergers afin de s’approvisionner en fruits frais? Aïcha, icône de notre enfance, a marqué les esprits avec son personnage emblématique dessiné par Uderzo, l’un des dessinateurs d’Astérix. Mais derrière le dessin se cache un parcours couronné de succès, notamment après le rachat en 1962 par la famille Devico des Conserves de Meknès et de la petite usine Aïcha, née trente ans plus tôt.

Si la totalité de la production était destinée à l’export, en Europe et en Amérique, les Devico ont souhaité s’adresser davantage au marché local et enrichir la gamme de produits. Chose promise, chose due. Aujourd’hui, la marque emploie 800 personnes et peut se targuer d’être leader sur le marché national du concentré de tomates avec plus de 60% des parts de marché.

Le panel de ses produits ne cesse de s’enrichir (différentes sauces et variété d’huiles, 16 saveurs de confitures…) et a généré un chiffre d’affaires de 500 millions de dirhams en 2013. Mais la famille Devico ne compte pas pour autant se reposer sur ses lauriers. En octobre 2014, à l'occasion de la publication d’un livre qui retrace la success story de l’entreprise, Mardochée Devico, le PDG des Conserves de Meknès, a annoncé la finalisation d’un projet de 100 millions de dirhams pour une unité de traitement écologique de l’huile d’olive.

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Kitea, le cousin marocain d’Ikea

Depuis l’ouverture de son premier magasin à Casablanca en 1993, le géant marocain du meuble en kit a fait un sacré chemin. Kitea, première entreprise marocaine déclinée en franchise, compte désormais pas moins de 18 magasins distribués dans plusieurs villes du royaume, et six centres commerciaux Kitea Géant, généralement installés en périphérie des grandes villes.

En 2013, Kitea est la cinquième entreprise spécialisée dans le bois et l’ameublement avec un chiffre d’affaires avoisinant les 475 millions de dirhams.

Son secret? Un business modèle que le géant marocain du meuble en kit s’affaire à peaufiner depuis 20 ans en instaurant un savant équilibre entre ses fournisseurs locaux et ceux issus de différents pays. 35% des produits sont en provenance du Maroc, notamment les tissus, les salons, le linge de maison et les lits. 25% de la marchandise est importée d’Asie, où Kitea s’approvisionne en verre, en métal et en bois massif. Les 40% restants proviennent d’Europe et sont essentiellement constitués de panneaux-particules.

Pour fêter ses 20 ans d’existence, en 2013, la marque a annoncé son désir de se lancer à l’international, en s’assurant notamment une présence sur les marchés de l’Afrique subsaharienne. Le premier magasin hors-Maroc a été inauguré la même année en République démocratique du Congo.

Pour appuyer davantage son succès, à la veille de l’ouverture du premier showroom du géant suédois Ikea, la marque marocaine ne lésine pas sur les moyens. 25 millions de dirhams sont dédiés au marketing chaque année et pas moins de 200.000 copies de son catalogue sont imprimées.

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Maroc Taswiq, le terroir à portée de main

En 2012, Maroc Taswiq comptait à peine 20 coopératives, de seulement 3 régions, et seulement 37 références-produits, confiait Najib Mikou, directeur de l’établissement, en août dernier. En trois ans, le distributeur de produits du terroir marocain a avancé à pas de géant.

Plus de 4.000 références locales sont répertoriées dans ses magasins issus de seize régions du Maroc et cultivées dans 1.000 coopératives. Impossible de ne pas y trouver son bonheur: huiles d’olive et d’argan, produits de beauté bio ou encore amandes et dattes sont produits par l'entreprise, initiative de l’Etat gérée par l’Office de commercialisation et d’exportation (OCE).

Son ambition? Permettre aux agriculteurs d’être les premiers bénéficiaires de ce qu’ils produisent. Pour ce faire, la chaîne de magasins ne se contente pas de distribuer leurs produits, mais contribue aussi à l’encadrement technique des agriculteurs, à la diversification des produits proposés et à faire certifier la production pour en faciliter l’export à l’international.

Maroc Taswiq assure aussi les activités de transit au Maroc et ailleurs, et dispose d’infrastructures dédiées à la conservation des produits. A Casablanca, Agadir et Berkane, trois entrepôts frigorifiques d’une capacité de 12.000, 12.500 et 8.000 tonnes permettent ainsi de maintenir les produits dans un bon état. A Sidi Slimane et à Beni Mellal, deux stations de conditionnement d’agrumes sont implantées et des centres de collecte et de valorisation existent à Fès, Meknès, Safi, Guelmim et Marrakech.

Conscient de l’intérêt du e-commerce, Maroc Taswiq ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Pas moins de trois portails ont été lancés: un premier pour les consommateurs marocains, et deux destinés à la clientèle étrangère, cosmethicmaroc.com et authenticmaroc.com, qui livrent dans pas moins de 220 pays. Selon le directeur, des partenariats avec les géants Alibaba et eBay seraient en cours de signature.

Les partenaires épongent les dettes -sauvant par la même occasion une cinquantaine d’emplois- et remettent la machine à flot sous le nom de Citruma. La suite ? La nouvelle entité réalise dès 2007 un chiffre d’affaires de plus de 25 millions de dirhams et dépasse trois ans plus tard les 110 millions de dirhams, grâce au savoir-faire des nouveaux partenaires et à une stratégie marketing parfaitement huilée. Surtout, le fameux jus Marrakech retrouve des couleurs et réinvestit les rayons des supermarchés marocains mais aussi à l’étranger. En 2014, l'entreprise bénéficie d'un prêt de 3,6 millions d’euros accordé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

Objectif ? "Doubler le chiffre d’affaires dans un délai de deux ans", avait alors expliqué Bodil Chérif, directeur général de Citruma au portail Usine nouvelle. Un chantier qui est passé par "la modernisation de l’outil industriel, l’acquisition de nouvelles machines et lignes de conditionnement et le renforcements du fonds de roulement". Pour autant, l’entreprise ne s’est pas reposée sur ses lauriers. Car face à une concurrence de plus en plus rude, elle a revu sa gamme de produits et lancé de nouvelles saveurs. Les bouteilles en verre, où le jus Marrakech a été commercialisé depuis son lancement, ont cédé la place à des briques d’un litre ou en format individuel avec un packaging qui s’inscrit dans l’ère du temps. Prochaine étape? Cibler davantage les marchés extérieurs où la marque réalise 25% de son chiffre d’affaires. La France et le continent africain figurent parmi notamment les priorités de Citruma.

maroc taswiq

Mobilia, ou comment prendre sa revanche sur Ikea

Mohamed Soulaimani Idrissi ne s’attendait peut être pas à un tel engouement quand il a lancé son entreprise de meubles il y a de cela 17 ans. Tout commence en 1997 lorsque le jeune entrepreneur, âgé d’à peine 22 ans, demande un contrat de franchise à Ikea. Mais le géant suédois refuse et lui notifie poliment que sa "candidature est intéressante", mais que "malheureusement, le marché marocain n’est pas retenu comme une priorité par notre groupe, actuellement. Refaites-nous une proposition dans 5 ou 6 ans".

Un autre aurait jeté l’éponge : Mohamed Soulaimani Idrissi s’accroche et lance un an plus tard sa propre marque avec une gamme de 1500 articles. Mobilia est alors née et connaît un succès fulgurant. Son premier magasin, ouvert au quartier Bourgogne à Casablanca est en rupture de stock, quelques semaines à peine après son ouverture. Dix mois plus tard, des demandes de franchises arrivent de Meknès, Fès et Tanger. Aujourd’hui, la marque compte 25 magasins et huit revendeurs agréés assurant sa présence dans 16 villes du royaume. Chiffre d’affaires en 2013 ? Plus de 240 millions de dirhams. Misant sur un catalogue de plus de 5.000 références, Mobilia a ouvert trois boutiques en Algérie ainsi qu’un premier mégastore à Casablanca d’une superficie de 5.000m2.

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Benson Shoes, les chaussures de luxe made in Morocco

Rien ne prédestinait Abdelaziz Benamour à se lancer dans la fabrication et la vente des chaussures de luxe lorsqu’il crée les Etablissements Idéal, en 1963, une société qui fabrique des chaussures militaires. L’entrepreneur, qui comptait comme (unique) client les Forces armées royales, était en effet à la tête d’un business qui tourne. Mais en 1991, son fils juge risqué de ne compter qu’un seul client et le convainc d’enrichir son catalogue. Ce sera chose faite pour Benamour père qui commence à fabriquer des chaussures de sécurité. Huit ans plus tard, l’entrepreneur poursuit la diversification de ses activités et investit le marché des chaussures grand public en ouvrant un premier magasin au Twin Center à Casablanca. Un nom est trouvé dans la foulée. Ce sera Benson, contraction du "Ben" de Benomar et de "son", clin d’œil dans la langue de Shakespeare à son fils.

Benson Shoes se positionne sur le créneau luxe et vante la qualité de fabrication de ses chaussures vendues entre 1.000 et 2.000 dirhams, sans pour autant investir massivement dans de grandes opérations publicitaires. Le budget réservé à la communication ne dépasse pas les 2% du chiffre d’affaires de l’entreprise, qui mise davantage sur le bouche-à-oreille. Mais les clients marocains ne sont pas les seuls à être séduits par les produits de la marque. A l’export, Benson Shoes réalise les deux tiers de son chiffre d’affaires. L’Allemagne est son premier client, viennent ensuite la France, la Belgique (où la marque dispose de trois magasins), ainsi que les Etats-Unis. L’Afrique n’est pas en reste puisque deux magasins sont ouverts en Côte d’Ivoire et un au Congo-Brazzaville.

Pour ses différentes implantations au Maroc (Rabat et Marrakech) et ailleurs, la marque de chaussures de luxe mise sur un système de franchises puisqu’elle ne dispose que d’un seul magasin en propre, implanté à Casablanca. Outre les classiques boots, derbys, oxfords et speakers, la marque s’est lancée il y a quelques années dans les chaussures de sport de luxe pour séduire un public plus jeune.

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Diamantine - Le beldi sur la route de la soie

Confectionner en usine des djellabas et des caftans, ces hauts symboles de la couture marocaine, c’est le pari fou qu’a pourtant réussi la marque Diamantine, lancée 2001 sous le nom de Châles et foulards.

Au commencement, la holding familiale SoftGroup, l’un des premiers groupes textiles du Maroc qui opère aussi dans l’immobilier, se lance dans l’aventure du "beldi" en profitant de son savoir-faire acquis depuis bientôt un siècle dans le textile et de ses (gros) moyens de production.

Diamantine importe alors sa soie de Chine avant de la confectionner dans son usine de Aïn Sebaa, et ouvre une première boutique pour exposer ses fringues traditionnelles "Made in morocco" revisitées.

Le succès ne se fait pas attendre, ce qui pousse cette filiale du groupe détenu par la famille Kabbaj à multiplier les points de vente. Résultat: une cinquantaine de boutiques au Maroc dont 18 à Casablanca, une vitrine en ligne et une présence à l’international avec une dizaine de magasins inaugurés en Algérie et plusieurs distributeurs dans le reste du Maghreb et du Moyen-Orient.

En tout, la marque "tradi-chic" vend près de 100.000 châles et foulards par an et quelque 120.000 pièces d’habillement, pour un chiffre d’affaires estimé entre 16 et 20 millions de dirhams.

Son secret? Des prix abordables et une grande réactivité face aux tendances puisque chaque année, deux collections voient le jour, dont chacune propose près de 500 modèles, entre châles, foulards, accessoires et tenues traditionnelles.

Pour pérenniser le succès, l’enseigne a dépensé en 2010 près d’un million et demi de dirhams en communication. Trois ans plus tard, elle a lancé sa marque haut de gamme Diamantine Premium, qui propose des tenues destinées à une clientèle huppée et à l’export.

diamantine

Hit Radio - Fréquence Michael Jackson

Premier réseau radiophonique privé du Maroc et une présence dans une dizaine de pays du continent, Hit Radio a réussi en moins de dix ans à marquer le paysage radiophonique africain. Son histoire, c’est aussi celle de son fondateur, Younes Boumehdi, 45 ans et pas une ride.

Nous sommes en 1993, le jeune rbati, fraîchement diplômé en marketing et communication à l’European Business School de Paris, présente son premier projet de radio. Le rêve d'un gamin né d’un père général et d’une mère…baronne.

Mais, faute de licence, Younes Boumehdi s'oriente vers un tout autre métier: il importe au Maroc des produits estampillés Michael Jackson tout en gérant un labo d’analyses. Vaste programme.

En 2006, il revient à la charge et obtient finalement le précieux sésame pour la création de Hit Radio. Le concept? Une station musicale à destination d’un public jeune, créneau jusqu’alors jamais exploité par les radios marocaines.

Le succès est immédiat et la radio "100% Hits" parvient dès lors à se hisser parmi les six radios les plus écoutées au Maroc, avec plus d’un million et demi d’auditeurs par jour, selon les différents résultats de vague d'audience.

C’est aussi la première station musicale du pays - la musique, notamment marocaine, représente 85% de sa programmation générale - et dispose du premier réseau de fréquences autorisées (100). Surtout, elle est soutenue par des programmes phares comme celui de Doc Samad, une "émission qui écoute les jeunes", et le morning désormais emblématique animé par Momo.

Hit Radio, c’est également la seule station marocaine présente dans 13 pays étrangers (10 en Afrique, le reste en Europe). Ses principales cibles hors de nos frontières? Les pays subsahariens francophones où les programmes de la station peuvent contribuer à "l’expansion de notre culture à l’international".

hit radio

Oliveri - Briser la glace

"Au cœur du succès Oliveri, un secret de famille bien gardé", s'enorgueillit le maître glacier marocain sur son site Internet. Il faut dire que depuis sa création il y a près de 60 ans, Oliveri est parvenu à concurrencer (détrôner ?) les meilleurs artisans glaciers italiens sur le territoire marocain grâce à ses glaces artisanales produites à l’ancienne…

L’aventure commence en 1972, lorsque Abderrafih El Amrani, qui rêvait depuis sa plus tendre enfance de fabriquer des glaces, rachète au Sicilien Oliveri son café-glacier ouvert depuis une vingtaine d’année sur l’avenue Hassan II à Casablanca. El Amrani, qui gère en parallèle des sociétés familiales opérant dans le textile et le bâtiment, développe son savoir-faire et la notoriété de la marque "dans le respect de la tradition".

Oliveri devient alors une adresse incontournable pour les amateurs de glaces et de sorbets. En 2003, pour célébrer les cinquante ans de la marque, Abderrafih El Amrani, entouré désormais de ses deux fils, inaugure un deuxième local plus spacieux au quartier Maarif à Casablanca. L’occasion aussi de peaufiner le menu, longtemps resté classique, et d’améliorer l’identité visuelle de l’enseigne.

Cet investissement de 6 millions de dirhams n’est que le premier d’une longue série de cafés-glaciers parsemés dans le royaume. Aujourd’hui, elle en compte huit, dont la moitié dans la métropole économique, le reste à Mohammedia, Rabat, Marrakech et Agadir.

Afin d’approvisionner les différents points de vente, la famille Amrani a renforcé son unité de production artisanale.

En 2015, El Amrani ferme la porte aux demandes de franchises, ouvertes cinq and plus tôt, pour préserver le caractère artisanal de son projet, basé sur méthode plus longue à la production.

Il n'empêche que pour attirer autant de clients été comme l’hiver, la marque n'hésite pas à adapter ses menus selon les saisons. Un moyen de se renouveler en continu "dans le respect de la tradition".

oliveri

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