ALGÉRIE
14/03/2016 12h:36 CET | Actualisé 14/03/2016 12h:37 CET

Textile : la production locale couvre seulement 4% de la demande

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L’état des lieux et les perspectives d’évolution du secteur du textile ont été dressés aujourd’hui au cours d’une conférence de presse à l’occasion du lancement " des journées du textile " à Alger.

L’objectif de ces journées d’étude sur le textile qui s’étaleront jusqu’au 24 mars, est de rassembler tous les opérateurs du textile autour d’un programme de conférences, ateliers et expositions pour tracer une feuille de route à même de relancer le secteur.

Dans son allocution à l’ouverture des travaux de cette journée le ministre de l’énergie et des mines Abdeslam Bouchouareb, a indiqué que la production de chaussures et de prêt à porter couvre seulement 4% des besoins estimés à 400 milliards de dollars, les 96% restant sont comblés par l’importation.

Des chiffres qui indiquent clairement la faiblesse de la filière du textile dont la contribution au PIB représente moins de 0.15%.

Un secteur qui présente néanmoins des potentialités énormes qu’il faut exploiter pour relancer cette filière, précise le ministre. "La relance du secteur du textile se fera en commençant par la reconquête du marché local qui exprime une demande globale autour de 4 milliards de dollars américains. A cela s’ajoute la dynamique démographique entre 800.000 et un million de naissances par an et donc un premier gisement de 40 millions de consommateurs représentant un potentiel d’import-substitution pour l’ensemble de la filière textile ".

Il ajoute que les partenariats public-privé représentent un réel levier de croissance pour le secteur. Le ministre de l’industrie cite l’expérience du complexe textile de Relizane dont la première production commence fin 2016.

Cet investissement à la faveur d’un accord entre l’entreprise nationale de confection et habillement (CH) et le groupe privé turque " Taypa " prévoit la création de huit unités industrielle de tissage, un centre d’affaires, une école de formation au métier du textile et un pôle foncier résidentiel pour le personnel.

60 % de sa production sera dédié à l’exportation.

Aussi, l’initiation aux métiers du textile par le biais de la formation, constitue une des directives à prendre en charge en priorité. Le ministre de la formation et de l’enseignement supérieur, Mohamed Mebarki a expliqué dans ce contexte que son secteur recèle plus de 1240 centre de formation.

Pour la rentrée 2015, sur 30.000 candidats 10.000 demandeurs s’orientent vers la filière du textile. Il estime qu’il y a une réelle volonté de la part des jeunes à aller vers les métiers du textile, selon les chiffres de l’ANEM les demandeurs d’emplois insérés par cette instance dans le secteur du textile représentent 2055 placements en 2015 précise-t-il.

Pour sa part le président du groupe textile et cuirs, Amar Takjout relève les difficultés que rencontrent les opérateurs du secteur du textile. Il cite le déséquilibre fiscal entre l’importation de la matière première et l’importation du produit fini "je prends à titre d’exemple un producteurs locale qui importe de la matière première qui est le tissus pour la confection de chemise.

Ce dernier est soumis à des taxes qui sont supérieurs à celles imposés à un importateur de chemise. Non seulement que le producteur paie des taxes plus élevés mais il doit aussi faire face à la concurrence d’un produit importé” en quantité. ”Cette incohérence dans le système décourage les producteurs locaux”, souligne, Amar Takjout.

En matière de perspective de développement du secteur du textile Amar Takjout estime qu’il faut avant tout réorganiser le secteur. "Nous ne pouvons pas encourager les industriels à nouer des partenariats si ces derniers ne se connaissent pas”. Il ajoute “nous n’avons aucune visibilité sur le nombre d’entreprises de textile à travers le pays, une fois qu’un recensement des entreprises du secteur sera fait, on pourra réunir ces acteurs dans une fédération nationale ou une union professionnelle afin d’identifier les contraintes et mettre en place des mesures pour y remédier”.

À la fin de cette conférence le ministre de l’industrie et des mines a annoncé la signature prochaine d’accords de partenariat dans le secteur du textile. Ces accords seront conclus avant juin prochain, entre des opérateurs publics et privés nationaux précise-t-il.

Le programme "des journées du textile" s’inscrit dans le cadre de la relance du secteur du textile. Pendant une semaine des forums, exposition, défilé et atelier seront organisés afin de permettre aux différents acteurs du secteur du textile public et privé de se rencontrer et d’échanger autour de l’éventuel relance du secteur.

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