MAROC
14/03/2016 07h:07 CET | Actualisé 14/03/2016 07h:45 CET

Les enjeux de la visite de Mohammed VI en Russie

DIPLOMATIE - Mohammed VI est arrivé à Moscou dimanche 13 mars dans le cadre de sa deuxième visite officielle en Russie. Il devrait rencontrer le président russe le mardi 15 mars. Le roi s'était rendu en Russie en 2002, avant d'accueillir Poutine au Maroc en 2006.

بالصور، وصول صاحب الجلالة الملك محمد السادس هذا المساء إلى موسكو في إطار زيارة رسمية إلى روسيا الاتحادية

Posted by 2M.ma on Sunday, March 13, 2016

Cette visite intervient dans un contexte particulier, où les deux pays souhaitent consolider leur partenariat sur plusieurs volets. Accompagné d'une délégation importante incluant des responsables dans plusieurs secteurs. Mohammed VI est accompagné, entre autres, de ses conseillers Taieb Fassi Fihri et Fouad Ali El Himma, Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Mustapha Ramid, ministre de la Justice et des libertés, Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des affaires islamiques, Mohamed Boussaid, ministre de l'Economie et des finances, Aziz Akhannouch, ministre de l'Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Rebbah, ministre de l'Equipement, du transport et de la logistique, Abdelkader Amara, ministre de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement.

La délégation officielle comprend également le ministre délégué auprès du premier ministre, chargé de l'Administration de la défense nationale, Abdelatif Loudiyi, le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Nasser Bourita, la ministre déléguée auprès du ministre de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement, chargée de l'environnement, Hakima El Haite, le directeur général de l'Office national marocain du tourisme, Abderrafie Zouiten, l'ambassadeur du roi à Moscou, Abdelkader Lachheb, et le président de la Fondation nationale des musées, Mehdi Qotbi.

Une lutte commune contre le terrorisme

Alors que la visite de Mohammed VI à Moscou intervient dans un contexte marqué par le terrorisme dans la région du Maghreb et du Moyen-Orient, il sera certainement question de joindre les efforts des deux pays en matière de lutte antiterroriste. Le quotidien russe Kommersant souligne d'ailleurs que les deux pays se démarquent par leur "engagement commun" contre le terrorisme et l'extrémisme violent en faisant observer qu'ils ont des arguments de poids à faire prévaloir dans ce domaine, entre autres, des capacités de grande envergure dans la neutralisation des actes et complots terroristes, ainsi que l'approche mise en œuvre au Maroc en matière notamment de formation des imams et de propagation d'un discours de juste milieu et de tolérance.

Depuis 2015, le Maroc s'était distingué dans la lutte antiterroriste à l'international, notamment en mettant à disposition de la France des informations précieuses ayant permis de localiser certains instigateurs des attentats du 13 novembre, mais aussi grâce à une coopération continue avec plusieurs pays européens, dont la Belgique et l'Allemagne. Le royaume a également démantelé des dizaines de cellules actives au sein de son territoire, évitant ainsi plusieurs attentats de justesse.

La Russie, un allié pour développer les provinces du sud?

A l'heure où le Maroc dénonce fermement les propos du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon sur le Sahara, il s'active à mettre en place son "nouveau modèle de développement des provinces du sud", qui nécessitera quelque 77 milliards de dirhams pour la mise en place de projets structurants. "Tout dernièrement, les gouvernements des deux pays ont procédé à la conclusion d'un accord de pêche, qui bénéficie notamment à l'essor et au développement socio-économique dans les provinces du sud", souligne le quotidien russe, qui relève la volonté du Maroc de "réduire les disparités entre les différentes régions du royaume et de faciliter l'accès aux services sociaux".

Dans ce sens, Moscou reste un allié sûr de Rabat. Les relations commerciales entre les deux pays sont en constante évolution. Suite à la signature d'un accord de libre-échange il y a quinze ans, les échanges commerciaux sont passés de 200 millions de dollars en 2011 à 2,5 milliards de dollars en 2015. Un chiffre que les deux pays souhaitent augmenter davantage, afin de le mettre au service du développement des différentes régions du Maroc, notamment celles du sud.

Sur le front de l'agriculture particulièrement, la Russie représente un marché important pour le Maroc, en absorbant près de la moitié des agrumes marocaines destinées à l'export.

Un marché prometteur pour le tourisme marocain

Suite à la chute du nombre de touristes provenant de la France et de l'Espagne vers le Maroc, ce dernier a décidé de sortir de sa zone de confort afin de séduire de nouvelles destinations.

C'est dans ce sens que le royaume ambitionne de séduire 800.000 touristes russes en 2020. La présence de Abderrafie Zouiten au sein de la délégation officielle laisse présager la signature de partenariats dans ce sens. En février, l'Office national marocain du tourisme avait invité un groupe de journalistes russes pour une visite touristique dans les principales villes du royaume. Un événement qui faisait suite à plusieurs opérations de communication à destination de la Russie afin de promouvoir les atouts touristiques du royaume.

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