MAROC
12/03/2016 06h:15 CET | Actualisé 12/03/2016 11h:04 CET

Mohammad Al-Razi, le "docteur Mamour" des temps anciens

Mohammad Al-Razi prodigue des soins à un enfant.
DR
Mohammad Al-Razi prodigue des soins à un enfant.

HISTOIRE – Il compte parmi les pionniers de la médecine expérimentale. La médecine préventive lui doit aussi beaucoup. Car l’Iranien Mohammad Al-Razi compte plusieurs cordes à son arc. Né en 865 près de Téhéran, ce savant multidisciplinaire, à la fois médecin, alchimiste et philosophe, se tourne d’abord vers les mathématiques et l’astronomie.

Ce n’est qu’à l’âge de trente ans qu’il entame une formation de médecine à Ray, sa ville natale. Sa culture persane ne l’empêche pas de lire et écrire en arabe. Les ouvrages de son confrère Ali ibn Rabban al-Tabari, médecin et précurseur de la sociologie et de la psychologie, nourrissent notamment ses réflexions.

Un intérêt croissant pour la psychologie

Contrairement aux pratiques utilisées à l’époque qui négligent la médecine préventive, Al-Razi préfère s’appuyer sur l’analyse des symptômes et accorde une importance sans précédent à la psychologie de ses patients dans leur processus de guérison. Réputé pour sa gentillesse et son grand humanisme, ce "docteur Mamour" des temps anciens a compris bien avant d’autres qu’un moral au beau fixe est une bataille à moitié gagnée contre la maladie.

C’est donc tout naturellement qu’il consacre l’un des tout premiers traités de psychologie et de psychiatrie. L’hôpital qu’il dirige à Bagdad est par ailleurs le premier à posséder une unité spécialement destinée aux malades mentaux.

N’ayant de cesse de revendiquer les vertus de la médecine préventive, le savant se fait également l'auteur du premier traité médical à l'usage des non-médecins fondé sur sept principes, censés assurer la préservation de la santé.

L’introduction de pratiques nouvelles

Après une série de voyages effectués en Orient (Syrie, Irak, Egypte), Al-Razi se voit confier la gestion de l’hôpital de Ray. Il y introduit des pratiques radicalement nouvelles dans le soin des patients et la formation des médecins. Il décline ainsi la médecine en trois volets: la santé publique, la médecine préventive et le traitement des maladies spécifiques.

Dans le sillage de cette révolution médicale, il organise des consultations externes, promeut les soins à domicile et ouvre l’hôpital et l’accès aux soins aux démunis, et plus seulement aux couches aisées.

Si Al-Razi est un médecin reconnu, en particulier auprès des princes et des souverains, il n’en demeure pas moins un lecteur assidu et un écrivain prolifique. Il décède en 925 à Ray. L’Iran n’a pas oublié l’héritage considérable qu’a légué ce fin connaisseur de la médecine. Son nom est aujourd'hui commémoré avec l'Institut Razi, près de Téhéran. Son anniversaire, quant à lui, est célébré tous les 27 août lors de la Journée de la pharmacie.

LIRE AUSSI:

Galerie photo Dix femmes qui ont marqué le monde musulman Voyez les images