11/03/2016 07h:07 CET | Actualisé 11/03/2016 07h:07 CET

Quand la Banque africaine de développement finance des projets marocains

FINANCEMENTS – C’est un appui de taille dont la société Nador West Med a grandement besoin. La Banque africaine de développement (BAD) vient en effet d’injecter 112.86 millions d’euros au futur port marocain de transbordement pétrolier, selon un communiqué de la BAD. Il sera érigé à une trentaine de kilomètres à l’ouest de la ville de Nador, et devrait s’illustrer comme le plus grand port d’Afrique.

Le ministère de l’Economie et la BAD ont procédé, mercredi 9 mars à Rabat, à la signature d’un accord de prêt. Il participera au financement de la construction des infrastructures, à l’issue de laquelle devrait émerger la première phase du complexe portuaire.

Ce dernier s’étalera sur une zone franche de 1.500 hectares environ, couplée à une zone extra-portuaire de 2.500 hectares. A terme, le projet doit progressivement voir le jour à l’horizon 2021.

3 milliards de dollars pour le complexe Noor

Le 4 février dernier, le roi Mohammed VI inaugurait la centrale solaire Noor I, premier volet de ce qui sera la plus grande centrale solaire thermodynamique du monde.

L’Agence marocaine pour l’énergie solaire (AMES), dédiée à la réalisation des ambitions nationales en la matière, a réussi à sécuriser les 3 milliards de dollars nécessaires pour la construction de ce complexe grâce à la BAD.

Un projet qui s’inscrit dans la mise en œuvre du ''New deal pour l’énergie en Afrique''. Un partenariat initié par le président de l'institution bancaire africaine, le Nigérian Akinwumi Adesina, pour ''permettre à tous les Africains de disposer d’un accès universel à l’électricité'' d’ici 2025.

112.5 millions de dollars pour la compétitivité de l’économie marocaine.

Le 8 juillet 2015, le Conseil d’administration de la BAD a approuvé à Abidjan un prêt de 112.5 millions de dollars afin de soutenir le programme d’appui à la compétitivité de l’économie marocaine (PACEM).

Le Maroc amorce (…) un tournant important dans le processus de transformation de son économie. Le programme viendra soutenir des réformes visant à améliorer l’efficacité de l’investissement public et privé, afin de maximiser son effet sur la croissance, la transformation de l’économie et la création d’emplois, indiquait la BAD dans un communiqué.

Le PACEM aidera notamment à ''amoindrir les contraintes qui freinent l’investissement au Maroc, telles qu’identifiées dans le Diagnostic de croissance, une étude menée conjointement par la Banque et le gouvernement marocain publiée début 2015''.

Il s’agit par ailleurs d’''encourager la mise en œuvre des réformes destinées à supprimer les contraintes qui pèsent sur l’investissement privé'' (…) et ''améliorer l’efficacité de l’investissement public, et ce grâce à une meilleure gouvernance des entreprises et des établissements publics''.

Le Maroc, premier pays bénéficiaire de la BAD

Le Maroc reste sans conteste le premier pays bénéficiaire des financements de la Banque africaine de développement. Entre 1967 et 2014, cette dernière a approuvé plus de 7.18 milliards d’unités de comptes (soit plus de 10 milliards de dollars) en faveur du royaume, d’après les responsables de l’institution, relayés par Le Matin.

Sur le front des encours des prêts, le Maroc figure là encore en tête de liste à la fin 2014, avec plus de 2.64 milliards d’unités de comptes (UC), sur un total d’encours de la banque de plus de 21,65 milliards UC.

L’Afrique du Sud se taille la deuxième place avec plus de 2.15 milliards UC, devançant la Tunisie (1.83 milliard UC) et l’Égypte (1.38 milliard UC).

Fin 2014, l’institution avait salué la performance globale de son portefeuille au Maroc, qui ''demeure dans l’ensemble satisfaisante avec une note globale moyenne de 2.53 sur 3. Cette note est stable depuis 2012''.

En tout, le programme de prêts de la BAD au profit du pays pour la période 2015-2016 prévoit 1.85 milliard de dollars de financement potentiel, dont plus de 930 millions de dollars en 2015.