ALGÉRIE
10/03/2016 02h:48 CET | Actualisé 10/03/2016 03h:11 CET

Au CHU de Sétif, les médecins-résidents en colère après le tragique décès de deux collègues et un ambulancier

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La peine et la colère à Sétif

Au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Saâdna Abdennour de Sétif, l'émotion et la colère restent vives après le décès, mardi, dans un accident à Larbaatache (Boumerdes) de deux médecins internes, Nabil Chérifi et Hafidha Sellami et de Réda Boudjelida chauffeur de l'ambulance.

L'équipe du service de pédiatrie effectuait une évacuation vers Alger d'un nourrisson au fin de lui faire, selon des affirmations de collègues sur Facebook, une échocardiographie.

A Sétif, mais aussi dans d'autres établissements du pays, l'affaire provoque une grande émotion et aussi une forte indignation des médecins-résidents qui ne sont pas censés effectuer ce genre de mission. Au CHU Saâdna-Mohamed Abdennour, la cérémonie de recueillement organisée mercredi en hommage aux deux collègues et au chauffeur de l'ambulance s’est doublée d’une vive protestation.

À la fois atterrés par la terrible nouvelle et déçus...Malgré l'extrême lassitude des internes, malgré nos écoeurements...

Posté par Lydia Boukerma sur mardi 8 mars 2016

Les médecins-internes, rappellent de nombreux collègues, ne sont pas, au regard de la règlementation, censés procéder à ces évacuations mais se retrouvent contraints de le faire, sur pression des chefs de service ou par l'effet de l'urgence à aider les malades. Mais ce sont des situations anormales où ils ne sont pas couverts par le droit.

Selon la règlementation en vigueur ne sont habilités à procéder des évacuations de malades que le "praticien médecin spécialiste, d'infirmier diplômé d'Etat, d'auxiliaire médical en anesthésie réanimation, d'infirmier breveté, d'aide-soignant et de titulaires du certificat de capacité d'ambulancier ou de brancardier".

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Plus de 300 km pour faire un échoceur, s'indigne un résident... Ils sont morts pour rien, juste à cause de l'arbitraire et de la peur de la sanction du chef

Une cellule de crise a été mise en place au CHU de Sétif, elle est présidée par le directeur de l'hôpital, Nourredine Belkadi qui, indique le journal El Khabar, a refusé de s'exprimer. Mais les médecins-résidents en colère soulignent la dégradation des conditions de travail qui contraint à procéder des évacuations pour des actes médicaux qu'il "est facile de faire sur place".

Les médecins-résidents du CHU ont organisé un rassemblement de protestation car ils considèrent que leurs collègues ont été affectés à une "mission non légale" et que leur mission ne devait en aucun cas les amener à quitter l'hôpital.

"Le laisser-aller et la dégradation de la situation" les contraignent à accomplir des missions qui sortent de leurs compétences comme accompagner les malades vers d'autres structures.

Le CHU de Sétif est "devenu une structure sans âme. Pas de médecins-spécialistes dans certains spécialités, par de scanners, ni d'IRM". S'il y avait des médecins spécialistes et des équipements qui marchent, il n'y aurait pas besoin d'évacuer les malades hors de l'hôpital"ont-ils souligné.

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