TUNISIE
10/03/2016 13h:41 CET | Actualisé 12/03/2016 01h:52 CET

La 4G arrive en Tunisie: à quels changements s'attendre?

One of the free goodies from 2010 Google IO Conference
closari/Flickr
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4G - Le 10 mars, l'opérateur Ooredoo a lancé, à titre expérimental, la 4G à Hammamet, Tunis et Sousse, après un mois de test quasi-confidentiel. Le réseau 4G est testé auprès des clients Ooredoo équipés, avant d'être intégré dans l'offre commerciale de l'opérateur "d'ici quelques semaines", après la réalisation de "quelques formalités administratives", espère Hatem Mestiri, Chief Technology Officer d'Ooredoo Tunisie.

La plateforme technique d'Ooredoo a même accusé une surcharge en fin de matinée, a pu constater le HuffPost Tunisie dans une agence de l'opérateur.

Tunisie Telecom et Orange préparent également leurs offres, qui doivent sortir dans quelques semaines aussi.

Un débit plus rapide, en théorie

En principe, la technologie 4G offre un débit Internet plus rapide. Dans les faits, c'est plus compliqué: "Dans un premier temps on atteindra un débit théorique de 225 Mégabits par seconde (Mbps), puis de 450 Mbps, pour finalement monter jusqu'à 1 Gbps", détaille H. Mestiri. Un débit théorique à comprendre comme celui qu'on reçoit en étant juste à côté de l'antenne, et sans aucun autre terminal de connecté.

Dans les faits, les différents opérateurs sont tenus de respecter le débit moyen de 10 Mbps. A titre de comparaison, des tests de débit en 3G peuvent plafonner à 5 Mbps.

Certains "mobinautes" ont profité de cette première journée de test de la 4G pour apprécier des débits de connexion flirtant avec les 70 Mbps.

Cela étant, le retour d'expérience du passage à la 4G en Europe est plutôt mitigé, de nombreux mobinautes n'ayant rien remarqué en termes de vitesse de connexion. Car le débit dépend notamment de la distance avec le serveur et du nombre de personnes s'y connectant. Mais le marché tunisien étant moins mature, chez Ooredoo on estime que les utilisateurs du réseau 4G resteront relativement peu nombreux, et qu'ils contribueront par ailleurs à désengorger le réseau 3G, dont la rapidité pourrait donc progresser légèrement, explique en substance Hatem Mestiri.

Compatibilité pour tous?

Reste que pour les adeptes de la 4G, excepté les clients de Tunisie Telecom, il faudra se rendre chez son opérateur (Orange ou Ooredoo donc) et demander une carte SIM compatible avec le réseau 4G (c'est inscrit dessus). La démarche est gratuite et immédiatement opérationnelle.

A condition d'avoir un smartphone compatible 4G (parfois désigné par la mention "LTE"); mais là encore il faudra parfois ruser avec les paramétrages pour s'assurer que le mode de réseau LTE est bien pris en charge. Un passage dans une agence sera donc à envisager dans ce cas de figure également.

Entre aménagement du territoire et stratégie économique

Soucieux de voir les opérateurs couvrir tout le territoire, le ministère des Technologies de la communication et de l'économie numérique avait lié l'attribution de la licence 4G à la couverture de deux "sous-régions" intérieures. Pour l'attribution de la licence 4G, Ooredoo, déjà leader du marché, est l'opérateur à avoir payé le plus: la filiale du géant qatari a déboursé 160 millions de dinars, contre 156,3 millions pour Orange et 155,1 millions pour Tunisie Telecom. Cela a permis à Ooredoo d'avoir la priorité dans le choix de ses deux sous-régions.

Le détail des obligations de couverture dans ces régions intérieures n'a toutefois pas été communiqué par le ministère, qui n'a pas donné suite aux sollicitations du HuffPost Tunisie.

Hatem Mestiri souligne en tout cas qu'Ooredoo a déployé son réseau 4G dans tous les gouvernorats, sans y être pourtant obligé; même si c'est parfois seulement la délégation la plus peuplée qui est concernée, admet-il. Au final, ce sont 45% de la population qui devrait être dans la zone de couverture de l'opérateur pour le lancement de la 4G en avril. C'est "une mission d'aménagement du territoire", indique le cadre, mais - aussi - une "opportunité économique" que de s'installer dans toutes les régions, y compris les moins développées.

Car "il y a besoin de couverture en haut-débit, qui n'est pas comblé par l'ADSL", explique le responsable. Ooredoo espère donc profiter de sa position de leader du marché de la téléphonie mobile pour couper l'herbe sous le pied des fournisseurs d'accès Internet ADSL en misant sur la carte de l'Internet mobile.

Lire aussi:Facteur de croissance, le haut-débit peine à s'imposer au Maghreb

Dans un premier temps, il n'y aura pas d'accord d'itinérance entre les opérateurs, ce qui signifie qu'une communication par 4G (par une application de VoIP par exemple) entre deux personnes situées dans des zones couvertes par des opérateurs différents ne sera pas possible, et se réorientera sur la 3G. Toutefois, des accords d'itinérance devraient voir le jour par la suite, indique Hatem Mestiri.

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